FRFAM.COM >> Famille >> En plein air >> Remises

Monter une gloriette façon kiosque

Rien de tel qu’une gloriette pour disposer d’un espace ombragé et pour se protéger des orages intempestifs sans devoir tout ranger en urgence !

Monter une gloriette façon kiosque

Réalisation : 2 semaines
Coût : 1 500 à 2 000 € (bois compris)
Équipement mini : raboteuse-dégauchisseuse (si le bois est acheté brut de sciage), perceuse, scies circulaire et sauteuse, défonceuse, éventuellement rabot électrique et ponceuse à bande…

Voir le plan de cette réalisation (en pdf) : Une gloriette façon kiosque : le plan

Une gloriette sinon rien !

Une gloriette, une vraie ! Rien de commun avec les éphémères tentes en bâche plastique qui fleurissent au printemps ! Pour réaliser la sienne, Christian Carbain a bénéficié de pins douglas achetés après la tempête de 1999. La vieille scie à grumes de son beau-père a été fortement mise à contribution, tout comme l’ont été ses frères, et même ses enfants, pour le montage. Bel exemple de collaboration familiale.

Une charpente originale

De forme hexagonale, la gloriette est supportée par six poteaux de forte section, reliés par une ceinture de six pannes sablières. La liaison est renforcée par douze liens disposés à 45° de part et d’autre de chaque poteau. La toiture est soutenue par six fermes analogues à celles équipant habituellement les auvents : dépourvues d’entrait, elles se résument à un arbalétrier, un montant et une contrefiche. Le poinçon, de section hexagonale, ne fait pas partie intégrante des fermes ; il est conçu comme un support autour duquel elles rayonnent, boulonnées par leur montant. Ses deux extrémités sont taillées en pointe de diamant à six faces, un impératif au sommet (pour permettre la jonction des panneaux de couverture) mais un simple ornement à la base, en outre agrémenté d’une rainure périphérique.

Les assemblages, originaux mais pertinentsLes pannes sont assemblées à mi-bois et disposées en alternance entailles dessus/entailles dessous. Compte tenu de la forme en hexagone, ces entailles ne sont pas d’équerre, mais inclinées à 60° (les deux extrémités à angles opposés). Le sommet des poteaux est largement échancré pour recevoir ces pannes.

Les liens sont assemblés à tenon et mortaise. Si les pannes sont mortaisées en conséquence, la liaison aux poteaux est spécifique : faute d’outillage pour usiner des mortaises inclinées dans d’aussi fortes pièces, notre lecteur les a reportées dans des supports tirefonnés de part et d’autre des poteaux. D’où le surnom de « poteaux à oreilles » imaginé par les enfants de Christian Carbain. Les fermes sont assemblées par un système ordinaire de tenons et mortaises ordinaires, taillés dans la masse aux angles appropriés. Tous ces assemblages sont chevillés.

Les montants des fermes sont boulonnés sur les faces correspondantes du poinçon par paires opposées, avec quatre fortes tiges filetées par liaison. Les perçages sont décalés en hauteur d’une paire à l’autre pour permettre le croisement des tiges. L’extrémité basse des arbalétriers comporte deux décrochements  : ils permettent l’immobilisation sur le poteau entaillé à cet effet. Cet assemblage est sécurisé par un tire-fond.

Couverture et finitions

Des pannes intermédiaires ont été ajoutées après coup. Notre lecteur a alors entaillé les arbalétriers sur 12 mm de profondeur. Les éléments complémentaires y sont emboîtés et vissés. De même, les chevrons sont vissés aux arbalétriers. constituée de lames de frisette clouées sur les chevrons, la volige donne une sous-face agréable à l’œil. Elle est renforcée par des panneaux de contreplaqué hydrofuge de 8 mm vissés par-dessus.

Le tout reçoit une couverture en bardeaux d’asphalte (shingles). L’alternance de bardeaux de deux nuances de vert crée un motif en chevrons dont l’effet est des plus réussis. La gloriette ne reçoit ni planches de rives ni gouttières.

Côté finitions, les pièces de charpente et les lames de frisette ont été vernies par avance à l’atelier, garantissant une application parfaite. Suprême détail, les têtes des boulons et les écrous sont dissimulés sous des cabochons en bois. pour rappeler la forme de l’ensemble, ils sont taillés en hexagone à la ponceuse à bande.

Bien préparer le terrain

Malgré l’emploi de bardeaux, cette construction reste lourde. Pas question donc d’en improviser les fondations. Deux possibilités : couler un plot de béton sous chaque poteau pour laisser le sol apparent ou l’habiller en dur. Notre lecteur a opté pour une dalle de béton couvrant toute la surface. Les travaux commencent donc par le décaissement du terrain sur environ 20 cm. L’hexagone se prolonge en une allée reliant la nouvelle construction à la maison. Après la mise en place des planches de coffrage, le hérisson est réalisé avec des matériaux de démolition : mélange de parpaings et de briques.

