Dans son témoignage devant la commission judiciaire et commerciale du Sénat américain, Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta (ex-Facebook), a évoqué la possibilité d'une version payante du réseau social.
À quoi ressemblerait une telle version ? Et est-ce le moment de payer pour limiter la collecte de données personnelles par Facebook ?
Durant ces auditions, Mark Zuckerberg a tenu des propos significatifs sur une potentielle version payante, malgré une préparation minutieuse pour choisir ses mots avec précision.
Interrogé sur ses objectifs par rapport à ses déclarations passées affirmant que Facebook resterait gratuit, Zuckerberg a répondu, selon The Verge :
"Il y aura toujours une version de Facebook gratuite. Notre mission est d'aider à connecter le monde entier et de le rapprocher. Pour y parvenir, nous devons offrir un service accessible à tous."
L'expression "version de Facebook" suggère à beaucoup l'existence future d'une option payante.
Plus tard, face aux commentaires de Sheryl Sandberg, directrice des opérations, sur un produit payant, Zuckerberg a précisé, d'après CNBC :
"Ce que voulait dire Sheryl, c'est qu'éviter totalement les publicités nécessiterait un modèle économique différent. Aujourd'hui, nous n'offrons pas la possibilité de payer pour supprimer les publicités."
Et d'ajouter :
"Un service financé par la publicité est le plus aligné avec notre mission de connecter le monde, car il permet d'offrir un service gratuit à des milliards d'utilisateurs."

Une version payante permettrait de mieux protéger la vie privée des utilisateurs. Bien que des guides existent pour optimiser les paramètres de confidentialité, Facebook collecte toujours une vaste quantité de données, même hors de sa plateforme.
Le scandale Cambridge Analytica a mis en lévidence l'ampleur de cette collecte, justifiée par le modèle gratuit financé par la publicité.
Comme l'écrivain Ted Chiang l'a souligné dans BuzzFeed, l'objectif principal de Facebook est la diffusion de publicités ciblées, plus que la connexion entre amis.
Une version payante sans publicité éliminerait le besoin de traquer les utilisateurs pour monétiser leurs données.

Attention aux arnaques présentant une soi-disant "Facebook Gold" ou version premium payante. Ces offres sont frauduleuses ; aucune version officielle n'existe.
Si vous y avez souscrit, déconnectez immédiatement, annulez les paiements, vérifiez vos comptes et changez vos mots de passe.
Aujourd'hui, pas de version payante : utilisez Facebook tel quel ou supprimez-le. Pourtant, de nombreuses raisons incitent à le conserver.
Facebook doit offrir plus d'options. Renoncer à sa vie privée pour un service essentiel n'est pas acceptable.
Prêt à payer ? Pourquoi ne pas proposer un abonnement compensant les pertes publicitaires ?

Workplace by Facebook offre une version gratuite avec pubs et une premium sans pubs : 3 $/utilisateur/mois (jusqu'à 1 000 employés), puis 1 $/utilisateur/mois.
Cette option reste peu mise en avant, à éviter les questions sur son absence pour le grand public.

Workplace est abordable, mais pour le Facebook grand public, attendez-vous à plus. En 2013, Biz Stone (Twitter) proposait 10 $/mois. D'autres suggèrent un modèle comme Spotify : 10 $/mois ou 100 $/an.

Un cas solide existe pour une version payante. Mais Facebook résistera. Les données, nouvelle pétrole (selon The Economist), sont trop précieuses avec 2 milliards d'utilisateurs mensuels.
Seule une régulation gouvernementale pourrait imposer ce choix, pour protéger la confidentialité et limiter l'influence électorale.