L'Union européenne a condamné Google à une amende historique de 4,3 milliards d'euros (environ 5 milliards de dollars) pour violation des règles antitrust. Il s'agit de la plus lourde sanction jamais prononcée par une autorité publique dans ce domaine.
Quelles pratiques ont justifié cette décision ? Examinons les faits de manière détaillée et objective.
L'UE reproche à Google trois pratiques abusives liées à Android :
Ces mesures visent, selon l'UE, à renforcer la domination du moteur de recherche Google. Android représente pour Google un levier stratégique pour accompagner la transition des PC vers les mobiles sans perdre de terrain.
Moins d'un an auparavant, Google avait écopé de 2,4 milliards d'euros pour avoir favorisé ses résultats Google Shopping au détriment des concurrents dans ses pages de recherche.
Google Shopping bénéficiait d'un avantage indu lié à son intégration au moteur de recherche dominant. Pour appréhender cette nouvelle affaire, explorons les relations de Google avec l'écosystème Android.
Android est majoritairement open source. Des acteurs comme Samsung, HTC, LG ou Amazon peuvent l'utiliser librement dans leurs produits.
Cela permet aux entreprises d'économiser sur le développement d'un OS complet, tout en offrant aux particuliers une grande flexibilité.
Google ne facture pas de licence pour Android. En revanche, l'accès au Play Store et aux apps Google est soumis à des conditions strictes, au cœur de cette affaire.
Pour inclure le Play Store, les fabricants doivent intégrer la Recherche Google. Chrome n'est pas obligatoire par défaut, mais des incitations financières encouragent son adoption. Google tolère les surcouches comme Samsung Experience, HTC Sense ou LG UX.
Les utilisateurs choisissent souvent un smartphone pour son catalogue d'apps. Le faible écosystème a freiné Windows Phone, tandis qu'iMessage fidélise les iPhone. Sur Android, l'intégration des services Google est un atout majeur.
Les app stores souffrent d'un cercle vicieux : peu d'utilisateurs rebutent les développeurs, et vice versa. Google a bâti le Play Store grâce aux succès des terminaux tiers (Motorola Droid, HTC One, Samsung Galaxy), non à ses propres Nexus ou Pixel initiaux.
Aujourd'hui, la taille du Play Store permet à Google d'imposer ses conditions aux partenaires.
Contrairement à Microsoft avec Windows, les fabricants Android produisent leurs propres marques utilisant le Play Store. Google peine à imposer une expérience unifiée face à des partenaires à la fois alliés et concurrents.
Sa stratégie englobe non seulement Android, mais aussi la recherche, le navigateur et les services associés.
Comme Microsoft, Google est visé pour pratiques monopolistiques. Exemples avec Microsoft :
Les fabricants choisissaient souvent les solutions Microsoft, mais les consommateurs payaient des versions amputées au même prix.
En 2012, les États-Unis poursuivent Apple et éditeurs pour entente sur les prix des ebooks. Apple écope de 450 millions de dollars. L'iPad visait à dominer les ebooks via son influence hardware.
Face à ces cas, plusieurs interrogations émergent :
Pour Google, cette amende pourrait redéfinir ses accords avec les OEM Android. La part des ventes Play Store ne suffit-elle pas ? Quand une tech est-elle trop grande ? Découvrez comment utiliser Android sans Google.
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