Vous êtes-vous déjà interrogé sur la conception des logiciels installés sur votre ordinateur ? Si vous avez acheté votre PC en magasin, il exécute probablement un logiciel propriétaire : un programme généralement développé à des fins commerciales, dont le code source n'est pas modifiable par l'utilisateur.
Lors de l'acceptation d'un long contrat de licence utilisateur final (EULA) pour installer un nouveau logiciel, il s'agit souvent d'un logiciel propriétaire.
Pourquoi la majorité des logiciels sur Windows, macOS et smartphones sont-ils propriétaires ? Ce modèle de création et de distribution offre des avantages qui séduisent de nombreux développeurs.
Un logiciel propriétaire est une œuvre protégée par des droits de propriété intellectuelle détenus par une entreprise ou un développeur individuel. Le code source reste inaccessible à l'utilisateur.
Également appelé logiciel à source fermée, il se distingue des logiciels libres et open source, où le code est visible, modifiable et redistribuable. Les logiciels propriétaires sont distribués sous forme de fichiers binaires compilés, non ouverts à la modification.
Bien que répandus aujourd'hui, ils n'ont pas toujours dominé. Avant 1980, les logiciels étaient souvent gratuits et sans restrictions. Cette année-là, le Congrès américain a étendu la protection du droit d'auteur aux programmes informatiques, encouragé par des acteurs comme IBM et Apple, pour monétiser leurs produits. Ce modèle est devenu la norme.
Quels atouts attirent les développeurs vers ce modèle ? Et quels bénéfices pour les utilisateurs ? Voici les principaux.
Développer un logiciel demande du temps et des ressources. Pour les entreprises, les ventes de logiciels propriétaires assurent des revenus récurrents, au-delà du hardware.
Microsoft a bâti son empire sur Windows et Office, tandis qu'Apple monétise iTunes et l'App Store. Pour un développeur indépendant, ce modèle simplifie le business plan, contrairement à l'open source où la monétisation est plus complexe.
Avec un logiciel à source fermée, l'équipe contrôle entièrement le projet, expérimente librement et évite les critiques prématurées.
Exemple : Ubuntu a abandonné Unity après des années de développement critiqué. GNOME 3.0 a mis du temps à mûrir sous les regards publics.
La confidentialité permet d'innover sans résistance au changement. Comme l'explique Jaron Lanier dans You Are Not a Gadget :
"La créativité nécessite une 'encapsulation' périodique et temporaire par opposition au type d'ouverture mondiale constante suggérée par le slogan 'L'information veut être libre'. Les cellules biologiques ont des murs, les universitaires emploient le secret temporaire avant de publier [...]. Être constamment diffusé dans une bouillie mondiale, c'est embrasser la banalité."
Toutefois, sans revenus suffisants, les logiciels propriétaires peuvent disparaître, perdant compatibilité, contrairement à certains projets open source pérennes sans but lucratif.
Les rayons des magasins et plateformes comme l'App Store, Google Play ou Steam regorgent de logiciels propriétaires : OS, antivirus, jeux innovants.
Ce modèle traite le logiciel comme un produit commercial, stimulant la concurrence et l'innovation, alors que l'open source privilégie le partage, limitant parfois les doublons concurrentiels.
De nombreux outils open source excellent mais sont souvent anciens, avec moins d'applications de bureau récentes de qualité.
L'open source promet une sécurité par la transparence, mais les bugs peuvent persister des années si non scrutés. Cela arrive aussi dans les logiciels propriétaires.
Dans des contextes critiques (ex. : systèmes militaires), la source fermée limite l'accès, renforçant la sécurité par l'obscurité en complément.
Les logiciels open source sont souvent "tels quels" : corrections volontaires, auto-résolution pour les experts.
Les propriétaires, vendus comme produits, obligent les éditeurs à répondre aux utilisateurs via support dédié, e-mail ou téléphone, offrant fiabilité et influence.
Il peut subir des changements abrupts ou être inaccessible financièrement, mais ses avantages sont indéniables.
L'auteur préfère Linux et les logiciels libres pour leur pérennité, mais reconnaît la valeur du modèle propriétaire pour l'innovation et la monétisation.
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