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Vero : la vérité sur sa confidentialité et les secrets de son succès fulgurant

Le réseau social Vero, dont le nom dérive du latin « vérité », se positionne comme une plateforme centrée sur la confidentialité des utilisateurs.

Les communiqués de presse et campagnes marketing ne révèlent que ce que l'entreprise choisit de montrer. Nous avons enquêté pour dévoiler ce qui se cache vraiment derrière ce buzz médiatique.

Politique de confidentialité de Vero

En février 2018, Vero, le nouveau venu des réseaux sociaux, a connu un décollage surprise avec une explosion d'utilisateurs. Dans un marché saturé, Vero se distingue par l'absence totale de publicité pour tous.

Comme de nombreux pionniers avant lui, Vero vise à créer une plateforme « vraiment sociale » en priorisant les interactions authentiques.

La politique de confidentialité et les conditions d'utilisation sont les documents essentiels à lire. Ils détaillent la collecte, l'utilisation des données et vos droits. Malgré leur longueur et leur jargon – souvent volontaire –, ils sont indispensables avant de partager vos informations personnelles.

Vero : la vérité sur sa confidentialité et les secrets de son succès fulgurant

La politique de confidentialité de Vero est standard : utilisation de cookies, stockage des données dans plusieurs pays, partage interne et avec des prestataires. Fidèle à son modèle sans pub, aucune mention de partage avec des annonceurs.

Bien que raisonnable en apparence, fin février 2018, Vero a été critiqué pour ses conditions d'utilisation initiales, suggérant une propriété sur le contenu utilisateur. L'entreprise a vite clarifié et amendé le texte. Vero n'est pas le premier à commettre cette erreur.

En 2012, Instagram avait provoqué un tollé similaire. Aujourd'hui, les deux appliquent la même règle : vous restez propriétaire de votre contenu, mais accordez une licence à la plateforme.

Les liens russes de Vero

Aucune actualité n'échappe aux soupçons d'ingérence russe, du Brexit aux JO d'hiver 2018 ou à l'élection US de 2016.

Vero n'y coupe pas. Comme l'a relevé Pasquale De'Silva sur Twitter, une grande partie de l'équipe de développement semble russe.

Présenté comme une manœuvre de Poutine, cela pourrait simplement refléter le recrutement de talents qualifiés. Des rumeurs lient aussi le PDG Ayman Hariri – et son frère Saad, ex-Premier ministre libanais – à Poutine via une rencontre fin 2017. Complot mondial ou simple diplomatie ?

Les controverses du PDG

Peu après son explosion de popularité, Vero est éclaboussé par le passé du PDG Ayman Hariri.

Ancien dirigeant de Saudi Oger, une entreprise de construction en crise financière en 2015, laissant des milliers de travailleurs migrants sans salaire ni abri en Arabie saoudite.

Après le backlash, Vero a fourni des documents à Mashable prouvant le désinvestissement de Hariri en 2014. Pourtant, des communiqués de 2016 le mentionnaient encore comme PDG, par fierté familiale selon lui. Cela nuancerait l'image morale de Vero.

Derrière le succès et l'avenir de Vero

Malgré son buzz de 2018, Vero existe depuis 2015 sans explication claire à cette croissance tardive. Le ras-le-bol des géants comme Facebook y est pour beaucoup.

Vero a cultivé des célébrités et créateurs dès ses débuts : StarRo (producteur Grammy), GQ, ou Andrew Neil.

Selon Forbes, Ayman Hariri valait 1,3 milliard de dollars en février 2018. Ce soutien financier massif explique peut-être sa survie.

Contrairement à la plupart des plateformes, Vero mise sur les abonnements, sans pub ni collecte massive de données. L'offre d'abonnement gratuit à vie pour le premier million d'utilisateurs a été prolongée indéfiniment, soulevant des doutes sur sa viabilité.

Un challenger privacy-first malgré les ombres

Bien que son aura de sauveur s'estompe, Vero a du potentiel. Malgré les controverses sur son PDG et ses conditions, il priorise la confidentialité.

Le modèle d'abonnement évite la monétisation par données, fléau des réseaux actuels. Si Vero évite d'autres scandales, il pourrait devenir un « véritable réseau social ».

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