Bumble, l'une des applications de rencontres les plus populaires, a temporairement désactivé sa fonctionnalité de filtrage par opinions politiques. Cette décision fait suite à l'utilisation de cet outil par des utilisateurs pour identifier et signaler des participants aux émeutes du Capitole.
Suite aux manifestations pro-Trump au Capitole le 6 janvier 2021, de nombreux utilisateurs de Bumble ont rapporté avoir matché avec des profils se vantant d'avoir participé aux émeutes de Washington D.C.
Grâce au filtre politique de Bumble, qui permet de trier les profils par orientations apolitiques, modérées, libérales ou conservatrices, ces utilisateurs ont pu cibler les participants potentiels à la manifestation.
Le 7 janvier 2021, Alia Awadallah, coprésidente de la Foreign Policy for America NextGen Initiative, a publié un tweet alertant sur la présence d'émeutiers présumés sur les applications de rencontres à Washington.
Allison Norris a répondu à ce tweet en expliquant que son amie avait modifié ses préférences sur Bumble pour cibler les profils conservateurs, matchant ainsi avec des suspects qu'elle comptait signaler au FBI.
Cette pratique a rapidement fait tache d'huile, incitant Bumble à désactiver temporairement le filtre politique. Dans un tweet, l'application a expliqué cette mesure "pour éviter les abus".
Bumble a par ailleurs affirmé interdire tout contenu promouvant le terrorisme ou la haine raciale, et avoir déjà supprimé les profils confirmés comme participants à l'attaque du Capitole.
Dans une déclaration à Mashable, Bumble a détaillé ses actions du jour des événements :
Le 6 janvier, nous avons immédiatement renforcé notre analyse des discours de haine et nos protocoles pour traiter l'attaque contre le Capitole des États-Unis, supprimant tout contenu lié à l'insurrection.
L'entreprise s'est engagée à coopérer avec les forces de l'ordre en cas de découverte d'activités criminelles potentielles.
La durée de cette suspension n'est pas précisée. Bumble utilise désormais l'IA pour détecter et supprimer les contenus incitant à l'insurrection, avec bannissement des comptes publiant du contenu extrême à répétition.
Si cette mesure protège potentiellement les participants innocents aux manifestations, elle répond aussi à un usage abusif de la fonctionnalité. Bumble aurait idéalement dû agir plus tôt contre les contenus problématiques, plutôt que de laisser les utilisateurs s'en charger.
[]