Si votre chienne non stérilisée dégage soudainement une odeur désagréable rappelant le poisson, cela peut signaler un pyomètre, une infection utérine potentiellement mortelle. Reconnaître les signes précoces, comme des pertes vaginales purulentes, est essentiel pour offrir à votre animal les soins urgents nécessaires.
Le pyomètre (du grec pyo- pour « pus » et -metra pour « utérus ») est une infection grave de l'utérus chez les chiennes non stérilisées. Elle peut toucher toute femelle intacte, qu'elle ait été saillie ou non, mais est plus courante chez les chiennes âgées de 6 à 10 ans sans portée antérieure. Des études indiquent qu'environ une chienne sur quatre non stérilisée de moins de 10 ans risque de développer cette pathologie.
Il survient généralement 2 à 8 semaines après un cycle de chaleur. La dilatation du col utérin pendant l'œstrus favorise l'entrée de bactéries, tandis que les changements hormonaux préparent la muqueuse utérine à une grossesse, créant un milieu propice à leur prolifération. L'infection remplit l'utérus de pus toxique, les symptômes pouvant apparaître des mois plus tard.
Selon l'ouverture du col utérin et les signes cliniques, trois formes principales sont distinguées.
Dans cette forme, le col utérin reste clos, emprisonnant le pus à l'intérieur. Plus insidieux, il est particulièrement dangereux car les signes sont tardifs, mais l'évolution est rapide vers une gravité accrue.
Le col est partiellement ouvert, permettant une évacuation partielle du pus. Facilement identifiable par les écoulements vulvaires nauséabonds, il reste toutefois mortel sans intervention.
Rare, il survient après stérilisation incomplète laissant des tissus résiduels utérins ou ovariens, ou suite à une réaction à une suture. Les signes sont identiques et peuvent apparaître peu après l'opération ou des années plus tard.
Les signes varient selon le type, mais une consultation vétérinaire d'urgence s'impose en cas de :
Devant ces signes, un examen vétérinaire complet est indispensable : palpation abdominale, échographie ou radiographie pour confirmer l'accumulation liquidienne, et bilan sanguin pour évaluer les lésions organiques ou septicémie avant anesthésie.
Indispensable et vital, le traitement repose prioritairement sur la ovariohystérectomie (stérilisation). Les chiennes en choc nécessitent une stabilisation préalable. Un suivi post-opératoire est recommandé.
Dans de rares cas (chiennes reproductrices à pyomètre ouvert), un traitement médical conservateur avec hospitalisation, prostaglandines et antibiotiques peut être tenté pour vider l'utérus.
La stérilisation précoce est la meilleure prévention. Chez les chiennes intactes, surveillez attentivement les 8 semaines post-chaleur. Une détection rapide sauve des vies : sans traitement, le pyomètre est fatal.
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