Les clôtures et murs de séparation sont omniprésents dans notre quotidien, mais du point de vue d'une tortue ou d'un cerf, ils constituent des obstacles majeurs à leurs activités essentielles : recherche de nourriture et d'eau, migration ou reproduction. Une conception inadaptée peut même dévier la faune vers des routes fréquentées ou piéger les jeunes animaux.
"Une fois que l'on y prête attention, les clôtures sont partout", explique Christine Paige, biologiste de la faune et auteure de A Landowner's Guide to Wildlife Friendly Fences. "Et leur nombre ne cesse d'augmenter. Mais le plus encourageant est l'essor des clôtures respectueuses de la faune sur des kilomètres : ces recommandations datent des années 1960, mais la science les appuie désormais solidement."
Que vous viviez en ranch, en banlieue ou en ville, une clôture adaptée favorise l'harmonie avec nos voisins sauvages comme les wapitis, renards, lynx roux, crabes ou cailles. Voici des conseils pratiques pour modifier votre clôture existante ou en installer une nouvelle plus écologique.
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Les clôtures wildlife-friendly se distinguent par ces caractéristiques essentielles :
Avant toute installation, identifiez la faune locale et ses corridors de déplacement. "Observez les pistes en hiver", conseille Paige. "Repérez ravins ou ruisseaux, sentiers animaliers. Un piège photographique révèle les passage réguliers."
"La première question est : ai-je vraiment besoin d'une clôture haute ?", pose Paige. "Une simple délimitation suffit souvent à marquer les limites."
Optez pour des bordures naturelles : haies indigènes ou rochers. Une clôture basse et ouverte comme des poteaux avec câble ou rails fendus est idéale et facile à franchir.
"Privilégiez ce qui se traverse aisément", ajoute-t-elle. "Pour un jardin suburbain, c'est souvent suffisant. Évitez les clôtures en fer barbelé aux pointes dangereuses."
Clôturez seulement jardins, tas de foin ou zones à protéger (poulaillers, ruches). Les clôtures d'exclusion haute ou électrifiée isolent ces espaces.
"Avec poulets et abeilles, protégez des ours et prédateurs", note Paige. "L'électrification réduit les conflits et favorise la cohabitation."
Facile à installer avec l'aide d'agences de pêche et faune ou associations locales.
Les meilleures clôtures autorisent saut ou passage sous. Pour les ongulés, un rail supérieur en bois (max. 1 m de haut, moins en pente) évite l'enchevêtrement. Second rail à 30 cm minimum dessous, fil inférieur lisse à 45 cm du sol.
"Faons, jeunes wapitis ou orignaux rampent dessous", précise Paige.
Installez passages ou portes dans les corridors migratoires. Ouvrez-les saisonnièrement pour wapitis ou pronghorns.
"Ajoutez une porte d'échappatoire facile", recommande Paige.
Fils tendus et visibles préviennent les accidents. Ajoutez rubans, PVC ou polyfil sur le fil supérieur. Double brin lisse pour plus de visibilité, crucial près de cours d'eau.
Le chain-link piège tortues, crabes, tatous et renards. Privilégiez des designs ouverts.
Téléchargez le guide de Paige, référence mondiale. Pour grands ranchs, contactez agences d'État (pêche/faune, conservation), districts locaux, ONG ou Rocky Mountain Elk Foundation. Explorez clôtures virtuelles pour le bétail.
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