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Enquête : bricoler malin pour éviter les pertes

Face aux incertitudes économiques, les Français se retroussent les manches et n’ont pas leur pareil pour améliorer leur habitat en unissant leurs forces. Avec des économies non négligeables à la clé !

Enquête : bricoler malin pour éviter les pertes En France, une personne sur trois a réalisé des travaux d’amélioration de son logement au cours des trois dernières années. Ce constat fait écho à une étude récente de la fédération Unibal*, relative au marché du bricolage en 2015. Celle-ci confirme que le bricolage, que ce soit par passion ou par nécessité, constitue le premier poste d’équipement de la maison, devant l’ameublement et l’électroménager.

* Union nationale des industriels du bricolage, du jardinage et de l’aménagement du logement. (http://www.unibal.org)

Qui bricole et pourquoi ?

Neuf Français sur dix se déclarent bricoleurs, femmes et hommes pratiquant à parité. Dans le large panel pris en compte, la génération des 20-30 ans excelle dans le recyclage. La pratique du bricolage s’intensifie quand on commence à "poser ses valises". Plus on avance en âge, plus le besoin ou le désir d’améliorer son habitation augmente. Jusqu’aux seniors, pour qui l’aménagement du cadre de vie demeure le projet principal, avant les envies de voyage.

Où chercher les savoir-faire ?

Parallèlement à l’écrit (magazine, livres, encyclopédies, etc.) et à Internet (tutoriels, vidéos, etc.), des initiatives se développent un peu partout à l’exemple des ateliers de bricolage, de co-réparation et des garages solidaires.
Ce sont des lieux de rencontres et d’échanges (Bretagne Créative, FabLab, Repair Café, TechShop…) où l’on apprend à décorer, fabriquer, redonner vie à des objets abîmés ou victimes de l’obsolescence programmée (vieillissement prématuré). On peut aussi se familiariser avec toutes sortes d’outils, se perfectionner dans telle ou telle technique.
Les compétences sont mises en commun et des projets prennent forme dans l’esprit des chantiers participatifs d’auto-constructeurs (Castor, Compagnons Bâtisseurs, Compaillons, Maisons Paysannes de France…).
Même si chaque démarche présente un réel intérêt, il convient de distinguer les ateliers vivant grâce aux dons et au mécénat, des espaces fondés sur le principe des cours ou stages payants.

Le bricolage 2.0 : vérifier les sources !

Internet diffuse une profusion d’articles et de tutoriels dédiés au bricolage. Parfois pour le meilleur lorsqu’il s’agit de sites fiables… mais aussi pour le pire, lorsque des erreurs techniques ou des informations fondées sur une réglementation dépassée sont relayées de site en site. Ces avatars, qui font boule de neige, sont potentiellement dommageables pour le porte-monnaie, quand ils ne conduisent pas à menacer la pérennité du bâti !

Les différents points de vente

Détenant 78 \% de parts de marché en 2015, les grandes surfaces de bricolage renforcent une position déjà dominante avec un chiffre d’affaires global avoisinant les 24 milliards d’euros. Les négoces qui s’adressent en priorité aux professionnels ne représentent que 15 \%. Les 7 \% restants se répartissent entre les boutiques traditionnelles (drogueries,quincailleries…), les grandes surfaces alimentaires (GSA) et le e.commerce. Ce dernier connaît un succès grandissant.
La consultation en ligne commence à devenir une habitude : 10 \% des bricoleurs internautes utilisent régulièrement leur smartphone pour acheter, rechercher des informations sur les produits ou vérifier les stocks (source : étude Crédoc). Sur la toile, les principaux acteurs se livrent à une concurrence féroce. D’une part, les sites d’achat en ligne (Batiwiz, Bricozor, DStock Habitat, ManoMano, MesMatériaux…), d’autre part, ceux des enseignes de distribution (Castorama, Bricoman, Gedimat, Leroy Merlin, Mr. Bricolage, Outiz, Point P…).

Savoir ce que l'on achète

Fausses ou vraies promotions ? La question se pose. Les soldes de marques connues permettent des acquisitions de qualité à moindre coût. Attention toutefois aux arrivages soi-disant limités, que l’on peut trouver moins chers ailleurs. Avec les fabrications de provenance incertaine, la plus grande méfiance s’impose. Sauf, si l’on accepte délibérément d’acheter un outil très bon marché en sachant qu’il ne durera que le temps du chantier.
Sur le net, les catalogues virtuels ne permettent pas de toucher, de prendre en main comme en magasin. Mais, grâce au "showrooming", il est possible de contourner le problème. L’idée consiste à se rendre sur les points de vente pour faire son choix et noter les références des produits. Puis, de retour à la maison, il suffit de tranquillement comparer en ligne les prix proposés par les différents distributeurs et passer commande au mieux offrant.

Boom des achats groupés

Parce que l’union fait la force, il est désormais possible de négocier à plusieurs. Ce principe n’est pas nouveau, les coopératives d’autoconstructeurs en font bénéficier leurs adhérents depuis plusieurs décennies. Certains ateliers participatifs font de même.
Parallèlement, on voit fleurir des sites internet spécialisés dans l’achat groupé. Sur le mode du gagnant-gagnant, ces derniers démarchent les entreprises (détaillants, grossistes, fabricants…) dans le but de faire baisser les prix et d’en faire profiter leurs membres. Les inscrits reçoivent régulièrement par courriel des offres promotionnelles. Mais gare aux rabais, parfois considérables, consentis à partir de prix gonflés pour l’occasion. Attention également aux restrictions éventuelles ou aux durées limitées des offres, aux frais de livraison élevés non compris dans le prix de l’achat.
Dernier conseil : prendre le temps de lire les mentions légales des sites sur lesquels on s'apprête à commander et vérifier que les paiements sur Internet sont sécurisés (pages reconnaissables grâce au "s" de https qui s’affiche au début de l’adresse ou au cadenas présent dans la barre d’adresse).
 

