Un juge fédéral américain a rejeté la requête de Parler visant à obtenir une injonction préliminaire pour rétablir ses services sur la plateforme d'hébergement AWS d'Amazon. Cette décision intervient après une plainte déposée par Parler, accusant Amazon d'une suspension injustifiée de ses services.
La juge de district Barbara Rothstein n'ordonnera pas à Amazon de réintégrer Parler sur ses serveurs. Dans son ordonnance, elle précise que, bien que "la Cour ne rejette pas les revendications sous-jacentes de Parler", cette dernière "n'a pas établi les faits fondamentaux nécessaires".
Amazon Web Services (AWS) avait suspendu Parler suite aux émeutes du Capitole le 6 janvier 2021. Attirant une large communauté conservatrice grâce à sa promesse de liberté d'expression et de modération minimale, Parler avait vu proliférer des contenus jugés incitant à la violence par Amazon, qui craignait un risque de "nouvelles violences".
Parler avait contre-attaqué en justice, réclamant une injonction préliminaire pour un retour immédiat sur les serveurs AWS. La plateforme accusait Amazon de collusion avec Twitter pour éliminer la concurrence sur le marché des microblogs.
Le juge Rothstein a toutefois estimé que "Parler n'a fourni aucune preuve d'une entente intentionnelle entre AWS et Twitter". Elle a qualifié cette allégation de "peu substantielle et contestée par AWS".
Parler n'a pas contesté la présence de contenus violents sur sa plateforme après les événements du 6 janvier 2021. Amazon avait reçu de multiples signalements de violations de sa Politique d'utilisation acceptable (AUP), interdisant les contenus "illégaux, préjudiciables ou offensants".
Amazon affirme avoir "alerté Parler à plusieurs reprises sur ces contenus tiers non conformes", sans obtenir de réponse "ni en temps voulu, ni adéquate". Cela a conduit à la suspension définitive de Parler par AWS. Google et Apple avaient parallèlement retiré l'application des stores mobiles, rendant la plateforme inaccessible.
Refusée pour l'injonction préliminaire, Parler n'abandonne pas le combat. La plateforme est revenue en ligne via l'hébergeur russe Epik.
Le site affiche actuellement un message de soutien de ses partisans et de son PDG, John Matze, affirmant que "ce litige n'en est qu'à ses débuts et aura des implications majeures pour notre société pluraliste". Parler promet un retour imminent à la normale.