Alors que des millions de spectateurs se pressent pour The Last Jedi, il est temps de reconnaître que Star Wars a perdu de sa magie.
Oui, la mode est à la critique hipster de tout ce qui est populaire : « Les séries animées sont lassantes », « Le dernier iPhone est décevant », « Doctor Who n'égale plus l'ère David Tennant ». Cette posture m'irrite généralement, mais pour Star Wars, elle est justifiée.
La Guerre des étoiles est une franchise iconique mondiale, et ses fans méritent mieux que cela.
L'annonce du retour de Star Wars a suscité un enthousiasme massif. Sans George Lucas, beaucoup y voyaient un bienfait après les préquelles controversées.

Cependant, les révélations de Lucas sur son départ – un désaccord avec la vision Disney centrée sur les fans – éclairent les limites actuelles. Le Réveil de la Force et Rogue One s'adressent avant tout aux fans, au détriment d'une narration innovante.
Star Wars est devenue une franchise introspective, s'appuyant sur son passé : réinterprétation des plans de l'Étoile de la Mort dans Rogue One, ou un film solo sur Han Solo non sollicité. Cela plaît aux fans, mais stagne.
Étirer une saga sans imagination, sans challenger l'audience ni attirer de nouveaux venus, ni explorer de nouvelles profondeurs, c'est recycler du Star Wars éculé. Un film jugé bon pour son appartenance à la franchise trahit son récit individuel.
On peut excuser Le Réveil de la Force par l'euphorie du retour, mais rétrospectivement, c'est une redite inutile d'Un Nouvel Espoir.
Cette similarité – planète désertique comme Tatooine, droïde porteur de secrets, super-arme du Premier Ordre détruite en bataille aérienne – est flagrante : Kylo Ren en Vador bis, Rey, Finn et Poe en Luke, Leia et Han.
Qualifié d'hommage, c'est du calcul : J.J. Abrams coche les cases fan-service. La trilogie séquelle recycle simplement la trilogie originale.
Kylo Ren manque de charisme et de menace, évoquant un adolescent en crise plus qu'un Sith imposant.
Le capitaine Phasma, au look menaçant et marketable, est sous-exploitée avec moins de deux minutes à l'écran. Snoke, projection CGI palpatinesque, intrigue sans effrayer.
Darth Maul incarnait un vrai antagoniste ; Krennic dans Rogue One était solide, jusqu'à l'ombre de Vador.
Les antagonistes ne sont pas les seuls victimes : les héros souffrent aussi d'un développement minimaliste.
Star Wars privilégie traditionnellement ses trios centraux. Pourtant, comparé à des personnages secondaires ciselés comme Corpsman Dey dans Guardians of the Galaxy, Poe Dameron reste archétypal : pilote capturé, facilitateur d'évasion, destructeur.
Le canon étendu comble les lacunes, mais un film doit se suffire. Comment s'attacher sans backstory ?
Les Porgs, créatures adorables de The Last Jedi, illustrent le gimmick merchandising.
Introduits pour viralité et ventes (peluches, T-shirts dès avant la sortie), ils saturent le marché comme BB-8 auparavant. Disney priorise le commercial, au risque de dénaturer l'univers.

Contrairement au MCU Disney, riche en humour salvateur (succès vs. DC sombre), Star Wars pèche par son austérité.
K-2SO offre un rare répit comique. Un humour dosé rendrait les personnages plus attachants, sans verser dans la parodie.
Les préquelles enrichissaient le mythe ; aujourd'hui, les extensions le rapetissent. Luke ermite, Han et Leia en conflit menant à Kylo, R2-D2 inactif : des lendemains décevants.
[Spoiler] La mort de Han par Kylo sacrifie un héros pour un arc prévisible.

Star Wars brillait comme légende ; mieux vaut-le laisser à l'imaginaire.
Autrefois unique, Star Wars est désormais une franchise exploitée. Ses idées perdurent, mais les suites pâles face à l'originale.
Star Wars a perdu son éclat pour moi. Et pour vous ?
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