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Piratage électoral : définition, méthodes et exemples expliqués simplement

Les suites de l'élection présidentielle américaine de 2016 continuent de faire les gros titres. Quel que soit votre chaîne d'information préférée, les sujets liés aux élections reviennent souvent à l'antenne.

Et pour cause : quel que soit votre camp politique, les enjeux sont nombreux.

L'un des débats les plus vifs porte sur le piratage électoral. Les allégations de manipulation et de fraude persistent, et avec d'autres élections à venir, ce thème reste brûlant.

Le piratage électoral est un concept large. À l'approche des élections de mi-mandat et au-delà, démêlons le vrai du faux pour mieux comprendre ce phénomène.

Qu'est-ce que le piratage électoral ?

Le piratage électoral désigne toute manipulation du processus de vote visant à favoriser un candidat ou un parti politique. Il est aussi appelé fraude électorale ou ingérence électorale, mais l'objectif reste le même : influencer le résultat du scrutin.

Les électeurs peinent souvent à en mesurer les effets, car ces manipulations sont subtiles, étalées dans le temps et parfois visibles seulement après les résultats.

Dans les États totalitaires comme la Chine, la Corée du Nord, Cuba ou le Vietnam, un seul nom figure souvent sur les bulletins : celui du régime au pouvoir. Ces dictatures à parti unique diffèrent toutefois des élections truquées dans d'autres contextes.

De nombreux exemples historiques existent, tels que les élections ougandaises de 2006, kenyanes de 2007, roumaines et syriennes de 2014, et bien d'autres.

À quoi ressemble le piratage électoral en pratique ?

Malgré la variété des cas mondiaux, le piratage électoral se résume à trois grandes catégories, formant une stratégie cohérente.

1. Manipuler les électeurs avant l'élection

La première méthode vise à influencer les électeurs avant leur passage dans l'isoloir. Les analyses post-électorales de 2016, menées par des agences gouvernementales américaines, ont révélé une stratégie russe combinant cyberopérations secrètes, médias d'État, intermédiaires et trolls sur les réseaux sociaux.

En novembre 2017, le Congrès a publié des publicités Facebook russes ciblant des groupes démographiques spécifiques avec des sujets clivants pour susciter des débats en ligne.

Les "fake news" jouent un rôle clé, amplifiées par les réseaux sociaux. Elles vont de distorsions factuelles à des mensonges purs, souvent boostés par de la publicité ciblée.

Twitter voit pulluler des bots, Reddit des manipulations de votes, et même les journaux nationaux diffusent parfois des allégations infondées, suivies de rectificatifs discrets.

Une autre tactique consiste à diviser l'opposition, plus efficace dans les systèmes multipartis comme au Royaume-Uni.

2. Manipuler les votes et les machines

Au lendemain de l'élection de 2016, des soupçons ont visé les machines à voter. Le Department of Homeland Security n'a trouvé aucune preuve de manipulation massive.

Cependant, des attaques ont touché des fournisseurs de logiciels et de matériel, comme révélé par un document NSA et un rapport Bloomberg indiquant des intrusions russes dans 39 États.

Piratage direct des machines ? Peu probable mais possible : à la conférence DEFCON, des hackers ont compromis 30 machines en moins de deux heures. Un chercheur danois a exploité une faille Windows XP pour altérer des votes à distance.

Aucune preuve n'étaye une altération des résultats de 2016, mais comme l'explique Jake Braun, expert en cybersécurité : "Nos systèmes de vote sont vulnérables."

3. Manipuler l'infrastructure

Enfin, perturber l'infrastructure électorale influence les résultats. Des perturbations massives empêchent les électeurs de voter.

Exemple extrême : l'attaque Rajneeshee en 1984 en Oregon, où un culte a empoisonné des résidents et mobilisé des sans-abri.

Plus courant : suppression de données électorales (démontrée à DEFCON) ou attaques DDoS contre sites politiques.

Les outils numériques rendent ces disruptions accessibles et efficaces.

Le piratage électoral est omniprésent

Ces catégories couvrent l'essentiel des fraudes. Dans les démocraties stables, les allégations sont souvent infondées et peuvent paradoxalement entraver l'accès au vote.

Crédit image : lisafx/Depositphotos


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