FRFAM.COM >> Famille >> Technologie &Innovation >> Informatique

Comment rester sécurisé en ligne et éviter l'usurpation d'URL par phishing

Une attaque de phishing réussie repose sur la ruse pour inciter les victimes à divulguer des informations personnelles ou à cliquer sur un lien malveillant. Ces attaques gagnent en complexité au fil des ans. Si les e-mails frauduleux avec un faux logo d'entreprise restent efficaces, les escrocs innovent constamment pour perfectionner leurs arnaques.

La dernière astuce des cybercriminels est l'usurpation d'URL : une adresse web falsifiée qui imite une URL légitime. Comment les escrocs rendent-ils leurs URL si ressemblantes ? Et comment s'en protéger ? Découvrons cela ensemble.

Noms de domaine internationaux : un bref historique

Pour comprendre l'usurpation d'URL, il faut connaître les bases des noms de domaine.

Jusqu'en 2009, les URL ne comportaient que des lettres latines de A à Z, sans accents ni symboles spéciaux. L'Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), organisation à but non lucratif gérant les bases de données essentielles à Internet, a changé cela. Les utilisateurs peuvent désormais enregistrer des URL avec divers alphabets : grec, cyrillique, chinois, ou lettres latines accentuées.

Ce changement répond à l'évolution d'Internet. De 2009 à 2017, les internautes en Amérique du Nord sont passés de 259 à 320 millions (+23 %), tandis qu'en Asie, ils ont bondi de 790 millions à 1,938 milliard (+145 %).

Avec la saturation des marchés nord-américain et européen, les nouvelles connexions viennent d'ailleurs, influençant les langues et alphabets d'Internet.

Les scripts permettent l'usurpation d'URL

L'ajout de nouveaux scripts a ouvert une brèche aux escrocs. Appelée attaque homographique, elle consiste à enregistrer des URL avec des caractères non latins visuellement identiques aux originaux.

Exemple avec makeuseof.com : l'URL légitime utilise des caractères latins standards. Mais des substitutions subtiles sont possibles avec des caractères exotiques. Le "a" latin (U+0041) est remplacé par le "а" cyrillique (U+0430), et le "o" latin (U+006F) par l'Omicron grec minuscule (U+03BF). Difficile de voir la différence, n'est-ce pas ? C'est là la force de l'usurpation.

Comment rester sécurisé en ligne et éviter l usurpation d URL par phishing

Associée à un certificat HTTPS volé, cette fausse URL peut imiter parfaitement un site de confiance. (Est-ce bien le vrai site que vous lisez ?)

Autres variantes

makeuseof.com est idéal car il contient deux caractères homographiques. Les escrocs utilisent aussi accents, glyphes ou diacritiques. L'exemple ci-dessus montre des substitutions évidentes ; dans Chrome, cela ressemble à ceci :

Comment rester sécurisé en ligne et éviter l usurpation d URL par phishing

Évident ici, mais en lien e-mail ou barre de navigateur, les différences subtiles passent inaperçues.

Punycode : la parade des navigateurs

Pas de panique : les navigateurs modernes contrent cela. Chrome, Safari, Opera et Edge affichent les URL suspectes en Punycode.

Exemple du site de Brian Krebs : une fausse ca.com devient xn--80a7a.com. Le Punycode encode en ASCII basique (a-z, A-Z, 0-9, tirets – règle LDH).

Testez votre domaine avec le vérificateur de Hold Security : entrez-le avec son TLD (.com, .org). Pour makeuseof.com, 186 variantes possibles existent !

Comment rester sécurisé en ligne et éviter l usurpation d URL par phishing

Typosquatting : une menace connexe

Les attaques homographiques ne sont pas nouvelles, mais plus sophistiquées. Elles rappellent le typosquatting : enregistrement de domaines mal orthographiés (ex. : Amozon, Facebok) pour piéger les fautes de frappe.

Ces sites hébergent souvent du malware ou de faux logins. Restez vigilant, même si certains redirigent vers le vrai site.

Rester sécurisé et éviter les URL falsifiées

Détecter une URL falsifiée est ardu, surtout avec HTTPS. Heureusement, les navigateurs aident via Punycode. Voici des conseils pratiques :

  • E-mails : Ne cliquez jamais directement. Vérifiez la destination réelle du lien, même d'un contact de confiance.
  • Clients messagerie : Désactivez les liens ou renforcez le filtrage anti-spam.
  • Vérification liens : Utilisez un outil comme ces vérificateurs de liens : copiez-collez le lien suspect avant de cliquer. Idem pour les réseaux sociaux.
  • Réseaux sociaux : Ignorez les liens non vérifiés dans votre flux.
  • Navigateur : Mettez-le à jour régulièrement. Des failles temporaires ont existé en 2017 sur Chrome et Firefox.

L'éducation reste la meilleure défense. En repérant les menaces courantes, vous naviguez beaucoup plus sûrement.

[]