De nombreux emplois nous obligent à rester assis pendant de longues heures. Même si nous nous levons pour manger, boire ou aller aux toilettes, il est facile de prolonger ces périodes d'inactivité. Les jeux vidéo et le streaming aggravent souvent le problème.
Une vie sédentaire a des conséquences néfastes sur la santé. Que se passe-t-il dans notre corps lors de ces phases d'inactivité ? Quels sont les risques et comment rester actif ?
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que l'inactivité physique cause 6 % des décès mondiaux, en faisant le 4e facteur de risque de mortalité.
Elle est responsable de 25 % des cancers du sein et du côlon, 27 % des cas de diabète et 30 % des maladies cardiaques.
Certaines études sont observationnelles et montrent des corrélations, pas toujours des causalités. Néanmoins, environ 70 000 décès annuels au Royaume-Uni sont attribués à une sédentarité excessive.
Plusieurs mécanismes expliquent ces effets. Rester assis ralentit le métabolisme à environ 1 calorie par minute, soit un tiers d'une marche lente.
L'activité musculaire diminue, réduisant la production d'enzymes qui dégradent les graisses sanguines. Cela crée un cercle vicieux : problèmes de santé → plus d'inactivité → aggravation.
Après 6 heures assises par jour, la consommation d'oxygène baisse, rendant l'effort plus difficile. Pour contrer cela, optez pour des pauses actives, escaliers plutôt qu'ascenseur, ou générateurs d'exercice.
Voici les principaux dangers d'une assise prolongée au bureau ou à la maison.
L'inactivité perturbe l'insuline, hormone clé pour métaboliser sucres et glucides. Après 24 heures assis, son efficacité chute de 50 %. Même 6 heures quotidiennes augmentent la résistance à l'insuline en deux semaines, favorisant prise de poids et diabète de type 2.
Inversement, 3 minutes d'activité après 30 minutes assis améliorent la glycémie (Diabetes Care, 2016).
L'inertie favorise l'accumulation sanguine, provoquant varices ou thrombose veineuse profonde (TVP). Celle-ci peut évoluer en embolie pulmonaire (EP), potentiellement fatale.
Exemple : après le séisme de Kumamoto (2016), 82 % des évacués immobilisés en voiture ont eu des troubles coagulaires, dont 35 cas d'EP.
La sédentarité élève le "mauvais" cholestérol et abaisse le "bon" de 20 % après 2 heures. Plus de 3 heures de TV quotidienne doublent le risque de décès cardiaque.
Études des années 1950 montraient déjà que les chauffeurs de bus (assis) avaient plus d'infarctus que les conducteurs. Aux États-Unis, 35 % des 700 000 décès coronariens annuels sont liés à la sédentarité.
Les maladies cardiaques augmentent aussi le risque de dépression et de suicide. Comme l'explique Paula Clayton, MD (American Foundation for Suicide Prevention) :
"90 % ou plus des suicidés souffraient d'un trouble mental, 60 % d'une dépression majeure."
Assis longtemps, les disques intervertébraux se rigidifient, causant douleurs dorsales. L'inactivité accélère la perte osseuse (1 % par an après 20 ans), menant à l'ostéoporose.
Les os, nourris par 10 % du débit cardiaque, se régénèrent moins sans activité. Principe : "Utilisez-les ou perdez-les".
Le Dr James Levine (Mayo Clinic) a défini le NEAT : petites activités quotidiennes contrebalançant la sédentarité.
Bougez toutes les 30 minutes pour réduire les risques. Marchez vite, nettoyez, montez les escaliers. Apps rappellent les pauses posturales.
Objectif : 10 000 pas/jour (US Department of Health). Augmentez progressivement : marche au travail, jardinage, discussions en personne.
En voyage : pauses, mouvements d'orteils, chaussettes de contention, hydratation.
Une étude de 21 ans (American Journal of Epidemiology, 127 000 adultes) lie sédentarité à cancers, AVC, maladies rénales, pulmonaires, Parkinson, Alzheimer.
Commencez par de courtes interruptions. La santé s'améliore, et certaines apps récompensent vos efforts.
Crédit image : Matej Kastelic/Shutterstock