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Règlement CPC de l'UE : pourquoi il inquiète sur la liberté en ligne et la protection des consommateurs

En novembre 2017, l'Union européenne a adopté le règlement « Consumer Protection Cooperation » (CPC), ou coopération en matière de protection des consommateurs.

Ce texte vise théoriquement à protéger les consommateurs contre les sites marchands enfreignant le droit européen de la consommation. Pourtant, une clause discrète s'est révélée hautement controversée.

Continuez la lecture pour tout comprendre.

Qu'est-ce qui rend le CPC si controversé ?

Le CPC est un règlement, et non une directive : il s'applique directement dans tous les pays de l'UE.

Son objectif principal ? Obliger les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) à aider les États membres à identifier et poursuivre les commerçants déloyaux, à mener des enquêtes d'achat mystère et à afficher des avertissements explicites aux consommateurs.

Si les intentions paraissent louables, c'est l'article 9(4) qui alerte les militants. Cet article régit l'application de la loi. Extrait :

« [Les États membres ont] le pouvoir d'ordonner à un fournisseur de services d'hébergement de supprimer, désactiver ou restreindre l'accès à une interface en ligne. Ou, le cas échéant, d'ordonner aux registres de domaine ou bureaux d'enregistrement de supprimer un nom de domaine pleinement qualifié et d'autoriser l'autorité compétente concernée à l'enregistrer, y compris en demandant à un tiers ou à une autre autorité publique de mettre en œuvre de telles mesures. »

En clair, tous les pays de l'UE doivent désormais mettre en place l'infrastructure pour bloquer des sites web, même là où cela n'existait pas auparavant.

Ces mesures s'appliquent via les FAI locaux, qui doivent les exécuter immédiatement sur ordre gouvernemental.

Comment les pays peuvent-ils bloquer des sites web ?

Le CPC confère aux autorités nationales de protection des consommateurs quatre pouvoirs étendus :

  1. L'accès légal aux données des propriétaires de domaines auprès des bureaux d'enregistrement.
  2. Le blocage de sites web violant les droits des consommateurs dans toute l'UE.
  3. La saisie de noms de domaine fautifs.
  4. Le gel des avoirs bancaires et coordonnées des commerçants malhonnêtes.

Le processus est alarmamment simple : aucune ordonnance judiciaire n'est requise. La décision relève de la seule discrétion des agences de consommateurs.

Pourquoi l'article 9(4) inquiète-t-il ?

À noter : cet article ne vise que les sites enfreignant les lois sur la protection des consommateurs.

Cependant, l'infrastructure mise en place ouvre la porte à des abus potentiels. L'exemple du référendum catalan d'octobre 2017 en Espagne est éloquent : les tribunaux ont ordonné le blocage de sites .cat liés au vote et la surveillance de 120 000 autres.

Des cas similaires se multiplient en Russie, Turquie, Ukraine ou Hongrie. Même au Royaume-Uni, des listes de sites bloqués existent, certains par erreur, d'autres intentionnellement.

Comment le CPC impacte-t-il le piratage et les torrents ?

« Je vis hors UE, pourquoi m'inquiéter ? » Réponse : les torrents.

Les termes vagues du CPC offrent une aubaine contre le piratage. Des lobbies comme la RIAA ou la MPAA rêvent de cibler les portails torrent.

Dans ce cadre, studios et labels proposent des produits légitimes, tandis que sites comme The Pirate Bay offrent des contrefaçons.

Nous ne cautionnons pas le piratage, mais un blocage massif nuirait aussi aux torrents légitimes d'open source. Cela freinerait la technologie de partage peer-to-peer. Des solutions existent pour contourner ces blocages.

Le CPC affaiblit-il la protection des consommateurs ?

Prétendument renforcée, la protection des consommateurs est en réalité critiquée pour son affaiblissement.

Retour en 2016 : le projet initial semblait honnête, mais les amendements de 2017 l'ont édulcoré.

Exemples : les agences ne peuvent plus imposer d'indemnisation obligatoire ni confisquer les profits illicites. Tout devient volontaire.

Quand le CPC entre-t-il en vigueur ?

Adopté par 592 voix contre 80 au Parlement européen, ratifié par la Commission, il est applicable depuis fin 2019 (17 janvier 2020).

Que faire face au CPC ?

Un VPN efficace contourne les blocages en assignant une IP hors UE. Nous recommandons ExpressVPN ou CyberGhost.

Le CPC est-il si grave ?

Les démocraties européennes devraient résister aux abus, mais ce règlement rappelle la fragilité des libertés en ligne. Une mesure innocente peut devenir outil de contrôle. Restez vigilant et protégez votre accès.


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