Troc en stock

Le bricolage collaboratif agit conjointement à travers les sites et plateformes d’échanges. Ces dispositifs offrent le moyen de se procurer des outils d’occasion, des meubles, des objets à détourner… sans bourse déliée. Les propositions ou demandes sont formulées par le biais d’annonces, généralement gratuites (à vérifier avant de se lancer). On peut aussi échanger des services ou louer du matériel entre particuliers. Là encore, prendre toutes les garanties : chartes des bonnes pratiques et conditions d’utilisation de chaque site, état des équipements, prix et durées des locations, etc.

La récup’ au service de la collectivité

Le début du XXI siècle coïncide avec l’émergence du Réseau français des Ressourceries. Inspiré d’initiatives québécoises, flamandes et wallonnes, le concept s’est d’abord implanté dans les Hauts de France puis étendu à l’ensemble de la métropole, ainsi qu’aux DromCom (ex DomTom).
Sous le statut association de loi 1901, le réseau regroupe plusieurs structures oeuvrant dans les domaines environnemental et social. Leur démarche suit celle d’organismes phares de l’économie sociale et solidaire, tels Emmaüs ou Envie.

Valoriser les déchets :
Afin de réduire l’accumulation des déchets, les acteurs de terrain collectent les objets abandonnés et ceux dont les habitants veulent se débarrasser : appareils électroménagers, accumulateurs et batteries, bibelots, jouets, luminaires, mobilier, textiles, etc. En partenariat avec les déchetteries, ils récupèrent les encombrants avant leur destruction. Le but est de réparer tout ce qui peut l’être dans les ateliers associatifs et de le réintroduire dans les circuits locaux, via un marché de l’occasion attractif. Retrouvant une valeur marchande, les objets sont alors réutilisables à l’identique ou détournés de leur fonction première pour être employés sous une autre forme. L’antenne roubaisienne s’est ainsi fait une réputation en créant des lampadaires design à partir de tambours de lave-linge ! Les mordus du "système D" apprécieront.

Soutenue par l’Ademe et les conseils généraux ou régionaux, la prévention associative des déchets contribue à stimuler le partage des compétences. Elle permet de mettre en place des programmes de formation efficaces et de développer un ensemble de métiers spécifiques : agents de développement durable, personnels d’encadrement, techniciens polyvalents ou spécialisés, etc. Assurant la création d’emplois stables, elle facilite conjointement l’insertion des personnes défavorisées, peu qualifiées, handicapées…

Informer largement :
En quelques années, le réseau a élaboré une expertise (méthodologique, pédagogique) reconnue au niveau national et communautaire européen. Des projets promouvant l’emploi et l’insertion sociale sont ainsi co-financés par le Fonds Social Européen. Le réseau des Ressourceries organise toute l’année des journées d’animations et d’expertises portant sur différents thèmes : sensibilisation à l’éco-citoyenneté, présentation des techniques de récupération des encombrants (des ménages et des entreprises), du traitement des déchets, des actions de formation, des moyens de communication disponibles, etc.
Parmi les outils proposés, des catalogues dédiés aux formations et services sont téléchargeables gratuitement sur le site du réseau. Par ailleurs, il suffit de cliquer sur une carte des régions pour obtenir la liste des ateliers de réemploi et des centres de collecte affiliés.
Pour en savoir plus : http://www.ressourcerie.fr/ Enquête : bricoler malin pour éviter les pertes
  • Petit ou gros électroménager, jouets… dans les Repair Café de France ou d’ailleurs, comme ici à Liège, rien ne se jette, tout se répare. On procède dans la bonne humeur, avec l’entraide comme maître mot.
Enquête : bricoler malin pour éviter les pertes
  • Sur le mode de l’atelier volant participatif, les bénévoles de l’association grenobloise "Les Déraillées" conseillent et initient à l’autoréparation les amateurs de petite reine. Programmées à l’avance, les rencontres se font dans les parcs, sur les places ou sur les terrasses de café.
Enquête : bricoler malin pour éviter les pertes
  • L’association "Compagnons Bâtisseurs" organise des ateliers bricolage, encadrés par des pros du bâtiment, ouverts à tous et gratuits. Elle propose aussi des actions d’accompagnement de travaux de décoration et d’aménagement à domicile.
Enquête : bricoler malin pour éviter les pertes
  • L’espace "ICI Montreuil" s’est ouvert en 2013 dans une ancienne usine de matériel électrique. Moyennant un prix d’inscription, on peut y suivre des ateliers de fabrication de meubles do it yourself (faites-le vous-même) animés par des menuisiers ébénistes.

Du livre à l’outil

Enquête : bricoler malin pour éviter les pertes Encore peu connues, les outilthèques/bricothèques fonctionnent sur le principe des bibliothèques et médiathèques communales. En échange d’une cotisation modique (5 à 8 € en moyenne), il est possible d’emprunter pour quelques jours le matériel nécessaire au petit bricolage, à la décoration ou à la rénovation. Ce service est offert par de nombreuses associations. Chacun peut en bénéficier à condition de présenter le minimum de garantie demandé. Enquête : bricoler malin pour éviter les pertes À découvrir également, ce guide très pratique pour qui souhaite se lancer dans des travaux.
Au sommaire : techniques de base, revêtements intérieurs, électricité, éclairage et domotique, sanitaire et plomberie... Tous les domaines du bricolage y sont expliqués en détail et les gestes clés décomposés étape par étape.
L’Essentiel du Bricolage, 578 pages de conseils et de pas à pas. Éditions Fleurus Mango. 24,95 €.
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