Les sites proposant gratuitement d'anciens logiciels payants opèrent souvent dans une zone grise légale. Contrairement aux torrents ou sites warez, clairement illégaux dans la plupart des pays, les sites d'abandonware comme MyAbandonware ou Abandonia distribuent des jeux rétro depuis des années sans poursuites massives. Mais l'abandonware est-il vraiment légal ?
Explorons cette question en détail, en nous basant sur les principes du droit d'auteur international.
Le terme abandonware désigne un logiciel ou un jeu vidéo dépourvu de support actif et dont les droits d'auteur ne sont plus activement défendus. Cela survient généralement lorsque l'éditeur original fait faillite, est racheté sans poursuite du développement, ou abandonne le produit.

Certaines entreprises libèrent explicitement leur code source, comme les développeurs de Descent en 1997, rendant ces titres librement accessibles.
La réponse est claire : non, l'abandonware n'est pas légal. Même si un créateur cesse de promouvoir son œuvre, elle reste protégée par le droit d'auteur jusqu'à son expiration – généralement 70 ans après la mort de l'auteur, ou jusqu'à 125 ans pour les œuvres corporate dans certains pays.
Pourquoi ces sites persistent-ils ? Les poursuites nécessitent un plaignant motivé et des ressources. Souvent, les détenteurs de droits (comme Electronic Arts pour System Shock) n'agissent pas, car le gain potentiel est faible face aux coûts juridiques et aux risques de bad buzz.
Non, le téléchargement reste une violation du droit d'auteur. Cependant, les risques pour l'utilisateur final sont minimes : aucune affaire judiciaire connue ne cible les téléchargeurs individuels. Les éditeurs envoient plutôt des mises en demeure aux sites, qui suppriment alors le contenu incriminé.
De nombreux sites hébergent dans des juridictions laxistes (Suède pour Abandonia, Thaïlande pour d'autres), contournant partiellement l'application internationale.
Exception : les logiciels libérés sous licences ouvertes (GPL, Creative Commons) sont légaux.
La sécurité dépend du site. Privilégiez des plateformes réputées comme MyAbandonware ou Abandonia, qui attirent des millions d'utilisateurs sans malwares signalés. Évitez les sites obscurs.
Malgré son illégalité, l'abandonware joue un rôle positif en conservation patrimoniale. Des initiatives comme Internet Archive existent, mais elles sont limitées. Les sites d'abandonware préservent des milliers de titres obscurs.
De plus, des développeurs comme Tim Schafer (Double Fine) tolèrent le partage : "Allez-y, volez ce jeu ! Répandez l'amour !" Les revenus de ces vieux titres sont nuls pour les créateurs originaux.

GOG (ex-Good Old Games) légalise l'abandonware en négociant avec les détenteurs de droits pour revendre des versions modernisées (compatibles Windows 10/11). Son succès (millions de ventes) prouve le potentiel commercial et met en lumière l'illégalité des alternatives gratuites.
De nombreux titres ont ainsi quitté les sites gratuits pour GOG, incitant les propriétaires à monétiser leur catalogue.
L'abandonware reste illégal, mais les risques sont faibles. Pour une expérience sereine, optez pour GOG ou vérifiez les remakes légaux. Consultez notre sélection des meilleurs vieux jeux PC et notre guide pour lancer d'anciens jeux sur Windows 10.