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Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Quantité de produits utilisés en bricolage peuvent être dangereux pour leurs utilisateurs ou l’environnement. Revue de détail des quelques règles simples à observer pour utiliser ces produits toxiques en toute sécurité.

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Décaper un meuble, dégraisser une pièce mécanique, déboucher une canalisation, traiter des arbustes, peindre au pistolet… Les occasions de manipuler des produits à risque ne manquent pas. Au premier rang, on trouve les solvants, les produits caustiques et certains gaz. S’y ajoutent d’autres substances qui, sans forcément présenter de danger direct, peuvent déclencher une réaction chimique, un incendie ou être néfastes pour l’environnement.

Les traitements phytosanitaires (pour vergers, désherbants pour gazon…) doivent aussi être manipulés avec précaution. En lisant les mentions qui figurent sur leur emballage, on apprend notamment qu’ils doivent être conservés hors de portée des enfants et des animaux domestiques… Et à l’écart de toute nourriture. Il faut par ailleurs éviter de boire, manger ou fumer en les manipulant, et ne pas oublier de se laver les mains après s’en être servi. Même chose pour les raticides, taupicides, anti-limaces… qui sont clairement étiquetés « Xn-nocif »

Produits caustiques et COV

Côté bricolage proprement dit, on utilise de nombreux produits à risque, qu’il s’agisse d’acides ou de bases (produits alcalins) du type chaux vive, potasse, ammoniaque, soude, qui se retrouvent dans les déboucheurs de canalisations et les décapants. Pour leur part, les acides entrent dans la composition des détartrants. Purs ou dilués, ils servent aussi pour détacher les ciment et béton bruts ainsi que les joints de carrelage, sur le zinc en vue d’un étamage, pour abaisser le pH d’une eau de piscine (acide chlorhydrique), remplir les batteries neuves de petits véhicules à moteur (acide sulfurique), etc.

Présents dans certaines peintures, cires, vernis et décapants professionnels, ainsi que dans la plupart des colles et, bien sûr, sous forme de diluants et produits de nettoyage courants (alcool à brûler, acétone, white-spirit, essence F, détachant…), les COV (composés organiques volatils) modifient la composition chimique de l’air ambiant. Encore mal connus, leurs effets à long terme ne sont pas les moins graves puisqu’ils sont suspectés d’être à l’origine de certains cancers. Ce qui justifie largement l’emploi de produits sans COV… Enfin, il faut signaler les effets néfastes pour les poumons des poussières de ciment ou de plâtre, voire des fibres des laines minérales et de bois (durs en particulier).

Les risques indirects

Le travail du métal fait lui aussi appel aux produits potentiellement dangereux que sont certains gaz inflammables (butane, propane, Kyrène, acétylène…) ou inertes (argon, dioxyde de carbone). Ainsi, au-delà d’un certain seuil, le dioxyde de carbone (CO2) respiré est mortel. À l’inverse, l’oxygène favorise la combustion… D’autres gaz ne sont pas dangereux pour l’homme mais présentent des risques liés à leur conditionnement sous pression (argon, oxygène). Leur transport et entreposage demandent certaines précautions.

Enfin, de nombreux produits sans grand risque pour la santé (sauf en cas d’ingestion) constituent une menace pour l’environnement au même titre que les produits à risque. Principalement utilisés dans l’automobile, il s’agit des hydrocarbures non volatils (lubrifiants) et des liquides de refroidissement ou de circuits de freinage.

Traiter une charpente

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Traiter une charpente nécessite d’utiliser des produits puissants et toxiques. Une protection rigoureuse est alors nécessaire : masque à cartouche filtrante, gants, mais aussi manches longues…

Choisir un masque adapté

Autres risques, ceux liés à l’inhalation de solvants. S’il n’y a pas grand-chose à redouter d’un détachant que l’on utilise pendant quelques minutes, repeindre toute une pièce ou traiter une charpente avec un produit solvanté implique une exposition de plusieurs heures aux COV, pouvant induire somnolence, vertiges, nausées, maux de tête, voire irritation des muqueuses ou du système pulmonaire. L’emploi de produits sans COV est donc recommandé, et si ce n’est pas possible, le recours à des protections efficaces est indispensable. Ces dernières sont tout aussi nécessaires face aux poussières et particules fines (plâtre, ciment). Mais attention, un masque n’est pas forcément conçu pour protéger de tous les gaz et vapeurs toxiques : il faut donc le choisir en fonction des substances auxquelles on s’expose.

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Antiallergique, la coque en caoutchouc de ce demi-masque reçoit des cartouches filtrantes interchangeables (EN 141). Franpin, à partir de 54 €.

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Incolores et utilisables seules, ces lunettes conviennent aussi aux porteurs de verres correcteurs. Certifiée EN 166, elles protègent des éclaboussures et des chocs mécaniques. Wolfcraft, 7 €.

