Facebook a apporté des modifications ciblées à son fil d'actualité suite à l'élection présidentielle américaine de 2020. Face à un afflux massif de désinformation, la plateforme a priorisé l'affichage des principaux médias d'information dans les fils des utilisateurs.
Un rapport du New York Times révèle que Facebook a implémenté un "changement d'urgence" à son algorithme dès le lendemain des élections. Cette mesure visait à déprioriser les sources diffusant des contenus trompeurs sur l'intégrité du scrutin.
Facebook a ajusté ses scores de "qualité de l'écosystème de l'actualité" (NEQ), un système favorisant la visibilité de certains médias sur la plateforme. Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, a validé cette modification après une hausse des interactions avec des contenus potentiellement faux, souvent issus de médias conservateurs.
Ces ajustements ont boosté la visibilité de grands médias comme le New York Times, CNN et NPR, tandis que les publications "hyperpartisanes" mineures, telles qu'Occupy Democrats ou Breitbart, ont été reléguées.
Ces changements algorithmiques étaient temporaires. Guy Rosen, vice-président en charge de l'intégrité chez Facebook, a précisé au New York Times qu'"il n'y a jamais eu de plan pour les rendre permanents".
L'objectif était de pacifier le fil d'actualité post-électoral et de limiter les divisions. Facebook avait anticipé ces scénarios des mois à l'avance et a activé une mesure d'urgence.
La plateforme a aussi multiplié les actions contre la désinformation électorale : suppression immédiate du post prématuré de Donald Trump revendiquant une victoire, dissolution du groupe "Stop the Steal" propageant des allégations de fraude, et rétrogradation des messages trompeurs.
Longtemps critiqué pour sa tolérance envers la désinformation électorale, Facebook a adopté une approche plus ferme en 2020, marquant un tournant dans sa stratégie.
Twitter a suivi une voie similaire avec des mesures anti-désinformation, dont certaines persistent, comme les étiquettes d'avertissement.