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Huawei 5G : une réelle menace pour la sécurité nationale ? Explications et preuves analysées

Huawei domine les actualités. Au Royaume-Uni, le secrétaire à la Défense a été limogé pour avoir divulgué des détails sur l'implication de Huawei dans le déploiement de la 5G. Aux États-Unis, les autorités interdisent aux agences fédérales et sous-traitants l'utilisation de ses produits et services.

Cela pose une question cruciale : Huawei représente-t-il une menace pour la sécurité nationale ?

Huawei est-il une menace pour la sécurité nationale ?

La réponse n'est pas simple, compte tenu de l'historique récent. Huawei nie toute intention malveillante. Les représentants des gouvernements des Five Eyes (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande) adoptent une position opposée.

Pour le grand public, la vérité reste difficile à cerner, reposant souvent sur les médias. Une approche alternative consiste à examiner les objections des gouvernements et agences.

Leader mondial en technologie 5G, Huawei attire les opérateurs télécoms. Pourtant, l'équipement est soupçonné d'être un vecteur d'espionnage pour le gouvernement chinois, menaçant l'infrastructure critique comme les réseaux sans fil et services d'urgence. (Qu'est-ce que la technologie 5G ?)

Quelles preuves existent ? Un pays peut-il démontrer que Pékin utilise Huawei pour espionner ?

Les preuves contre Huawei

Les craintes portent sur les liens de Huawei avec l'armée chinoise. Son fondateur, Ren Zhengfei, ancien ingénieur militaire, est proche du Parti communiste chinois.

Une entreprise fondée par un ex-militaire fournissant des équipements télécoms mondiaux pour la 5G soulève des interrogations.

En 2018, la loi chinoise sur le renseignement national impose à toute organisation et citoyen de soutenir les efforts d'espionnage et de garder le secret (article 7).

Récemment, The Times rapportait que la CIA détient des preuves de collusion, non publiées : Huawei aurait reçu des fonds de l'armée populaire de libération, de la Commission de sécurité nationale et d'une branche du renseignement chinois.

Ces allégations manquent de preuves publiques, accessibles seulement avec habilitation sécuritaire.

Preuves non concluantes d'espionnage matériel

Malgré auditions au Congrès américain, la démission de Gavin Williamson au Royaume-Uni et les liens sino-Huawei, aucune preuve physique d'espionnage n'a émergé. (Faut-il faire confiance à un téléphone Huawei ?)

L'affaire SuperMicro, rapportée par Bloomberg, alléguait des puces espions dans des serveurs pour Apple et Amazon. Sans preuves fournies, ces géants tech et le NCSC britannique (GCHQ) ont démenti. Le DHS américain a confirmé.

Inversement, les États-Unis accusent Huawei et sa directrice financière Meng Wanzhou de fraude bancaire liée à Skycom en Iran, découverte via l'espionnage de Huawei.

L'hypocrisie des accusations contre Huawei

Oubliant leurs propres pratiques, la NSA, CIA et MI6 mènent des opérations mondiales, comme l'évoque Edward Snowden : une "organisation supranationale" échappant aux lois.

"Huawei n'a pas installé et n'installera jamais de portes dérobées. Nous n'autoriserons personne à le faire dans notre équipement."

Guo Ping, président tournant de Huawei, au Mobile World Congress 2019, a révélé un programme NSA secret contre Huawei depuis 2007, accusant Washington de freiner un concurrent pour des raisons stratégiques.

Huawei est-il vraiment une menace sécuritaire ?

Les Five Eyes suspectent Huawei de pouvoir espionner, comme la NSA le fait ailleurs. Sans preuve physique actuelle d'intrusion 5G, le risque réside dans les agences l'utilisant. Huawei paie le prix de sa proximité avec Pékin.

Les techs américaines fournissent aussi des backdoors par la loi. Pourquoi interdire Huawei en Chine ? Les Five Eyes ont banni Kaspersky en 2017-2018. (Kaspersky : une suite antivirus fiable ?)

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