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Ce demi-masque et ses cartouches (EN 141) protègent des vapeurs de peinture, colle, essence, matériaux stratifiés et composites. Ces filtres (FFP2) arrêtent les particules solides à faible toxicité (cuivre, Inox, aluminium, titane). 3M 6000 et 3M 6051, 32,90 €.

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 Différentes cartouches a` choisir selon ses besoins (ici des modèles pour pulvérisation chimique) sont acceptées par ce demi-masque (EN 140). 3M 6000 et 6003, 22,90 et 16,90 €.

Toujours protéger ses mains

Tous ces produits ont des effets plus ou moins graves. Les plus bénins surviennent en général par contact avec la peau : dessèchement, gerçures, démangeaisons, irritations… Ces symptômes ne sont pas à prendre à la légère car selon les produits et leur concentration, certains peuvent annoncer des brûlures plus sérieuses. En outre, des manifestations bénignes sur la peau sont toujours beaucoup plus graves sur les muqueuses (yeux, nez, bouche). Sans parler évidemment des conséquences d’une absorption… D’où les précautions à prendre lors du stockage et des manipulations. Pour résister aux acides, bases, solvants et autres produits chimiques,

Les gants EN 374 sont composés de nitrile, PVC, latex, polyuréthane (PU), acétate de polyvinyle (PVA)… Ces substances sont généralement appliquées sous forme d’enduction sur toute la surface des gants en coton ou polyamide. Certifiés EN 388 (protection contre les risques mécaniques), ces gants résistent également à l’abrasion et aux perforations.

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

En fils de polyamide tricotés, ces gants ont reçu une enduction souple à base de nitrile sur la paume et au bout des doigts pour faciliter la manipulation de pièces grasses. EN 420 + résistance à la déchirure : niveau 3/4 (selon EN 388). Longueur 25 cm. Tailles : 7 à 10. Rostaing, 3,75 €.

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Sans silicone ni latex naturel, ces gants en néoprène protègent des produits chimiques et micro-organismes ainsi que des risques mécaniques et de la chaleur (jusqu’à 100°C). CE cat. 3, EN 374 (ACKL), EN 388 et 407. Longueur 35,5 cm. Tailles : 7 à 11,5. Stanzoil, Mapa, 11,72 €.

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Destinés à la manipulation de solvants, produits chimiques et de traitement. Enduction nitrile (butadiène acrylonitrile latex) sur coton floqué. Certifiés EN 420, EN 374-3 (AJK) et EN 388. Longueur : 30 cm. Tailles : 7 à 10. Rostaing, 3,96 €.

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Résistant aux hydrocarbures et solvants, ce modèle pour travaux routiers en PVC sur support en coton protège aussi des huiles et acides. Bonne résistance à l’abrasion : niveau 4/4 (selon EN 388). Taille : 8,5 et 9,5. Longueur : 35 cm. Rostaing

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Hydrofuges, ces chaussures disposent d’un embout en polycarbonate et d’une semelle anti-perforation en textile technique. Ces renforts diminuent le poids (1,3 kg en 42) et les transferts thermiques (entre -10 et + 40 °C). Taille 39 à 47. Nitro S3Ci, Lemaître, 79,53 €.

Le corps et les yeux en sécurité

En coton ou coton/polyester, les blouses et les combinaisons ne font l’objet d’aucune homologation, contrairement aux vêtements de protection à usage court (jetables). Plus ou moins perméables à l’air et à la vapeur d’eau, ils sont en polypropylène non tissé. Toute combinaison de ce type comporte une cagoule et dispose de l’un des trois marquages CE (simple, intermédiaire, complexe). À chacun d’eux correspond une catégorie de risques : mineurs, intermédiaires, mortels ou invalidants. La catégorie 3 (CE complexe) distingue six niveaux de protection, classés de façon décroissante : du type 1 (imperméable au gaz) au type 6 (protection contre les particules avec protection limitée contre les projections).

En outre, il ne faut jamais sous-estimer les effets d’une réaction chimique accidentelle, par exemple, lorsque de l’eau de Javel est employée après un déboucheur chimique (ou l’inverse). La rencontre du chlore et de l’acide chlorhydrique produit un gaz hautement toxique : le dichlore (Cl2). Et dès que l’on manipule ou entrepose des produits solvantés, des hydrocarbures volatils (essences) et des gaz combustibles, les risques d’incendie ou d’explosion sont bien réels. Ajoutons à cela, l’effet multiplicateur (et destructeur) que peut avoir n’importe quel contenant sous forte pression, en cas de choc violent (accident de la route) ou d’échauffement intense (au cours d’un incendie). Et ce, même si son contenu est un gaz inerte (CO2, argon…).

Enfin, chaque fois que l’on transvase ou utilise un liquide corrosif ou un solvant, des lunettes de protection adaptées s’imposent. Incolores et enveloppantes, elles ne sont pas forcément compatibles avec des verres correcteurs. Auquel cas, un écran serre-tête ou un masque facial est une bonne alternative.

