Tous les principaux navigateurs web intègrent une fonction « Ne pas suivre » qui signale aux sites que vous refusez d'être pisté. Une idée séduisante, mais protège-t-elle efficacement votre vie privée ? Examinons les faits pour trancher.
Analysons les preuves disponibles pour vous aider à vous forger votre opinion.

Selon DoNotTrack.us :
« Do Not Track est une technologie et une politique permettant aux utilisateurs de refuser le suivi par les sites web qu'ils ne visitent pas, y compris les services d'analyse, les réseaux publicitaires et les plateformes sociales. »
Lorsque vous activez « Ne pas suivre » dans les paramètres de votre navigateur, celui-ci ajoute un en-tête HTTP à toutes vos requêtes web. Les sites sont ainsi informés de votre refus de suivi : pas de cookies traceurs d'analyse ou de publicité, ni de transmission de données à des réseaux sociaux.
Idéalement, cela bloque les cookies de reciblage publicitaire et la collecte massive de vos habitudes de navigation. Malheureusement, rien n'oblige les sites à respecter cet en-tête : ils peuvent l'ignorer librement.
Examinons donc si les organisations sont tenues d'honorer votre demande.

Dans un monde idéal, tout site respectant l'en-tête « Ne pas suivre » cesserait le pistage. Plusieurs propositions ont été soumises à la Federal Trade Commission (FTC) pour le rendre obligatoire.
La FTC a préféré déléguer au World Wide Web Consortium (W3C) l'élaboration de la norme. Or, le W3C inclut des géants comme Adobe, Facebook, Google, eBay, Netflix ou Twitter, souvent dépendants de la collecte de données.
Résultat : aucune obligation légale n'a émergé. Les entreprises peuvent ignorer « Ne pas suivre » sans risque juridique.
Aujourd'hui, peu de sites le respectent. D'autres l'ignorent ou affichent même des pubs sur la confidentialité.
La confiance en cette technologie s'effrite. À la sortie d'Internet Explorer 10, Microsoft l'activait par défaut, estimant que les utilisateurs devaient choisir consciemment le partage de données. Sous pression de la Digital Advertising Alliance, cette option est devenue manuelle dès Windows 10.
Microsoft précise désormais dans sa politique de confidentialité :
« Faute d'interprétation commune du signal [Ne pas suivre], les services Microsoft n'y répondent pas. »
Absence de norme et de loi : voilà pourquoi tant d'entreprises l'ignorent. Seuls Twitter, Medium, Reddit et Pinterest s'y engagent formellement.
En résumé, « Ne pas suivre » a peu d'effet : sans contrainte légale, les trackers persistent.
« Ne pas suivre » est une bonne intention, mais sans enforcement, il échoue. Voici des alternatives éprouvées.
Les cookies first-party (du site visité) sont utiles ; les tiers (annonceurs, réseaux sociaux) vous pistent partout.
Désinscrivez-vous chez Facebook, Google et via NetworkAdvertising.org/choices, bien que l'efficacité soit limitée.
Disconnect.me ou similaires bloquent efficacement les trackers tiers.
Epic, Dragon ou Tor maximisent l'anonymat. Pour un guide complet, consultez « Éviter la surveillance d'Internet : le guide complet ».
« Ne pas suivre » reste à activer pour les sites compatibles, mais pour une protection réelle, adoptez des mesures proactives.
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