Des millions de personnes dans le monde utilisent des VPN pour protéger leur vie privée en ligne.
Comme beaucoup le savent, un service VPN payant de qualité masque votre adresse IP, crypte votre trafic internet, permet d'accéder à du contenu géobloqué et empêche votre fournisseur d'accès (FAI) de surveiller vos activités.
Il est compréhensible que les régimes autoritaires voient d'un mauvais œil ces outils. Les États cherchant à contrôler l'information considèrent les VPN comme une faille majeure, permettant de contourner la censure ou d'organiser des actions antigouvernementales.
Ainsi, plusieurs pays préparent ou appliquent des interdictions de VPN. La Russie et la Chine figurent parmi les plus notables. Examinons cela de plus près.
La liste des pays restreignant les VPN regroupe souvent des nations sous régimes oppressifs : Cuba, Corée du Nord, Libye, Syrie, Myanmar, Iran, Arabie saoudite, Vietnam, Bahreïn et Yémen.
La Russie rejoint récemment cette liste. Une nouvelle loi, adoptée ce week-end, interdit l'usage des VPN et proxies à partir du 1er novembre 2017.
Selon CNN, Leonid Levin, président de la commission parlementaire russe sur la politique de l'information, déclare :
"La loi n'introduit pas de nouvelles restrictions ni de censure. Elle ne vise que l'accès à des informations déjà interdites par la loi ou une décision de justice."
Roskomnadzor, le régulateur russe de l'internet, maintient déjà une liste noire de sites. Levin affirme que la loi vise simplement son application. Les observateurs critiques y voient un moyen pour Poutine de contrôler l'information avant les élections présidentielles de mars 2018.
Quoi qu'il en soit, cette mesure porte un coup à l'internet ouvert en Russie, dans un contexte mondial de débats sur la neutralité du net.
La Chine mène également une guerre contre les VPN. Le même week-end, Apple a retiré toutes les applications VPN de son App Store chinois.

Il s'agit de la dernière mesure après un démenti en 2017 de rumeurs sur une interdiction totale dès 2018.
Apple a notifié les fournisseurs par e-mail : leurs apps "ne respectent pas les exigences légales en Chine".
Cette décision suit une loi de janvier 2017 exigeant l'approbation gouvernementale pour tout VPN. Aucune app non chinoise n'a été approuvée.
Sur 650 millions d'internautes chinois, environ un tiers utilisent un VPN, d'où l'émoi provoqué par Apple.
La répression repose sur une modernisation du système de censure, surnommé "Great Firewall", employant plus de 2 millions de personnes. Il bloque réseaux sociaux et sites comme The New York Times, Bloomberg et Time.

L'approche est double : cibler les app stores comme celui d'Apple, obligeant les entreprises à se conformer ; et ordonner aux opérateurs télécoms (China Mobile, Unicom, Telecom) de bloquer les services.
Pour la Russie, les modalités d'application restent floues vu la nouveauté de la loi. Roskomnadzor devrait la gérer, exigeant déjà le stockage des données russes et la conservation des logs par les FAI jusqu'à un an.
Même en cas de contournement, les autorités identifieront les usagers VPN. Les forces de l'ordre les cibleront.
La loi impose aussi aux apps de messagerie l'identification par numéro de téléphone et la restriction d'accès en cas de "contenu illégal", incluant désormais les VPN.
Pour les voyageurs ou résidents en Russie, Chine ou pays similaires, les options sont limitées et risquées.
Un VPN étranger pourrait-il fonctionner ? Seul l'avenir le dira. Des services illégaux adaptés pourraient émerger.
Les multinationales needing VPN pour accès sécurisé s'inquiètent ; certaines ont déjà quitté la Chine par le passé.
Attention : utiliser un VPN deviendra illégal. Contourner l'interdiction expose à des sanctions. Évaluez les risques.
Internet semble de plus en plus restreint. Si Russie et Chine sont en première ligne, l'Occident suit : menace sur la neutralité du net aux États-Unis, lois de surveillance au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
Internet a-t-il vécu son âge d'or ? Retrouverons-nous la liberté en ligne d'antan ? Partagez votre avis sur la Russie, la Chine et la liberté numérique en commentaires.