Stocker les produits

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Dans l’atelier ou le garage, stockez les produits à risques en hauteur (ou dans une armoire de préférence fermée à clé). Achetés en petite quantité, ils sont d’autant plus faciles à ranger hors de portée des enfants.

Penser à lire les emballages

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Outre les pictogrammes accompagnés de la mention du danger (C-corrosif, F-facilement inflammable, N-dangereux pour l’environnement, T-toxique, Xi-irritant, Xn-nocif, etc.), certaines indications et recommandations figurent obligatoirement sur les emballages des produits à risques. Les risques sont spécifiés par un code : R21 : nocif par contact avec la peau R35 : provoque de graves brûlures R36 : irritant pour les yeux Même chose en ce qui concerne les conseils de prudence : S1 : conserver sous clé S2 : conserver hors de portée des enfants S21 : ne pas fumer pendant l’utilisation S23 : ne pas respirer les vapeurs S24/25 : éviter le contact avec la peau et les yeux S51 : utiliser uniquement dans des zones bien ventilées S60 : éliminer le produit et son récipient comme un déchet dangereux S61 : éviter le rejet dans l’environnement

Comment se débarasser des produits toxiques

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Les déchets de produits toxiques ne peuvent être mélangés aux ordures ménagères et ne sont pas collectés avec les encombrants. Il faut donc s’en débarrasser dans un point de collecte spécialisé (magasin) ou une déchetterie. Mais il faut d’abord les entreposer dans des récipients adaptés. Les contenants en plastiques destinés à l’alimentation sont à éviter, non seulement pour éviter les confusions, mais aussi parce que ces plastiques ne supportent pas forcément le contact avec des solvants ou des produits d’origine pétrolière. Une solution parmi d’autres consiste à utiliser d’anciens pots en verre bien fermés pour transporter les résidus les plus corrosifs. Ceux qui ne craignent pas les mélanges, les hydrocarbures par exemple, peuvent être transportés dans des jerrycans de vidange. Particulièrement faciles à remplir, vous les conserverez après les avoir vidés dans la déchetterie. Ce jerrycan en PVC renforcé est spécialement conçu pour recueillir les hydrocarbures grâce à son ouverture supérieure en forme d’entonnoir. Il peut aussi accueillir divers autres produits néfastes à l’environnement, d’origine pétrolière ou chimique. Dim. : 440 x 295 x 120 mm.Capacité : 6 l. Norauto, 8,50 €.

Le transport des produits

S’il n’y a pas grand-chose à redouter d’un pot de peinture ou d’un tube de colle, les produits plus concentrés tels que les solvants et les carburants (par exemple, l’essence de la tondeuse…) exigent certaines précautions. Vous minimiserez les risques en les transportant en faibles quantités. Autre précaution, arrimez les bouteilles de gaz dans votre coffre de voiture pour éviter qu’elles ne s’entrechoquent.

Produits toxiques : les précautions à prendre pour bricoler

Depuis des années, les bouteilles des produits toxiques sont équipées de bouchons impossibles à dévisser par les enfants. Mais combien de modèles trop anciens sont encore sur nos étagères ?

Le feu : un risque toujours présent

Pour limiter les risques d’incendie, la première précaution à prendre consiste à réduire le stockage de produits inflammables. Il vaut mieux également éviter l’emploi de produits solvantés ou inflammables dans une pièce contenant un appareil de type radiant ou une chaudière. Il convient en outre de se débarrasser au plus vite des chiffons imprégnés de solvants (il existe des poubelles spéciales) et de garder un extincteur approprié à portée de main. Dans une maison, un extincteur à poudre ABC convient parfaitement. Mais il génère des résidus. Un extincteur à eau peut également convenir aux feux de type A ou B, ainsi qu’aux feux d’origine électrique (<1 000 V). Ces derniers se combattent de préférence avec un extincteur contenant du dioxyde de carbone (CO2), qui convient aussi aux feux de classe B ou C. Les extincteurs compatibles avec l’électricité sont quant à eux reconnaissables à leur pictogramme en forme d’éclair. Enfin, on peut prévoir un extincteur de type F contre les feux d’huiles et de graisses végétales ou animales (cuisine, barbecue, etc.)

Type de combustible Classes de feu Type d’extincteur
Bois, papier, carton Matériaux solides,
généralement de
nature organique,
avec formation
de braises
• Eau pulvérisée avec ou
sans additif (émulseur)
• Poudres ABC
Hydrocarbures (essence),
solvants (white-spirit),
alcools, peinture,
caoutchouc…
Liquides
ou solides
liquéfiables
• Eau pulvérisée avec additif (émulseur)
• Poudres BC et ABC
• CO2
Gaz naturel, propane, butane,
méthane, acétylène…
Gaz • Poudres BC et ABC
• CO2
Huiles et graisses Auxiliaires
de cuisson
• Poudre spéciale
(agent RC 50)

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