Bien que Linux soit un système d'exploitation excellent, l'incapacité à exécuter nativement certains programmes Windows peut poser problème. Par exemple, l'absence de Microsoft Office est souvent un frein au passage sous Linux. Pipelight a longtemps résolu partiellement ce souci en permettant d'installer des plugins de navigateur Windows, comme Silverlight, sur Linux. Malheureusement, ce projet est désormais obsolète et non maintenu.
Pipelight permet d'utiliser des plugins Windows dans les navigateurs sous Linux en exécutant Wine en arrière-plan. Wine recrée un environnement Windows pour lancer ces plugins. En réalité, Pipelight est un wrapper pratique : il télécharge et gère les plugins nécessaires.
Initialement conçu pour Silverlight de Microsoft, Pipelight s'est étendu à de nombreux autres plugins Windows. Leur installation et mise à jour étaient simples, via une unique commande.

Les plugins de navigateur comme Adobe Flash déclinent depuis longtemps au profit des standards web modernes. La plupart des navigateurs ont abandonné le support NPAPI (utilisé par Pipelight) : Firefox après la version 52 (sauf Flash), Chrome bien plus tôt. Seuls certains navigateurs WebKit comme GNOME Web (Epiphany) le supportent encore, par exemple pour Java.

Les mises à jour fréquentes des plugins (Flash, etc.) compliquaient la maintenance de Pipelight, qui devait les réinstaller constamment. Ces facteurs ont mené à son abandon : plus de mises à jour, donc risques de sécurité majeurs.
La fin de Pipelight n'est pas dramatique. Par exemple, Adobe Flash est nativement disponible sur Linux via les dépôts officiels, comme sur Windows ou macOS.

Le besoin de plugins diminue avec l'évolution du web : Netflix n'utilise plus Silverlight. Vérifiez d'abord si vous en avez vraiment besoin.
Vous pouvez installer Pipelight pour du contenu spécifique (ex. : Unity Web Player, lui-même obsolète). Cependant, ses dépôts officiels sont supprimés : compilation depuis les sources sur Debian, Fedora, etc. FreeBSD le propose encore nativement.

Attention à la sécurité : activez "click-to-play" pour limiter les exécutions et éviter les exploits.
Pipelight repose sur Wine. Utilisez la branche staging de Wine (disponible en paquets prêts à installer).

Installez un navigateur Windows compatible NPAPI, comme Firefox ESR (avant v52). Exécutez-le sous Wine.
Ouvrez winecfg, allez dans Graphiques > Paramètres de la fenêtre > Émuler un bureau virtuel et activez-le pour éviter les conflits d'affichage.

Dans le profil Firefox sous Wine (users/[user]/Application Data/Mozilla/Firefox/Profiles/[profil]/prefs.js), ajoutez :
user_pref("browser.tabs.remote.autostart.2", false);
user_pref("dom.ipc.plugins.enabled", false);La première désactive le multi-processus (incompatible Wine), la seconde le sandboxing des plugins. Supprimez les doublons si nécessaire. Lancez Firefox d'abord pour créer le fichier.

Vous pourrez alors installer et exécuter vos plugins. Des bugs peuvent survenir.

Si Wine pose problème, une machine virtuelle est fiable, quoique plus lourde. Mais posez-vous la question : avec le web moderne sans plugins (Flash obsolète depuis 2020), cela vaut-il l'effort ? Privilégiez les alternatives natives.
Quels plugins utilisez-vous encore ?
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