La dalle de béton est coulée en ménageant des réserves à l’endroit des futurs poteaux. Ces derniers y seront scellés au moyen de platines métalliques noyées dans le ciment après montage de la charpente. L’allée est habillée de pavés autobloquants. Son extrémité opposée rejoint la terrasse de la maison par un escalier dont les limons sont coulés en béton (les marches sont taillées dans des  lames de bois autoclavé). Une gaine passée sous l’allée et dans le hérisson amène l’électricité à la gloriette : elle ressort à la base de l’un des poteaux.

Usinages à l’atelier : patience requise

Les bois sont préparés avec une antique scie à grumes. La vieille raboteuse-dégauchisseuse de notre lecteur, d’un poids conséquent, est parfaite pour dresser les fortes pièces de cette charpente. Le poinçon est tiré d’une section de 250 x 250 ; une scie circulaire inclinée à 30° permet d’en tailler les faces ensuite affinées à la dégauchisseuse à l’aide d’un gabarit en carton.

Les tenons (contrefiches, liens, sommet des arbalétriers) ne sont pas à angle droit. À défaut d’une toupie avec chariot à tenonner, ils peuvent être taillés traditionnellement à la scie et ajustés au rabot. Il est également possible de tenonner avec un gabarit (similaire à celui présenté dans la fiche bois de ce numéro). La seule adaptation nécessaire est d’incliner le guide à l’angle adéquat au lieu de le placer d’équerre. À moins de fabriquer deux gabarits, les mêmes faces de tous les tenons identiques sont d’abord usinées. Puis l’angle du guide est renversé pour usiner les faces opposées.

Toutes les mortaises sont droites : en effet, celles des poteaux sont reportées dans les supports vissés. un usinage à la défonceuse, à la perceuse ou à la main est donc aisé à défaut de mortaiseuse. Les supports sont de préférence usinés dans une seule pièce de bois : mortaisage sur la pièce entière, taille du chanfrein à la scie circulaire inclinée à 60°. Et pour finir, tronçonnage en éléments multiples. Les supports sont immédiatement tirefonnés aux poteaux.

Les diverses entailles et mises en forme (sommet des poteaux, pointes de diamant du poinçon, extrémités des montants, encoches de la base des arbalétriers) sont réalisées selon les cas à la scie circulaire ou à la scie sauteuse (ou encore en combinant les deux) voire à la scie à ruban. trop profondes pour la défonceuse, les entailles des pannes peuvent être obtenues par une série de coupes parallèles à la scie circulaire, en éliminant le rebut au ciseau. Il est alors judicieux de fabriquer un té à 60° pour guider efficacement la scie. usinés à l’avance (profitez de l’expérience de notre lecteur !), les logements des pannes intermédiaires dans les arbalétriers sont creusés à la défonceuse.

Le montage de la charpente

Opération lourde, l’assemblage sur le terrain requiert plusieurs personnes. Les poteaux sont mis en place en premier et étayés. Leur positionnement est précis : à défaut, les pannes ne s’emboîteraient pas. Une fois les liens installés et chevillés, les étais peuvent être déposés.

Les fermes sont assemblées au sol. La mise en place des deux premières est délicate : il faut en hisser une, la maintenir au sommet du poteau, l’étayer provisoirement, présenter le poinçon et le positionner avec deux tiges filetées (munies d’une rondelle et d’un écrou). Il faut alors amener la ferme opposée, l’engager à l’autre extrémité des tiges, et enfin visser deux autres écrous avec rondelles. Autant dire que chaque paire de bras compte. La pose des deux autres tiges filetées, puis l’ajout des deux autres paires de fermes semblent ensuite une aimable plaisanterie.

Les finitions

Les pannes intermédiaires sont coupées à longueur puis emboîtées et vissées dans leur logement. Les chevrons sont recoupés à la demande et vissés (ou cloués) en commençant par les chevrons d’arêtiers. L’entraxe doit être régulier, n’oublions pas que les chevrons resteront visibles par-dessous.

Posées à partir du bas, les lames de volige sont, elles aussi, recoupées à la demande. Les raccords en bout sont de préférence dissimulés sur un chevron, mais ce n’est pas impératif. La manutention du contreplaqué hydrofuge, plus mince que d’ordinaire en raison de la présence de la frisette, est aisée. Pour poser les bardeaux, il faut commencer au milieu de chaque face pour s’assurer de la symétrie du motif. Les bardeaux d’arêtier respectent le contraste de couleurs. Si, comme notre lecteur, vous ne posez ni rives ni gouttières, le montage de la gloriette est terminé. Il reste à installer le réseau électrique et à carreler la dalle. 

La fabrication de la charpente

Monter une gloriette façon kiosque

L’un des membres de la famille possède une scie à grumes : un gros avantage pour le budget de cette réalisation. L’antique machine n’est plus aux normes. Il faut rester vigilant.

