Vous avez peut-être entendu parler de l'intention de Google de faciliter l'accès des autorités mondiales aux données personnelles des utilisateurs.
Cette mesure est présentée comme un moyen de lutter contre le terrorisme, en permettant aux services de renseignement d'accéder plus rapidement aux informations privées pour prévenir des attentats.
Du moins, c'est ainsi que cela est souvent rapporté.
En réalité, Google renforce la protection de vos données en plaidant pour la réforme d'une loi obsolète datant de plusieurs décennies.
Google s'est publiquement exprimé sur le partage de données, ce qui a suscité des critiques sur ses politiques de confidentialité.

La société appelle à moderniser le stockage et le partage d'informations personnelles à l'étranger. Cela a été mal interprété comme une demande d'accès accru des gouvernements à des données privées, souvent justifié par la lutte antiterroriste. Des initiatives comme la "Charte du Snooper" ou les critiques de la NSA contre le chiffrement de WhatsApp en sont des exemples.
Le grand public accepte généralement une certaine régulation. La Digital Citizens Alliance a récemment recommandé [PDF] :
"Les plateformes numériques devraient collaborer avec les forces de l'ordre, les experts en cybersécurité, les groupes de protection des consommateurs et les organisations de défense des droits civils pour une meilleure protection des utilisateurs."
Certains articles avertissent que cela permettrait aux gouvernements de lire les données personnelles plus rapidement que jamais.
Actuellement, obtenir des données via un mandat international peut prendre des mois. La proposition de Google de juin 2017 vise à rationaliser ce processus en éliminant les intermédiaires inutiles, comme le gouvernement américain.
C'est partiellement vrai, mais l'histoire est plus nuancée.
Oui, Google souhaite accélérer les demandes des forces de l'ordre pour prévenir les attaques terroristes. Non, cela ne reflète pas un laxisme en matière de vie privée.
Google ne cherche pas à élargir l'accès aux données, mais à le rendre plus efficace. À quoi bon des données arrivant trop tard pour être utiles ?
Les médias passent souvent à côté de l'essentiel : Google renforce la sécurité des données en appelant à une meilleure protection mondiale !

Lors d'un discours à Washington D.C., Kent Walker, vice-président senior de Google, a exhorté la Maison Blanche à réviser les règles de télécommunication obsolètes permettant l'accès à des données stockées à l'étranger.
L'essentiel : seuls les pays respectant des normes de base en confidentialité, droits de l'homme et procédure légale pourraient accéder aux données.
Cela protège contre les régimes malveillants, garantissant une meilleure confidentialité numérique globale, bien que les détails précis restent à définir.
Google a déjà contesté des demandes américaines via le Stored Communications Act pour des données stockées abroad, protégeant ainsi les utilisateurs du monde entier.
Aujourd'hui, les données à l'étranger sont obtenues via des traités d'entraide judiciaire (MLAT), impliquant des mandats formels. La proposition de Google conditionnerait cela à des normes adéquates.
Elle est soutenue par Amnesty International et Human Rights Watch, qui critiquent le Privacy Shield UE-États-Unis :
"[L]es États-Unis n'assurent pas un niveau de protection des droits fondamentaux équivalent à celui de l'UE."
Le Privacy Shield a remplacé Safe Harbor pour limiter la surveillance américaine sur les Européens. La réforme de Google l'étendrait à tous les pays.
Beaucoup dépend des décideurs, mais soutenir publiquement une meilleure protection de la vie privée est essentiel.
Informez-vous sur la quantité de données que Google détient : historique de navigation, même sans Gmail. Le mode incognito n'assure pas l'anonymat total.
Alternatives : moteurs comme DuckDuckGo, qui ne traque pas vos recherches ni ne vend de pubs personnalisées.
Pourtant, saluons Google pour défendre les droits des utilisateurs.
Google est-il un allié de la vie privée ? Oui et non.

Félicitons les entreprises qui luttent pour la confidentialité. Le partage de données est inévitable ; cette initiative est positive.
Cela dit, Google cède souvent aux demandes : en 2015 (H1), 78 % des 12 002 requêtes US, soit ~93 600 cas.
Cela vous rassure-t-il sur la protection de vos données par Google ? Ou au contraire ? Avez-vous réduit votre usage de Google ?