J'utilise des logiciels libres et open source sur mon ordinateur depuis des années. Ces derniers temps, je m'efforce d'adopter exclusivement des solutions libres. J'ai rédigé un guide détaillé sur mes expériences et comment aller plus loin.
Cependant, certains aspects de mon système ne sont pas entièrement ouverts. La carte Wi-Fi de mon ordinateur portable nécessite un blob binaire propriétaire intégré au noyau Linux. Pour d'autres, il s'agit d'applications propriétaires essentielles pour des tâches non couvertes par les alternatives libres.
Cela ne remet pas en cause la qualité des logiciels libres, que je préfère toujours. Mais tant qu'aucune solution open source ne répond à tous les besoins, des lacunes persistent. Si vous envisagez de migrer vers Linux ou si vous l'avez déjà adopté, vous pourriez encore dépendre de logiciels propriétaires. Dans quels cas le libre n'est-il pas encore suffisant ?
À mes débuts sur Linux, j'ai été ravi de découvrir de nombreux jeux gratuits et open source disponibles via les gestionnaires de paquets, équivalents aux boutiques d'applications.
Mais l'offre se limitait à certains genres. Grâce à la libération du code source du moteur Quake par ID Software, il y avait des FPS en ligne, souvent similaires à Quake, ce qui ne correspondait pas toujours à mes goûts. Les autres genres – stratégie, plateforme, puzzles – offraient une qualité inégale. Pour une expérience comparable aux consoles ou Windows, je devais recourir à des jeux commerciaux, majoritairement propriétaires et peu compatibles avec Linux.
La situation s'est améliorée : Steam de Valve, un client propriétaire, fonctionne nativement sur Linux, avec de nombreux titres AAA offrant une expérience fluide similaire à Windows. L'offre commerciale a explosé.
Côté open source, peu de nouveautés au-delà des classiques. Desura, alternative à Steam, reste orienté vers des jeux propriétaires.
Attention aux généralisations : Linux propose d'excellents outils comme des éditeurs vidéo pour des productions de haute qualité, ou Blender pour la 3D. Des courts-métrages comme Big Buck Bunny et Sintel ont été réalisés entièrement avec des logiciels libres. Certains créateurs YouTube sur Linux les utilisent avec succès.
Pourtant, ces outils ne rivalisent pas avec les standards hollywoodiens. Les pros optent pour Lightworks, utilisé dans Pulp Fiction, Mission Impossible, Bruce Tout-Puissant ou Le Loup de Wall Street. Disponible sur Linux, son code source n'a pas été publié malgré les annonces d'EditShare.
Audacity et Ardour excellent pour podcasts et musique, mais des alternatives commerciales comme Mixbus (basé sur Ardour) ou Renoise offrent des workflows plus fluides. Vos retours d'expérience sont les bienvenus !
Des alternatives existent : Jitsi pour la visioconférence open source, ou Google Hangouts via navigateur (service propriétaire).
Le problème ? La compatibilité : beaucoup insistent sur Skype pour entretiens ou podcasts. Malgré les options, Skype reste un standard de facto.
Skype supporte Linux, mais avec un retard sur les mises à jour par rapport à Windows et macOS. Microsoft priorise mieux Linux aujourd'hui, sans en faire une priorité absolue.
Le cloud simplifie les migrations, mais ses clients sont souvent propriétaires. Dropbox propose un client Linux fermé. Même pour Resilio ou SpiderOak, qui traitent Linux équitablement.

Google Drive offre une API pour clients open source, intégrée à GNOME. Des solutions purement libres existent pour backups locaux ou distants, mais peu adaptées aux non-techniciens.
Ces options propriétaires facilitent l'adoption de Linux. Ma transition vers le 100 % open source a pris du temps. La liste des manques s'est raccourcie : Linux et l'open source ont beaucoup progressé.
Quelles applications propriétaires utilisez-vous sur Linux ? Quels logiciels commerciaux manquent-ils ? Partagez en commentaires !
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