Trop de personnes se sentent malheureuses et insatisfaites dans notre société moderne, accélérée par des modes de vie effrénés.
Selon une étude sur l'isolement social en Amérique, on observe une hausse de l'impuissance, du désespoir, de la passivité, de l'ennui, de la peur, de l'isolement (notez-le, écrivains et solopreneurs) et de la déshumanisation.
En clair, cette course incessante nous épuise. Nous sommes surchargés, distraits, stressés, irritables et vulnérables aux troubles mentaux graves.
En 2011, un rapport des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) aux États-Unis révélait une augmentation de 400 % de l'usage d'antidépresseurs depuis 1994.
Même dans les relations personnelles, six couples sur dix se disent « mécontents » de leur union.
Face à cette crise, les neuroscientifiques explorent les mécanismes d'une spirale positive de bonheur et de bien-être.
Personne ne naît avec une predisposition au bonheur innée, mais la science cérébrale prouve que nous pouvons tous cultiver sens, satisfaction et joie dans notre vie.
Voici cinq stratégies validées par les neuroscientifiques pour redevenir vraiment heureux :
Trop souvent, nous oublions d'apprécier les bénédictions quotidiennes : famille, travail épanouissant, simple fait d'être en vie.
Alex Korb, Ph.D., neuroscientifique à l'UCLA, explique dans son livre The Upward Spiral : Using Neuroscience to Reverse the Course of Depression, One Small Change at a Time : « Les bénéfices de la gratitude débutent avec le système dopaminergique, car elle active la région du tronc cérébral productrice de dopamine. » La dopamine, avec l'ocytocine, la sérotonine et les endorphines, est un pilier du bonheur.
Même dans l'adversité, l'acte de chercher de quoi être reconnaissant suffit. Korb précise : la recherche active des bienfaits dope la dopamine et la sérotonine.
Exprimez régulièrement votre gratitude et savourez les petites joies : l'odeur d'une fleur ou le rire d'un enfant procurent plus de bonheur que les luxes matériels.
Améliorer votre humeur peut être aussi simple que nommer une émotion perturbante. Korb note : « L'étiquetage émotionnel est une forme de régulation émotionnelle distancée. »
Kevin Ochsner, professeur de psychologie à Columbia, confirme : supprimer une émotion négative échoue souvent et l'amplifie, excitant le système limbique.
Si vous vous sentez mal, nommez-le : « nerveux », « frustré », « triste », « en colère » ou « ennuyé ». Cette simple étiquette réduit l'intensité émotionnelle.
Prenez des décisions : cela donne au cerveau un sentiment de contrôle et de repos, réduisant le stress et boostant l'humeur. Des études cérébrales montrent que décider et atteindre un objectif procure plus de plaisir que la chance.
Lire par obligation n'apporte aucun plaisir dopaminergique. Décidez volontairement de lire pour le plaisir : cela enrichit le cerveau et motive.
Optez pour des choix « assez bons » plutôt que parfaits : cela active les zones préfrontales dorsolatérales, renforçant le contrôle, selon Korb.
Entretenez des échanges chaleureux avec proches, collègues et inconnus. La qualité des relations est clé pour le bonheur cérébral. Le contact physique amplifie cela.
Korb explique : « Le toucher sociable – poignées de main, accolades – libère de l'ocytocine, diminuant le cortisol et augmentant la dopamine et la sérotonine. »
Les câlins longs réduisent la réactivité de l'amygdale, centre émotionnel. Cinq câlins par jour sur quatre semaines boostent significativement le bonheur, selon des études.
Donner augmente le bien-être plus que garder pour soi, prouvé par les neurosciences.
Jordan Grafman (NIH) montre via IRM que les centres du plaisir s'activent en voyant un don à une œuvre comme en recevant de l'argent.
Elizabeth Dunn (UBC) : des participants dépensant pour autrui se sentent plus heureux que ceux dépensant pour eux.
Lara Aknin (UBC) : même des enfants de 2 ans sont plus heureux en donnant des bonbons qu'en recevant. Donnez généreusement : cela revient multiplié.
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