Moins de 5 % des voitures et camions légers en circulation aux États-Unis fonctionnent au diesel. À l'inverse, en Europe, plus de la moitié des véhicules de tourisme roulent au diesel. Cet écart interroge sur les spécificités de cette technologie éprouvée.
Inventé à la fin du XIXe siècle par Rudolf Diesel, né à Paris mais ayant développé son invention en Allemagne, le moteur diesel se distingue des moteurs à essence par son principe de combustion. Contrairement aux moteurs à essence, qui utilisent des bougies d'allumage pour enflammer un mélange air-carburant, le diesel comprime l'air dans la chambre de combustion jusqu'à le chauffer à plus de 500 °C. L'injection de gazole déclenche alors l'auto-allumage. Ce processus offre une efficacité thermique de 25 à 35 % supérieure, traduisant une consommation réduite : une berline diesel peut ainsi dépasser 20 km/l, surpassant largement les modèles essence équivalents.
Outre une meilleure économie de carburant, les moteurs diesel affichent une longévité deux fois supérieure aux moteurs essence, grâce aux propriétés lubrifiantes naturelles du gazole qui limitent l'usure. C'est pourquoi ils équipent la majorité des camions lourds et de nombreux groupes électrogènes.
Les diesels modernes polluent moins par kilomètre que les essence, grâce à des technologies avancées (filtres à particules, SCR) qui ont éliminé les fumées noires emblématiques. Ils émettent toutefois plus de NOx et de particules fines. Pour les courts trajets urbains, l'essence reste préférable ; pour les longs parcours autoroutiers, le diesel est plus écologique.
Les améliorations technologiques ont aussi résolu le point faible historique : l'accélération. Les diesels actuels atteignent 0 à 100 km/h en un temps comparable aux essence.
Aux États-Unis, le diesel reste marginal sur le marché des voitures particulières pour des raisons économiques : coûts de fabrication plus élevés (prime d'au moins 2 000 $), entretien onéreux, assurances plus chères et prix du gazole supérieur malgré un raffinage simplifié. Les taxes fédérales y sont aussi 25 % plus élevées (24,4 cents/gallon contre 18,4 pour l'essence). En Europe, ces facteurs sont compensés par des incitations et une culture diesel ancrée.
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