Raboteuse-dégauchisseuse

Monter une gloriette façon kiosque

La raboteuse-dégauchisseuse de notre lecteur n’est pas plus aux normes que la scie. Mais sa robustesse à toute épreuve lui permet d’accepter poteaux et poutres.

Fabriquer des gabarits

Monter une gloriette façon kiosque

Les grandes pièces sont délicates à manipuler pour tailler les assemblages. Il peut être judicieux de fabriquer des gabarits pour les usiner en série, notamment à la défonceuse.

Vernir les pièces

Monter une gloriette façon kiosque

La charpente, les chevrons et les lames de la volige sont vernis à l’avance, en atelier. Les assemblages ne seront pas collés, ce qui évite les coulures et leur conséquence mécanique.

Délimiter et décaisser l'emplacement de la gloriette

Monter une gloriette façon kiosque

L’emplacement de la future gloriette est délimité avec des piquets et des cordeaux. Il est ensuite décaissé à la pelle et à l’huile de coude. Une bonne occasion de mettre les enfants à contribution.

Constituer le hérisson

Monter une gloriette façon kiosque

Après délimitation précise de la périphérie avec des planches à coffrage calées de niveau, le fond de fouille est rempli de gravats provenant d’une démolition : ils constitueront le hérisson.

Gâcher la dalle à la bétonnière

Monter une gloriette façon kiosque

Le volume de béton ne justifiant pas la livraison par toupie, la dalle est gâchée à la bétonnière. Comme toujours en pareil cas, une équipe de proches est réquisitionnée pour mener à bien le chantier.

Emplacements pour fixation des poteaux

Monter une gloriette façon kiosque

Des réservations pour la fixation des poteaux ont été ménagées aux six angles de la dalle. la gaine d’arrivée du câble d’alimentation électrique passe par l’une d’elles.

Chemin en pavés autobloquants

Monter une gloriette façon kiosque

La dalle de la gloriette se prolonge par une allée recouverte de pavés autobloquants. Ce chemin relie la nouvelle construction à la maison, via la terrasse et un escalier construit simultanément.

Poser les poteaux

Monter une gloriette façon kiosque

Le montage de la charpente commence par la pose des poteaux, soigneusement calés de niveau et à la verticale. Idée originale, l’étayage est notamment assuré par de grands panneaux d’aggloméré.

Poser les sablières

Monter une gloriette façon kiosque

La construction se poursuit par la pose des sablières, assemblées à mi-bois au sommet des poteaux. Plusieurs personnes et une batterie d’escabeaux sont requis pour hisser ces lourdes pièces.

Emboîter les tenons des liens

Monter une gloriette façon kiosque

Les supports des liens ont été tirefonnés aux poteaux à l’avance, puis vernis en même temps. Il est donc nécessaire de soulever à nouveau les pannes pour emboîter les tenons des liens.

Poser fermes et poinçon

Monter une gloriette façon kiosque

La pose des deux premières fermes et du poinçon est le moment délicat de l’installation. Une ferme est hissée et approximativement calée à l’aide d’un étai bridé par un serre-joint. Le poinçon est alors présenté et deux des tiges filetées engagées. La seconde ferme est hissée à l’opposé, et embrochée sur les tiges qui sont ensuite boulonnées. L’ensemble tient désormais en place.

Maintenir les fermes

Monter une gloriette façon kiosque

Installer les fermes suivantes est plus aisé. Chaque paire opposée est maintenue par quatre tiges filetées. Celles-ci ne devant pas se croiser, les perçages sont décalés en hauteur sur trois niveaux.

Mettre les chevrons en place

Monter une gloriette façon kiosque

La mise en place des chevrons requiert le complément de six pannes intermédiaires. De moindre section, elles sont posées à mi-longueur des arbalétriers. Les chevrons sont mis à longueur à la demande.

Lames de frisette en guise de volige

Monter une gloriette façon kiosque

En guise de volige, notre lecteur utilise des lames de frisette, doublées par du contreplaqué hydrofuge. Sa méthode permet d’obtenir une sous-face esthétiquement satisfaisante.

Poser la couverture

Monter une gloriette façon kiosque

La pose d’une couverture en bardeaux d’asphalte est en général une opération simple. Elle est ici – légèrement – compliquée par un jeu de deux couleurs, mais le résultat en vaut la peine.

Les finitions

Monter une gloriette façon kiosque

Tous les éléments ayant été vernis à l’avance, la sous-face de la charpente est superbe. Petit détail pour la parfaire : des bouchons hexagonaux viennent masquer les écrous sur le poinçon.

Éclairages intérieur et extérieur

Monter une gloriette façon kiosque

Les poteaux supportent les éclairages intérieurs et extérieurs. Notre lecteur n’a pas jugé utile d’installer des gouttières. L’extrémité des chevrons reste apparente, sans planches de rive.

Au nom de la loi !

Les dimensions de cette gloriette imposent une demande de permis de construire. En réduisant le côté de l’hexagone à 2,75 m, sa surface descend sous le seuil des 20 m2 : une simple autorisation de travaux suffit alors.


[]