Si vous êtes l'un des 1,6 milliard d'utilisateurs de WhatsApp, vous bénéficiez déjà du chiffrement de bout en bout (E2EE). Cette technologie sécurisée garantit que vos messages ne peuvent être lus que par le destinataire, empêchant toute interception par des tiers, y compris gouvernements ou cybercriminels.
Malheureusement, les criminels exploitent également le chiffrement pour dissimuler leurs activités illicites, rendant les applications de messagerie sécurisées une cible prioritaire pour la réglementation gouvernementale. Récemment, le Conseil de l'Union européenne (UE) a adopté une résolution visant à encadrer l'E2EE, qui sera transmise à la Commission européenne pour finalisation.
Sommes-nous sur le point de perdre notre vie privée sur ces applications ?
Suite aux attentats récents en France et en Autriche, les Premiers ministres Emmanuel Macron et Sebastian Kurz ont présenté, le 6 novembre, un projet de résolution au Conseil de l'UE pour réglementer les pratiques d'E2EE.
Le Conseil de l'UE définit les orientations politiques, tandis que la Commission européenne en tirera une législation contraignante. Bonne nouvelle : ce projet reste modéré pour la privacy :
Cependant, il prône un accès ciblé :
"Les autorités compétentes doivent pouvoir accéder aux données de manière légale et ciblée, dans le plein respect des droits fondamentaux et de la protection des données, tout en préservant la cybersécurité."
Compte tenu des dérives observées, cela pourrait s'étendre à des manifestations légales, comme les Gilets jaunes en France, poussés de Facebook vers Telegram.
Intéressant : Telegram fut interdit en Russie pour refus de porte dérobée. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a jugé cela contraire à la liberté d'expression, menant à la levée de l'interdiction après deux ans.
Malheureusement, non. En 2019, la CEDH a invalidé la liberté d'expression sur l'Holocauste tout en la protégeant sur le génocide arménien, révélant des incohérences et un manque d'universalité.
Pas d'inquiétude immédiate pour WhatsApp, Telegram ou Viber : dans l'UE, une approche hybride nécessitera des justifications judiciaires solides pour toute intrusion.
À l'inverse, l'alliance Five Eyes pousse pour des portes dérobées. La mobilisation citoyenne et d'ONG comme l'Electronic Frontier Foundation sera cruciale.
Les gouvernements mondiaux cherchent souvent à limiter la privacy au nom de la sécurité nationale, mené par les Five Eyes via des portes dérobées obligatoires.
Malgré les promesses de garde-fous, les révélations Snowden montrent des abus systématiques. Les portes dérobées profitent aussi aux cybercriminels, causant dommages économiques et perte de confiance.
Les arguments récurrents : terroristes et citoyens ont le même accès aux outils chiffrés, justifiant un affaiblissement. L'équilibre reste un défi constant.

Face à l'argument "Je n'ai rien à cacher", rappelez le scandale Cambridge Analytica : protégez vos données comme vos biens.
Sans E2EE :
Comme pour les armes, interdire l'E2EE n'arrête pas les criminels mais affaiblit les honnêtes citoyens.
Les portes dérobées surviennent par bug, pression ou loi. Pour l'instant, privilégiez :
Recommandations open source :
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DévelopperPréféré des privacy defenders : PFS pour tous messages, pas d'IP loguée, messages éphémères, SMS par défaut sur Android. Inscription par téléphone, pas de 2FA. RGPD-compliant.
Télécharger : Signal pour Android | iOS | Windows (Gratuit)
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DévelopperFork de Signal : sans téléphone/email, zéro métadonnées/IP, Onion Routing en dev. Pas de 2FA, bugs possibles.
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Décentralisé P2P Android-only : pas de serveur, Tor intégré, zéro infos requises. Messages perdus au changement d'appareil.
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DévelopperPro/groupes : Proteus/WebRTC/PFS, éphémère. Payant pro, logs limités, pas 2FA. Idéal entreprises, RGPD.
Télécharger : Wire pour Android | iOS | Mac | Web | Linux (Gratuit perso)
Même interdite, l'E2EE survivra chez les criminels. Les citoyens doivent défendre activement leur droit fondamental à la privacy.