Huawei espionne-t-il les Américains ? Les allégations persistent, mais sans preuves concrètes. Lors de son discours d'ouverture à l'IFA 2019, Richard Yu, PDG de Huawei, a présenté sa gamme de produits sans aborder les préoccupations sur la confidentialité ou le conflit commercial sino-américain. Cet article examine ces nouveautés et leurs implications potentielles en matière de vie privée.
Richard Yu a dévoilé le chipset Kirin 990 5G, le smartphone P30 Pro, un routeur WiFi 6 et des écouteurs true wireless, tout en évitant les sujets sensibles comme la privacy et les tensions géopolitiques.
Le Kirin 990 5G excelle en reconnaissance faciale grâce à ses trois unités de traitement neuronal (NPU) optimisées pour une faible consommation énergétique. Auparavant, ces tâches sollicitaient intensivement le CPU, vidant rapidement la batterie. Les NPU, avec deux cœurs puissants et un petit cœur, traitent les données faciales plus efficacement, facilitant une collecte discrète – similaire à l'enregistrement vocal courant sur les smartphones.

Cette avancée ouvre la voie à une reconnaissance faciale passive, soulevant des questions sur la protection des données biométriques.
Huawei domine la 5G avec sa propriété intellectuelle et son équipement réseau, utilisé par de nombreux opérateurs mondiaux. Les États-Unis craignent que cela ne permette un espionnage chinois via Huawei comme vecteur.


Un routeur compromis peut intercepter le trafic, lancer des attaques "man-in-the-middle" ou rediriger vers des sites phishing. En 2013, des vulnérabilités (backdoors) ont été découvertes chez Linksys, Cisco et autres, parfois intentionnellement masquées.
Il a été ajouté exprès, pour réactiver la porte dérobée. C'est 100 % intentionnel.
Le routeur Huawei Q2 Pro pourrait-il cacher des backdoors ? Possible, mais des incidents similaires touchent aussi des firmes américaines.
Malgré les accusations américaines, aucune preuve publique n'étaye l'espionnage de Huawei sur les citoyens US ou européens. Des cas d'ingérence en Zambie et Ouganda existent, visant l'opposition politique. Huawei, comme d'autres géants tech, monétise les données utilisateurs. La différence ? Chez les firmes US, c'est de la "publicité" ; chez les chinoises, de l'"espionnage".