Le croisement de chiens suscite souvent des débats passionnés dans le monde canin. D'un côté, les éleveurs de races pures les qualifient parfois de « cabots ». De l'autre, les défenseurs des croisés vantent leur vigueur hybride, issue de générations d'élevage trop consanguin. Qui a raison ? La réponse n'est pas simple. Les chiens croisés présentent des avantages et des inconvénients indéniables, que tout futur propriétaire ou éleveur doit connaître pour un choix éclairé.
Un croisement résulte de l'accouplement de deux chiens de races différentes, comme un caniche standard et un labrador retriever pour obtenir un labradoodle. Toutes les combinaisons sont possibles entre races pures ou avec des chiens déjà croisés, car tous appartiennent à la même espèce, Canis familiaris. La diversité des formes, tailles, couleurs et tempéraments des chiens est stupéfiante. Certains croisements interféconds existent aussi avec d'autres canidés comme les loups, dingos, coyotes ou chacals dorés, permettant des hybrides viables. En revanche, renards, chiens sauvages africains ou chacals à dos noir ne le sont pas.
Examinons d'abord les points positifs, souvent sous-estimés par les puristes.
Les croisés offrent un aspect original, inédit. La génétique aléatoire produit des chiots aux looks distincts au sein d'une même portée, rendant chaque portée fascinante.
Être croisé n'empêche pas d'être un parfait animal de compagnie. Une socialisation et un dressage adaptés révèlent le meilleur tempérament chez n'importe quel chien.
Les races pures sont souvent touchées par des pathologies génétiques transmissibles. Un croisement judicieux réduit les risques si les parents ne partagent pas les mêmes gènes défectueux. La « vigueur hybride » est invoquée, mais les études montrent que l'espérance de vie des croisés n'est pas systématiquement supérieure. Ils évitent certains maux héréditaires, mais restent vulnérables à d'autres affections.
De nombreuses races actuelles proviennent de croisements ancestraux, affinés par sélection. Certains designer dogs comme le cockapoo pourraient devenir des races reconnues demain.
Passons aux aspects négatifs, minimisés par certains partisans.
Les races pures ont des caractères prévisibles, adaptés à leur histoire (garde pour le rottweiler, chasse et compagnie pour le caniche). Un croisement mélange ces traits de façon aléatoire.
Prédire la taille finale est hasardeux, surtout entre races de gabarits très différents (doberman et boston terrier). Cela pose problème dans les petits espaces.
Accoupler des tailles disparates ou des races à grosse tête complique l'accouchement. La mère peut nécessiter une césarienne pour survivre avec sa portée.
Dysplasie de la hanche, troubles oculaires, épilepsie ou rénaux touchent plusieurs races. Si les deux parents sont porteurs, les chiots le seront aussi.
Les « chiens de créateurs » se vendent jusqu'à 1 000 € ou plus, contre 300-500 € pour un pur-sang moyen. Les pedigrees, s'ils existent, ne viennent pas de clubs comme la SCC.
Aux États-Unis et ailleurs, les croisés intentional ou accidentels dominent. Labradoodle, goldendoodle, puggle, chorkie ou cavachon cartonnent. Les caniches, pour leur hypoallergénicité supposée et leur intelligence, sont stars des croisements (schnoodle, maltipoo, etc.).
Les combinaisons extravagantes existent :
Leur apparence et taille adulte varient énormément.
Les inconvénients l'emportent-ils ? Pas forcément. Comme pour les purs, sélectionnez des reproducteurs sains et bien tempérés, et placez chaque chiot dans un foyer aimant.