L’influence de Facebook, lancé en 2004, est difficile à surestimer. Que ce soit pour susciter l’envie entre « amis » ou influencer le débat politique, son rôle est majeur dans notre quotidien.
Tout se résume à un principe clé du nouveau paysage médiatique : l’attention.
Selon une étude de l’agence Mediakix, les utilisateurs passent en moyenne 35 minutes par jour sur la plateforme, soit près de 5 ans et demi de leur vie. C’est plus que le temps consacré aux interactions sociales (1 an et 3 mois) ou aux repas (3 ans et 5 mois).
Avec près de 2 milliards d’utilisateurs attendus en 2017, cette captation d’attention se traduit par des revenus colossaux. Au T4 2016, Facebook a affiché un chiffre d’affaires de 8,81 milliards de dollars, dont 3,56 milliards de bénéfices.
Avec 1,86 milliard d’utilisateurs mensuels, cela représente 1,57 $ de revenus par utilisateur et par mois. Un exploit, surtout avec une croissance mensuelle de dizaines de millions d’utilisateurs.
Mais d’où viennent ces revenus ?
Plus de 90 % des revenus proviennent de la publicité, dont 80 % des annonces mobiles.

Nous consultons majoritairement notre fil d’actualité sur mobile : en file d’attente, en pause ou pendant les publicités TV. Cette utilisation addictive booste les revenus.
Les formats les plus rentables sont les « messages sponsorisés » et « suggestions de pages » dans le fil, ou en colonne droite sur desktop. Environ 4 millions des 90 millions d’entreprises dotées d’une page Facebook y investissent, menées par McDonald’s, Starbucks, HSBC ou Samsung.
Le ciblage précis – âge, sexe, localisation, intérêts, démographie, visites web – repose sur les vastes données collectées par Facebook.
Pour satisfaire ses actionnaires, Facebook innove sans saturer le fil. Il diversifie les formats via son Audience Network.

Publicités dans les Articles Instantanés ou avant les vidéos boostent les gains, avec la montée des contenus vidéo et immersifs.
Facebook prélève une commission sur les achats in-app dans les jeux (hors Messenger), générant 180 millions de dollars par trimestre. Ce poste mineur et en baisse n’est pas prioritaire.
Acquis pour 1 milliard de dollars en 2012, Instagram offre 15 minutes quotidiennes par utilisateur. Les annonceurs Facebook y diffusent aussi, avec 700 millions d’utilisateurs en 2017. Son potentiel de rentabilité croît, notamment face à Snapchat.
La publicité domine, mais les bloqueurs menacent. Mark Zuckerberg diversifie :
Acquis pour 19 milliards, ses 1 milliard d’utilisateurs pourraient générer 5 milliards annuels d’ici 2020 via communications entreprises-utilisateurs (support client).
Investissement VR massif. Bien que marginal aujourd’hui, Zuckerberg voit un avenir massif d’ans une décennie.

Messenger permet des transferts gratuits aux USA, avec extensions (paiements de groupe). Bientôt sur WhatsApp et Marketplace. Frais futurs pourraient rivaliser PayPal.
Facebook pénètre tous les aspects de la vie, financé par nos interactions publicitaires.

Plus nous scrollons, plus il gagne. Mais l’avenir réserve d’autres leviers, grâce à ses utilisateurs, données et fonds.
Opportunité ou préoccupation ? Incontestablement, Facebook est sur la voie des records financiers.
Et vous ? La pub restera-t-elle dominante ? Faut-il diversifier ? Les utilisateurs méritent-ils une part des bénéfices ?
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