Le terme "nettoyage à sec" est un abus de langage : il s'agit en réalité d'un traitement des vêtements à l'aide d'un solvant liquide pour éliminer saletés et taches.
Ce procédé, utilisant des produits chimiques au lieu de l'eau, remonte aux Romains qui employaient de l'ammoniac issu de l'urine pour nettoyer les toges en laine. Il a évolué au fil des siècles, jusqu'aux années 1930 où le perchloroéthylène (PERC) est devenu le solvant dominant pour le nettoyage des tissus sans eau.
Aujourd'hui, 60 à 65 % des pressings utilisent encore le PERC, jugé dangereux pour la santé et l'environnement par l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis (EPA). Dès les années 1990, l'EPA a réglementé ces produits et promu des alternatives plus sûres via les amendements à la Clean Air Act, popularisant le concept de "nettoyage à sec vert".
Le nettoyage à sec écologique désigne toute méthode alternative évitant le PERC. Parmi elles, le nettoyage humide (version douce du lavage domestique) et trois procédés solvants : au dioxyde de carbone (CO2), aux hydrocarbures ou au silicium.
Seuls deux méthodes sont considérées comme véritablement sans danger pour l'environnement et les consommateurs : le nettoyage humide et au CO2 liquide. Pour un choix optimal, interrogez votre pressing sur la méthode employée.
Ce procédé emploie de l'eau et des détergents doux, inférieurs aux lessives ménagères. Les pressings disposent de laveuses, sèche-linges informatisés et équipements professionnels de pressage et finition pour un rendu impeccable. L'EPA le qualifie de "technologie préférable pour l'environnement", efficace et sûre. Des prétraitements des taches sont appliqués sans solvants chimiques.
Le CO2 liquide, obtenu sous haute pression à partir de ce gaz ininflammable et non toxique, sert de solvant avec un détergent. Les vêtements sont placés dans une machine similaire aux modèles traditionnels : l'air est évacué, le CO2 injecté sous formes gazeuse et liquide, puis recyclé.
Extrêmement écologique, ce procédé utilise du CO2 issu de sous-produits industriels, avec un faible impact climatique et une consommation énergétique réduite. Cependant, les machines coûtent environ 150 000 $, freinant leur adoption par les petites entreprises.
Certains pressings vantent le DF-2000, un hydrocarbure "organique" dérivé du pétrole. Sa production génère des émissions de gaz à effet de serre, posant des problèmes environnementaux.
La méthode GreenEarth utilise un solvant silicone (siloxane ou D-5), semblable à des ingrédients cosmétiques. Il se décompose en sable, eau et CO2. Aucun contact direct avec les vêtements, mais sa fabrication implique du chlore, libérant de la dioxine cancérigène.
La Californie mène la transition en bannissant le PERC d'ici 2023, avec subventions pour passer au CO2 ou au nettoyage humide. D'autres États suivent. Privilégiez les pressings locaux adoptant ces méthodes.
Pour réussir le nettoyage écologique de vos vêtements "à sec uniquement" :