FRFAM.COM >> Famille >> Technologie &Innovation >> Informatique

Pourquoi j'ai abandonné mon smartphone pour un dumbphone : mon expérience personnelle

Au cours des premiers mois de la vie de mon fils, j'ai pris conscience de chaque fois que je sortais mon smartphone en sa présence. Pendant ces instants où il ne désirait rien d'autre que de croiser mon regard, je fixais un écran. Pourquoi ?

Je ne l'ai pas fait souvent. Mon malaise avait commencé avant sa naissance. Après des années à rédiger des milliers d'articles sur Android, je me suis senti mal à l'aise face au temps que j'accordais à ces appareils. Et je ne suis pas seul : certains politiciens et figures religieuses enviraient l'attention captée par des événements comme Google I/O.

En 2012, à la fin de mes études universitaires, la plupart de mes amis n'avaient pas encore de smartphone. Le boom était en cours, mais nous étions un peu en retard. Aujourd'hui, tous en possèdent un. À la maison ou en public, dès qu'un moment d'accalmie survient, un téléphone est sorti.

Pourquoi j ai abandonné mon smartphone pour un dumbphone : mon expérience personnelle

Les réseaux sociaux ou les jeux priment sur les interactions humaines. Ce message est envoyé à nos amis, collègues, famille et partenaires. Nous prétendons contrôler notre usage, mais pourquoi cette attraction constante ?

Apple, Google et les développeurs d'applications exploitent la psychologie humaine mieux que quiconque. Leur modèle économique repose sur la captation prolongée de notre attention. Ils savent nous faire désirer ce dont nous affirmons nous passer. L'ancien employé de Google, Tristan Harris, déclarait en 2016 dans The Atlantic :

"On pourrait dire qu'il est de ma responsabilité de faire preuve de maîtrise de soi en matière d'utilisation numérique, mais cela ne veut pas dire qu'il y a un millier de personnes de l'autre côté de l'écran dont le travail consiste à briser toute responsabilité que je peux assumer."

J'ai récemment opté pour un "dumbphone". Les raisons sont multiples.

Les smartphones ne sont pas de bons téléphones

Pour moi, l'essence d'un téléphone reste les appels et les SMS.

Parmi tous mes smartphones, le premier – un Kyocera Milano dépassé à sa sortie – était peut-être le meilleur en la matière. Compact, avec un excellent clavier pour les SMS et une autonomie de plusieurs jours. Son écran pixélisé et son stockage limité en faisaient un smartphone médiocre, mais un téléphone fiable.

Le HTC One M7, à près de 600 $, était mon smartphone Android préféré. Pourtant, il était inconfortable en main, et son prix élevé rendait chaque risque de perte terrifiant.

J'ai eu deux Nexus 5, tous deux affectés par un bug bloquant aléatoirement appels et SMS, avec une batterie épuisée dès le début d'après-midi. Grâce à leurs processeurs puissants, grands écrans et multiples connexions, les smartphones surpassent rarement les feature phones en autonomie.

Le Moto G 2015 a été une meilleure expérience. Globalement, les smartphones abordables surpassent souvent les flagships.

Mais tous sont des ardoises plates similaires. L'ère des designs ergonomiques est révolue. J'adore les claviers physiques ; taper sur un écran tactile ne procure pas la même satisfaction. Je refuse que mon téléphone frôle la tablette de 7 pouces.

Pourquoi j ai abandonné mon smartphone pour un dumbphone : mon expérience personnelle

Un aspect me dérange encore plus : l'obsolescence programmée.

L'obsolescence programmée me répugne

Les smartphones ont une durée de vie limitée. Sur Android, deux ans de mises à jour sont un maximum courant. Ensuite, l'appareil reste utilisable, mais ses limites se font sentir.

Les passionnés ratent les nouveautés ; les autres perdent l'accès à des apps exigeant des versions récentes.

Cette obsolescence est néfaste pour le portefeuille et l'environnement. Je refuse d'y contribuer. Les dumbphones envahissaient déjà les décharges, mais on pouvait les conserver indéfiniment sans grands regrets.

Je n'ai pas besoin de distractions supplémentaires

Chaque Android promet de nouvelles fonctionnalités. Après des années à couvrir Android chez MakeUseOf, j'y suis blasé.

Je n'ai que faire des commandes vocales, de la VR, des raccourcis ou des badges de notifications. J'ai tenté de minimaliser mes smartphones : suppression de Google Play, apps fonctionnelles uniquement (réveil, GPS), pas d'email ni de navigateur, musique et podcasts en audio seulement.

Mais l'inactivité menait encore à des scrolls inutiles. Désactiver le navigateur aidait, mais une heure se perdait vite dans un terrier de liens.

Des apps anti-addiction existent, mais je voulais réduire les intrusions dans mes moments précieux, irrecouvrables.

Je refuse de dormir avec mon téléphone

Nos smartphones sont des partenaires intimes, invités dans nos lits sans consentement.

Dernière vision le soir, premier geste le matin, ils remplacent livres, musique, alarmes...

Pourquoi j ai abandonné mon smartphone pour un dumbphone : mon expérience personnelle

Dans la chambre, lieu d'intimité et de repos, ils perturbent le sommeil et creusent les distances émotionnelles. Atteindre son téléphone en pleine conversation blesse.

Pourquoi j ai abandonné mon smartphone pour un dumbphone : mon expérience personnelle

À la fin de ma vie, je chérirai les moments avec ma femme, pas mon téléphone.

Vous comptez pour moi

Les relations familiales et amicales souffrent aussi. Des études, comme celle couverte par Scientific American en 2012, montrent que la simple présence d'un téléphone dégrade la qualité des échanges.

Pourquoi j ai abandonné mon smartphone pour un dumbphone : mon expérience personnelle

"Les paires qui conversaient avec un téléphone portable à proximité ont déclaré que la qualité de leur relation était pire. Elles se sentaient moins en confiance et percevaient moins d'empathie chez leur partenaire."

Je refuse qu'un appareil complique les connexions humaines. Un dumbphone limite ces tentations.

Je veux définir mes propres valeurs

App stores et réseaux sociaux valorisent téléchargements et likes, pas la durabilité. Le neuf et le viral priment sur la qualité.

Cela nous pousse à des vies superficielles. Sans smartphone, ces influences sont circonscrites.

J'espère donner le bon exemple

Mon fils grandit en m'imitant. Je refuse de lui enseigner que l'écran prime sur les relations et l'ennui créatif. Je dois lui montrer comment embrasser la solitude.

Au revoir smartphone

Après deux semaines sans, je me sens libéré. La curiosité sans réponse immédiate est libératrice.

Les dumbphones ne sont pas parfaits, mais facilitent la vie. Quelle est votre relation à votre smartphone ? Partagez vos astuces en commentaires !

[]