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Chrome 69 : Google masque les sous-domaines des URL, un risque pour la sécurité en ligne ?

La mise à jour de Chrome 69, déployée en septembre 2018, a introduit plusieurs évolutions. La plupart ont été bien accueillies, mais certaines ont suscité des controverses. Google a notamment décidé unilatéralement de masquer des éléments clés de l'URL pour simplifier la barre d'adresse du navigateur.

Google assure que seuls des caractères "triviaux" sont omis, auxquels peu d'utilisateurs prêtent attention. Mais cette simplification augmente-t-elle les risques de redirection vers de faux sites ? Analysons cela de plus près.

Google Chrome 69 supprime "WWW" des URL

Chrome 69 a fait parler de lui pour deux modifications notables :

  • Il remplace le protocole "https://" et l'indicateur vert par un simple cadenas verrouillé, facilitant la vérification rapide de la sécurisation des données sur un site HTTPS.
  • Parallèlement, il occulte les sous-domaines des URL, comme "www" dans de nombreux cas. Chrome 69 : Google masque les sous-domaines des URL, un risque pour la sécurité en ligne ?

Le premier changement est pertinent : il regroupe les indicateurs de sécurité en un seul symbole intuitif. Les sites non HTTPS affichent toujours un avertissement "Non sécurisé" (qui deviendra rouge en Chrome 70).

Cependant, HTTPS n'offre pas une protection absolue, et assimiler tous les sites non HTTPS à des menaces peut être trompeur.

La suppression des sous-domaines, en revanche, pose problème. Au minimum, elle est superflue ; au pire, elle expose les utilisateurs à des erreurs de navigation vers des sites frauduleux. Google n'en a même pas informé à l'avance.

Que signifie la suppression des sous-domaines des URL ?

Les sous-domaines sont essentiels au fonctionnement d'Internet.

"makeuseof.com" et "www.makeuseof.com" sont distincts : adresses différentes, potentiellement menant à des serveurs séparés avec des DNS autonomes.

Les sous-domaines comme "m." sont aussi impactés. Par exemple, m.facebook.com affiche facebook.com mais reste en version mobile. Chez Tumblr, m.tumblr.com n'est pas le site mobile, mais un domaine personnel nommé "m".

Chrome 69 : Google masque les sous-domaines des URL, un risque pour la sécurité en ligne ?

"Les gens peinent à comprendre les URL", explique Adrienne Porter Felt, responsable ingénierie Chrome, à Wired. "Elles sont dures à lire, et on ne sait pas quelle partie est fiable. Nous visons une identité web claire et accessible, ce qui implique de repenser l'affichage des URL."

Pourquoi Google ne devrait-il pas masquer les sous-domaines ?

Ces changements ont provoqué des réactions négatives. Voici les principaux arguments.

1. Google tente de tuer l'URL

Chrome servirait-il de terrain d'expérimentation pour éradiquer les URL ? Les critiques y voient une menace accrue contre le phishing, en réduisant la transparence de la navigation.

Malgré les propos d'Adrienne Porter Felt, le préfixe "https://www." est standard et accessible avec une éducation basique. Les vraies complexités résident dans les chemins d'URL suivants.

Internet, âgé de 25 ans en 2018, mérite que l'on apprenne à décoder ses bases.

2. Google pousse AMP au détriment des URL

Les opposants à AMP (Accelerated Mobile Pages) soupçonnent un stratagème pour imposer cet optimiseur mobile, qui cache les pages sur les serveurs Google.

AMP offre une expérience fluide mais force les éditeurs à céder le contrôle de leurs vues et monétisation pour figurer en tête des résultats mobiles. En masquant le sous-domaine "amp", Google pourrait tout centraliser.

Réactiver l'affichage des sous-domaines dans Chrome 69

Vous pouvez contrer cette décision via les "flags" expérimentaux de Chrome. Accédez à chrome://flags/#omnibox-ui-hide-steady-state-url-scheme-and-subdomains (copiez-collez si nécessaire, spécifique à Chrome 69). Sélectionnez Désactivé et relancez le navigateur.

Chrome 69 : Google masque les sous-domaines des URL, un risque pour la sécurité en ligne ?

Alternative : cliquez sur la barre d'adresse pour voir l'URL complète, incluant le protocole https://.

La fin de l'URL traditionnelle ?

En 2013, Google testa une "puce d'origine" dans Chromium, déplaçant les détails du domaine. Rejetée puis intégrée en Chrome 38, elle préfigure d'autres évolutions.

Parisa Tabriz, directrice ingénierie Chrome, confie à Wired : "Tout sera controversé, mais les URL actuelles ne satisfont pas tout le monde."

Quelle que soit l'opinion, Google impose ses choix : les sites qui résistent risquent l'oubli.

Crédit image : sdecoret/Depositphotos


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