Le tarabiscot est un outil essentiel en ébénisterie pour usiner des moulures. Il permet de reproduire fidèlement des profils ornementaux afin de remplacer un décor endommagé, comme sur ce tiroir manquant une moulure de façade.
Le fer du tarabiscot suit naturellement le fil du bois : orientez votre travail pour que la butée se plaque contre le chant (en poussant ou en tirant, jamais les deux). Cela est crucial pour les essences dures à pores larges et fil déviant, comme le chêne.
Un fer endommagé (par un clou) ou émoussé se rectifie à la lime, tenue perpendiculairement au profil.
Ces astuces s'appliquent aussi à la création de nouveaux profils.
Simple à fabriquer, le tarabiscot est aisé à utiliser, mais exige de l'effort physique. Il n'est pas conçu pour la production en série, mais excelle dans les réparations minutieuses de moulures fines. Il se compose d'un fer fixé à l'extrémité d'un manche en bois.
Le fer provient souvent d'une lame de scie usagée : une matière économique et facile à façonner avec des limes fines de qualité.
Les bois denses (buis, if, acajou...) conviennent idéalement pour des cannelures et détails fins, avec un fer bien affûté, dans ou contre le fil. Le sapin, chêne ou bois fruitiers donnent de bons résultats, perfectionnés par un léger ponçage.
Évoquant un ancien pistolet, tenez fermement le tarabiscot. Le guidage longitudinal repose sur le contact de la "crosse" contre le bois. Le dessous du "canon" sert de butée de profondeur après réglage du fer, qui doit affleurer le manche.
Attaquez dans le sens du fil, outil légèrement incliné. Appliquez une pression modérée : le fer mord le bois, révélant progressivement les cannelures après quelques passages.
Redressez progressivement le fer au fur et à mesure, jusqu'à la perpendicularité.
Un redressement prématuré provoque des ondulations ou crêtes ; corrigez l'inclinaison à temps pour les effacer avec des mouvements amples.
Quand les passes ne produisent plus de copeaux et que l'outil glisse, l'usinage est achevé. Pour une moulure rapportée, délinez l'épaisseur à la scie fine ou circulaire sur table, poncez avant pose.
Plus précise que le peigne à copier, la pâte à modeler relève fidèlement le profil. Saupoudrez de talc pour un démoulage facile.
Tranchez perpendiculairement l'empreinte au cutter pour obtenir deux faces planes. Utilisez une lame neuve pour éviter la déformation.
Durcissez l'empreinte 1 heure au congélateur. Tracez son profil sur le fer avec un feutre indélébile dans les minutes suivantes.
Dégrossissez au touret, finissez à la lime douce. Serrez le fer près du tracé dans l'étau pour minimiser les vibrations ; limez perpendiculairement.
Posé à cheval sur la moulure, vérifiez à contre-jour les ajustements nécessaires à la lime pour une coïncidence parfaite.
Fixez le fer dans la fente du manche par deux vis aux trous proches ; réglez hauteur et position avant de serrer les écrous.
Poussez ou tirez en plaquant la crosse contre la planche. Inclinez pour démarrer, redressez progressivement.
Pour peinture, tout bois convient. Pour vernis ou cire, utilisez la même essence que l'original.