Pionnière de l'architecture durable, Françoise-Hélène Jourda se distingue par son engagement exemplaire. Auteure du Petit Manuel de la Conception Durable, elle partage avec Système D ses insights sur l'habitat écologique et les énergies renouvelables.
Aujourd'hui, il est tout à fait feasible de construire des bâtiments à faible impact environnemental. Les technologies existent ; il suffit de les combiner avec ambition. Il faut réparer nos villes, restaurer les équilibres naturels. De nombreuses solutions techniques sont disponibles, avec des expérimentations en cours. On peut déjà bâtir différemment, en ville comme à la campagne, des habitats fonctionnels et agréables à vivre. L'action et la pédagogie sont essentielles pour changer les mentalités.
Absolument, à long terme. La facture énergétique chute rapidement : de 240 à 40 kWh/m²/an grâce à des panneaux solaires et un chauffage écologique. Ces investissements se rentabilisent en une douzaine d'années, surtout avec la hausse prévue de 30 % des prix de l'énergie. Si la maison produit un surplus, EDF rachète l'électricité à un tarif deux à trois fois supérieur au prix d'achat.
Le défi réside souvent dans la distinction locataire/propriétaire. Ce dernier investit plus volontiers, d'où les incitations fiscales pour les locations.
Environ six ans en moyenne, selon la taille du projet. Cela peut varier.
Non, mais il transcende les modes passagères comme la transparence excessive des années 1990 ou la déconstruction des années 2000. L'esthétique d'aujourd'hui privilégie le confort, le respect de l'usager et du vivant. La qualité de vie et le lien à l'environnement priment sur la mode ou le profit. L'écologie est une nouvelle culture architecturale, faisant de la maison un cocon de bien-être.
Le minimum : bâtiment basse consommation (BBC), selon les normes 2012 puis 2020. Mais il faut viser plus haut. Considérer l'énergie grise (fabrication des matériaux, transport) qui représente un tiers de l'énergie totale. Repenser tout le processus avec des matériaux alternatifs pour préserver la planète.
Oui, car il forme la ville. Il faut le soigner : énergie, confort, santé. Améliorer la qualité de l'air via ventilation nocturne. Protéger l'enveloppe du bâtiment contre intempéries et variations thermiques. L'isolation extérieure est idéale, surtout pour une population vieillissante. Pour les immeubles haussmanniens, d'autres solutions s'imposent.
Seulement 4 % des bâtiments sont de qualité environnementale. Les années 1960 posent problème, mais c'est une opportunité de requalification. Le patrimoine architectural ne concerne qu'une minorité.
Priorité aux ouvertures : double ou simple vitrage au sud/ouest pour gains solaires ; triple vitrage et rupture de pont thermique au nord/est. Puis toiture, façades, et changer le chauffage. Panneaux solaires couvrent 40-50 % des besoins en eau chaude.
Renouvelables, sains : bois massif/contreplaqué ; isolants comme laines animales, chanvre, paille, plumes de canard, cellulose. Toujours certifiés (Acermi, Acotherm).
Peu d'impact énergétique (terre = 10 cm d'isolant pour 30 cm), mais évitent surchauffe, absorbent pluie/CO2, améliorent humidité et esthétique urbaine.
80 % de la population urbaine d'ici 15 ans. Stopper les mégapoles ; favoriser villes de 1-2 millions d'habitants pour qualité de vie et proximité nature.
Oui, désir collectif fort. Volonté des investisseurs, mal-vivre urbain pousse au changement. Pédagogie urgente contre greenwashing.
Greenwashing sensibilise malgré tout. Responsabilité personnelle clé : ne pas faire confiance aveuglément.
Architecte DPLG (1979), dirige son agence à Paris. Chaire d'architecture durable à l'Université technique de Vienne depuis 1999. Projets collectifs et résidentiels en France/Europe.
Ce guide accompagne tout projet de construction, de la choix du site à la conception.
"Petit manuel de la conception durable" par Françoise-Hélène Jourda. Archibook + Sautereau. 90 pages. 13,90 €.
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