Les programmeurs pensent différemment. La science le confirme.
Contrairement à une idée répandue, cela ne signifie pas qu'ils sont plus intelligents ou logiques. Des études récentes sur le cerveau des codeurs révèlent des effets fascinants de la programmation sur la cognition.
Comme l'art modèle l'esprit, coder influence durablement votre cerveau et votre façon de raisonner, souvent de manière inattendue.
Le premier langage de programmation que vous apprenez est-il crucial ? Absolument !
À l'école, le choix nous échappe souvent : C pour certains, FORTRAN, COBOL ou BASIC pour les anciens, Java ou Python pour les novices.
La structure d'un langage influence profondément la pensée. Edsger Dijkstra, pionnier de l'informatique, l'affirmait :
"Les outils que nous utilisons ont une influence profonde (et sournoise) sur nos habitudes de pensée et, par conséquent, sur nos capacités de réflexion."
Il ajoutait :
"L'utilisation de COBOL paralyse l'esprit ; son enseignement doit donc être considéré comme une infraction pénale."
Et :
"Il est pratiquement impossible d'enseigner une bonne programmation à des étudiants qui ont déjà été exposés au BASIC : en tant que programmeurs potentiels, ils sont mentalement mutilés au-delà de tout espoir de régénération."
Bien que tous les langages soient Turing-complets, les habitudes d'un premier langage persistent. Les codeurs Java et Python abordent les problèmes différemment.
Les paradigmes initiaux dictent la vision des structures de données et algorithmes. On peut même identifier l'auteur d'un code anonyme par son style.
Voir cet article sur la stylométrie de code [No Longer Available] et cette transcription de conférence :
"Les programmeurs peuvent obscurcir leurs noms de variables ou de fonctions, mais pas les structures qu'ils préfèrent inconsciemment utiliser ou leurs opérateurs d'incrémentation préférés."
Comme le dit le proverbe : "Quand tout ce que vous avez est un marteau, tout ressemble à un clou." Choisissez judicieusement votre premier langage !
Le cerveau est-il un muscle à entraîner ? Oui, et coder est un exercice puissant.
Une méta-étude de 1991 montre que les étudiants programmeurs scorent 16 points centiles de plus en tests cognitifs.
En 1999, une étude confirme que les activités intellectuelles protègent du déclin cognitif.
En 2009, des recherches indiquent que stimulation cérébrale tardive réduit le risque d'Alzheimer et de démence (lecture, puzzles, musique...).
En 2013, seules les tâches cognitives exigeantes (apprentissage ardu) affinent vraiment l'esprit.

La programmation, hautement exigeante, s'impose comme l'exercice idéal. Elle préserve la santé neuronale, même si elle n'augmente pas l'intelligence innée.
Jamais trop tard pour coder : c'est excellent pour votre cerveau !
Une étude de 2014 (PDF) utilisant l'IRMf identifie cinq zones cérébrales activées lors de la compréhension de code :
Ces zones gèrent langage, mémoire et attention, pas les maths (à peine actives, même avec boucles ou arithmétique).

Étude limitée (extraits courts, pas d'écriture), mais pertinente : les programmeurs lisent/refactorisent plus qu'ils n'écrivent.
Le codage mobilise les deux hémisphères ; les créatifs y excellent.
Pratiquez pour progresser. Découvrez nos conseils pour maîtriser un langage, un journal de programmation, et leçons pour autodidactes. Lancez un projet, comme ce projet C pour débutants. Regardez nos conférences TED pour codeurs.