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Retour d'Ubuntu à GNOME : impacts et perspectives pour la distribution Linux

Après six ans d'indépendance avec Unity et Mir, Ubuntu opère un virage stratégique. Mark Shuttleworth, fondateur de Canonical, a annoncé l'abandon de ces projets et le retour à GNOME comme environnement de bureau par défaut dans la version 18.04. Une partie emblématique de l'identité d'Ubuntu s'efface ainsi.

Pour les nouveaux utilisateurs, cela introduit un Ubuntu inédit. Pour les vétérans d'avant Unity, c'est un retour aux sources. Quoi qu'il en soit, ce changement promet de profondes évolutions pour le bureau Ubuntu, plébiscité par des millions d'utilisateurs.

1. Une compatibilité accrue avec l'écosystème Linux

À mes débuts avec Linux, les différences entre Ubuntu et Fedora se limitaient à des thèmes et à l'installation des codecs. Les années ont vu émerger le Centre logiciel Ubuntu, puis Unity, Convergence, Mir, Snap et Ubuntu Touch. Ubuntu s'est progressivement éloigné des standards du bureau Linux.

Cette dérive inquiétait la communauté open source. Ubuntu, leader du marché Linux comme Windows l'est pour son écosystème, influence les développements d'applications et de jeux. Développer pour Ubuntu impliquait souvent des spécificités (environnement, serveur d'affichage, paquets) incompatibles ailleurs.

L'annonce de Shuttleworth dissipe ces craintes : plus d'environnement propriétaire, adoption de Wayland via GNOME (adieu Mir), et pas de plateforme mobile dédiée. Pour les Snaps, l'avenir reste à définir, mais la multiplicité des formats de paquets est un défi ancestral sous Linux.

2. Plus d'harmonie avec les autres distributions Linux

Outre la perte de compatibilité, Ubuntu offrait une expérience unique. Unity, bien qu'open source, n'a séduit aucune autre distribution majeure. Une capture d'écran d'Ubuntu était immédiatement reconnaissable.

Retour d Ubuntu à GNOME : impacts et perspectives pour la distribution Linux

Désormais, Ubuntu rejoint le club des distributions GNOME comme Fedora ou openSUSE. Commercialement, Canonical perd son unicité visuelle, mais des extensions permettront de recréer un style proche d'Unity si besoin.

3. Renforcement des liens avec la communauté open source

GNOME équipe de nombreuses distributions Unix-like. Le retour d'Ubuntu, distribution de bureau n°1, dynamisera son écosystème : plus de rapports de bugs, plus d'intérêt pour les résolutions.

Canonical, souvent critique via des correctifs pour Unity, peut désormais collaborer directement avec les développeurs GNOME après une décennie d'expérimentations. L'avenir le confirmera.

4. Maintenance facilitée et fiabilité accrue

Même sans contributions massives à GNOME, Canonical bénéficiera d'une base mature et testée par la communauté Linux. Les versions récentes d'Ubuntu souffraient de stagnation et d'instabilité.

Libéré du développement propriétaire, l'équipe se concentre sur l'intégration optimale, réduisant les bugs et libérant des ressources pour d'autres priorités.

5. Conséquences humaines : des emplois supprimés

Ce pivot a un coût social. Canonical, entreprise privée, a licencié plus de la moitié de l'équipe Unity (source : The Register), réaffectant les autres. D'autres départements sont touchés, tandis que cloud et IoT croissent.

Shuttleworth justifie ces mesures pour attirer des investisseurs. Triste réalité : ces postes, rares pour le design Linux, disparaissent.

6. Un terrain fertile pour tester d'autres environnements de bureau

GNOME par défaut n'exclut pas les alternatives : saveurs comme Kubuntu, Xubuntu, Ubuntu MATE ou Ubuntu GNOME persistent.

Précédemment, les non-GNOME étaient délaissés. Désormais, sans projets Ubuntu-specific (menu messagerie, etc.), toutes les saveurs sont égales, favorisant l'innovation communautaire.

Qu'espérez-vous pour l'avenir d'Ubuntu ?

Beaucoup reste spéculatif. Ubuntu 18.04 arrive dans un an. Partagez vos attentes en commentaires : ravis du changement ? Souhaits pour les futures versions ?


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