Si vous avez grandi dans les années 1990 ou 2000, le format MP3 évoque sans doute de nombreux souvenirs. Il a été le choix privilégié pour stocker et écouter de la musique, même pour les non-audiophiles.
Que ce soit en extrayant un CD sur votre ordinateur, en achetant un album sur iTunes, en téléchargeant une chanson ou en copiant la collection d'un ami, le MP3 était omniprésent. C'est pourquoi les gros titres comme « Le MP3 est mort » ont pu vous inquiéter.
La bonne nouvelle : contrairement aux apparences, le MP3 n'est pas mort. Vos fichiers locaux fonctionnent toujours parfaitement, vous pouvez extraire des CD et distribuer des podcasts en MP3 sans problème.
Quelle est la réalité derrière ces annonces ? Nous vous expliquons tout.

Le MP3 a été développé à la fin des années 1980 par Fraunhofer IIS, une société allemande. Il s'est rapidement imposé comme le standard de facto pour le stockage et la lecture audio, compatible avec presque tous les appareils et logiciels, de la stéréo de voiture au smartphone.
Le 23 avril 2017, les brevets MP3 ont expiré aux États-Unis, rendant le format libre de royalties. Fraunhofer IIS a jugé le MP3 obsolète pour ses activités commerciales, mais cela ne signe pas sa fin.

Les titres sensationnalistes comme « RIP MP3 » proviennent souvent d'une reprise hâtive du communiqué de Fraunhofer, sans vérification. Une publication influente amplifie le buzz avec un titre clickbait, et les médias secondaires suivent pour attirer les clics.
En 2017, ce phénomène est courant dans un contexte de « fake news ». Vérifiez toujours les sources, leurs motivations et le contexte avant de partager.

Les technologies ne meurent pas par déclaration de leurs créateurs ni par expiration de brevets, mais par obsolescence. Le MP3 est loin de ce stade.
Windows XP est « mort » officiellement, pourtant utilisé par des millions. Les GIF et JPEG persistent malgré l'expiration de leurs brevets. iTunes jouera toujours vos MP3, et vous pouvez en acheter.
Désormais libre de royalties, le MP3 attire de nouveaux usages. Les développeurs intègrent facilement le support, favorisant innovation et adoption accrue, comme pour les GIF ou l'impression 3D.
Fraunhofer cite l'AAC (utilisé par Spotify et Apple Music) comme successeur. L'AAC est efficace à bas débits, mais au-delà de 128 kbps, la différence est minime. Avec le stockage actuel abondant, son avantage en taille est négligeable. De plus, l'AAC reste payant, contrairement au MP3.
Le MP3 reste pertinent et vivace.
Que pensez-vous de la « mort » du MP3 ? Avez-vous un attachement personnel à ce format ? Une meilleure alternative existe-t-elle ? Partagez vos avis en commentaires.
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