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Myasthénie grave chez le chien : symptômes, diagnostic et traitements

Myasthénie grave chez le chien : symptômes, diagnostic et traitements

La myasthénie grave canine (MGC) peut compromettre la mobilité de votre chien et le rendre vulnérable à la pneumonie par aspiration. Découvrez les signes avant-coureurs et les traitements disponibles pour améliorer sa qualité de vie.

Qu'est-ce que la myasthénie grave canine ?

Si vous connaissez la myasthénie grave chez l'humain, sachez qu'elle touche aussi les chiens avec des symptômes similaires. La MGC est une maladie neuromusculaire qui perturbe la communication entre les nerfs et les muscles responsables des mouvements des membres, du visage, de la gorge et plus encore.

Dans un organisme sain, les neurones transmettent des signaux du cerveau aux muscles via des neurotransmetteurs. Ces messagers chimiques sont ensuite dégradés par des enzymes pour éviter une stimulation continue. Chez les chiens atteints de MGC, ce processus est altéré au niveau de la jonction neuromusculaire, zone de connexion entre nerf et muscle, affectant spécifiquement les muscles striés volontaires.

Les deux formes de MGC

La MGC se manifeste sous deux formes principales :

  • Forme congénitale : Héritée, elle résulte d'une absence de jonctions neuromusculaires normales dès la naissance. Aucun traitement n'existe pour cette variante.
  • Forme acquise : Auto-immune, elle voit le système immunitaire attaquer par erreur les jonctions neuromusculaires, les détruisant progressivement.

Symptômes principaux

Les signes classiques de la MGC incluent :

  • Faiblesse musculaire des membres, du visage, des yeux et de la gorge.
  • Fatigue rapide lors d'activités normales.
  • Méga-œsophage :
    • Difficultés à avaler.
    • Régurgitations fréquentes de nourriture.
    • Modification de l'aboiement ou de la voix.
    • Perte de poids.

Focus sur le méga-œsophage

La régurgitation est un indicateur clé car la MGC altère la déglutition, entraînant un méga-œsophage : l'œsophage s'élargit et perd sa tonicité, empêchant le passage des aliments vers l'estomac. Cela expose à un risque majeur de pneumonie par aspiration, potentiellement mortelle si non traitée rapidement, les particules alimentaires atteignant les poumons.

La MGC et le méga-œsophage sont étroitement liés : leur co-occurrence est fréquente, d'où les examens systématiques des deux chez le vétérinaire.

Diagnostic et traitements

Le diagnostic repose sur l'observation clinique et un test sanguin mesurant les anticorps anti-récepteurs acétylcholiniques.

La forme congénitale est incurable, mais la forme acquise répond bien aux médicaments :

  • Corticoïdes comme la prednisone.
  • Pyridostigmine.
  • Azathioprine pour les cas sévères.

La thymectomie est parfois envisagée, mais son efficacité reste limitée chez le chien comparé à l'humain.

Perspectives de rémission

Près de 90 % des chiens entrent en rémission dans les 18 mois suivant l'apparition des symptômes, même sans traitement. Cependant, un suivi à vie par tests d'anticorps est essentiel, avec reprise du traitement si nécessaire.

Races prédisposées

La MGC touche principalement les Epagneuls Springer, Fox Terriers à poil ras, Teckels miniatures et Jack Russell Terriers, mais peut affecter tout chien présentant un méga-œsophage. Un dépistage est recommandé.


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