Levez le bras, adoptez une pose et appuyez sur le déclencheur. Prendre un selfie semble anodin, une simple photo. Pourtant, de nombreuses personnes s'attirent des ennuis, voire des blessures graves, en s'y adonnant. Avant de céder à l'envie, réfléchissez-y à deux fois.
Voici les éléments clés à considérer avant votre prochain selfie.

À Hong Kong, une nounou a été licenciée pour avoir pris un selfie au lieu de surveiller un enfant dans une piscine. Un ambulancier a perdu son emploi après avoir partagé des selfies avec des patients en fin de vie sur les réseaux sociaux. Un autre a été renvoyé suite à un selfie viral accompagné de commentaires racistes sur le fils d'un collègue.
Perdre son emploi n'est pas le pire. Un homme a été foudroyé mortellement en utilisant une perche à selfie. Un pilote a provoqué un crash fatal en tentant un selfie aux commandes. Le bilan mondial des accidents liés aux selfies est alarmant : Wikipédia recense des dizaines de décès et blessures depuis 2013.
Comment distinguer un selfie inoffensif d'un geste risqué ? Poursuivez la lecture pour comprendre l'obsession des selfies et savoir quand hésiter avant la "photo parfaite".
Autrefois, un selfie était une photo spontanée de soi. Aujourd'hui, c'est une quête de likes sur les réseaux sociaux. Les voyages et événements se transforment en compétition pour l'image la plus impressionnante.
Peu d'endroits échappent aux selfies extrêmes :
Sauter d'une falaise pour un selfie.
Plonger avec les requins pour une pose rapide.
Redéfinir le "selfie sexy" dans des situations périlleuses.
Et les selfies au sommet des gratte-ciel.
Ces derniers, pratiqués par des amateurs de sports extrêmes, impliquent souvent l'escalade illégale de toits, appelée "rooftopping". Pour le frisson ou la photo ultime, au "sommet du monde".
Les rooftoppers russes émergent sur Internet vers 2012, grimpant bâtiments, barrages et infrastructures soviétiques, puis à l'international.
Malgré l'adrénaline, les médias rapportent des drames. En 2015, plusieurs jeunes Russes meurent : Andrey Retrovsky, 17 ans, chute d'un immeuble de neuf étages à Vologda pour un selfie Instagram.

En Russie, au moins 10 morts et 100 blessés par selfies : tirs accidentels, électrocutions sur trains...
C'est le message du dépliant "Take Safe Selfies" du ministère russe de l'Intérieur.

Face aux accidents, une campagne cible les jeunes avec des illustrations de risques : pylônes électriques, trains, animaux sauvages. Des cours de sécurité selfie sont dispensés dans les écoles.

Ridicule en apparence, mais le gouvernement agit face à un problème réel.
Les rooftoppers ne sont pas seuls. Touristes escaladent sommets sans équipement, s'approchent de falaises ou d'animaux.
Le guide officiel norvégien Visit Norway lance #BeSafie : installations safe pour selfies spectaculaires (falaises, animaux) et neuf règles du code de la montagne (planification, prudence).
Dangereux dans la nature, les selfies posent aussi des problèmes éthiques.
Shahak Shapira crée "Yolocaust" face aux selfies irrespectueux au mémorial de l'Holocauste à Berlin.

Il superpose ces images à des photos des camps nazis sur un site vu 2,5 millions de fois. La plupart des auteurs suppriment leurs posts.
Exemples de selfies problématiques : licenciements, blessures. Une recherche Google "ennuis selfie" regorge de cas.
Autres situations à éviter :
Interdit pour le personnel. Respectez l'intimité ; idéalement, abstenez-vous.
Évitez si vous craignez les retours. L'affaire Lindsey Stone à Arlington en témoigne.
#Drivingselfie = danger mortel. Pas d'excuse.
Ne bloquez pas les vues. Perches à selfie interdites, surnommées "narcisticks".
Tant que sans risque pour vous ou autrui, sans éthique douteuse ni gêne, c'est ok !
Les selfies restent populaires, art pour certains. De quel côté êtes-vous ?
Avez-vous vécu un selfie controversé ? Partagez en commentaires !