De nombreux professionnels ressentent un malaise familier sans savoir qu'il porte un nom : le syndrome de l'imposteur. Ce phénomène courant touche plus de personnes que l'on ne le pense.
Depuis le début de la pandémie de Covid-19, nos rapports au travail ont profondément évolué. Entrepreneurs, dirigeants et salariés font souvent face à un doute de soi amplifié, accompagné d'un sentiment de vide et d'isolement.
Le télétravail, les confinements répétés, l'isolement social et les incertitudes économiques ont impacté non seulement notre santé mentale, mais aussi la culture d'entreprise, les liens sociaux et l'engagement général au travail.
Vous arrive-t-il de vous installer à votre bureau le matin en pensant : « Que fais-je ici ? Je ne mérite pas cette place. Suis-je un imposteur ? » Avez-vous déjà douté de vos compétences face à votre carrière ?
Si oui, sachez que vous n'êtes pas seul. Selon des études, plus de 62 % des adultes britanniques ont vécu ce syndrome de l'imposteur.
Mais de quoi s'agit-il exactement ?
Le syndrome de l'imposteur se manifeste par la conviction que ses succès sont dus à la chance plutôt qu'à ses compétences et talents réels.
Bien qu'il ne soit pas classé comme un trouble psychiatrique, ce problème de santé comportementale gagne en prévalence, altérant les performances professionnelles et favorisant le burn-out.
Identifié pour la première fois en 1978 par Pauline Rose Clance et Suzanne Imes dans un article de psychologie, il était initialement associé aux femmes. Des recherches ultérieures ont toutefois montré qu'il touche aussi les hommes, comme l'indique la statistique citée.
Les individus le vivent différemment, selon leur personnalité et leur contexte.
Examinons les principaux types de personnalités concernées, avant d'explorer des stratégies éprouvées pour le combattre et retrouver confiance et assurance au quotidien.
Ces individus se surchargent jusqu'à l'épuisement pour prouver leur valeur. Le succès est leur seul étalon ; l'échec les angoisse profondément.
Ils refusent toute aide, la percevant comme un aveu de faiblesse et une confirmation de leur imposture.
Habitués au succès facile, ils doutent d'eux dès qu'une tâche les challenge.
Ils accumulent les connaissances par peur de l'ignorance. Ils évitent les risques et les responsabilités hors de leur domaine maîtrisé.
Pour eux, seul le sans-faute compte. La moindre imperfection est vécue comme un échec total.
Les causes varient : 38 % l'attribuent au doute de soi, 23 % à la critique, 20 % à la demande d'aide, 16 % à la comparaison avec les collègues, et 15 % à un manque de clarté sur les attentes.
Voici cinq stratégies efficaces pour le surmonter :
Exprimez vos ressentis. Plus de 60 % des Britanniques partagent cette expérience. Un problème partagé est un problème allégé.
Personne n'est infaillible. Sortir de sa zone de confort est essentiel pour progresser. Osez demander de l'aide sans culpabiliser.
Prenez du recul pour reconnaître vos accomplissements, surtout si vous êtes perfectionniste. Félicitez-vous !
Comme un sportif avant une finale, imaginez la victoire finale plutôt que les obstacles. Focalisez-vous sur la gloire.
Les grands leaders comme Winston Churchill ou Bill Gates ont toujours s'appuyé sur des équipes. Chercher du soutien démontre intelligence et ouverture d'esprit.
Le professeur Sir Cary Cooper, expert en psychologie organisationnelle, alerte sur l'impact néfaste du syndrome sur les performances. Il conseille : « Votre poste actuel n'est presque jamais dû à la seule chance. Croyez en vous. »
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