Les cryptogames, champignons microscopiques dont le nom évoque leur caractère "caché", se développent en conditions humides. Ils provoquent des mycoses affectant toutes les plantes cultivées, et les rosiers sont particulièrement vulnérables à six d'entre elles principales.
L’oïdium

Aussi appelée
blanc, cette maladie est causée par un champignon de la famille des
Erysiphacées, Sphaerotheca pannosa. Elle apparaît dès les premières chaleurs sous forme d’un duvet blanc enveloppant progressivement la plante. Très disgracieuse, elle entrave le développement végétatif car le mycélium puise directement dans les cellules de la plante.
Les rosiers grimpants sont surtout sensibles, les spores survivant dans les bourgeons dormants. Un
excès d’azote, favorisant une croissance rapide, l’encourage également.
La prévention commence par le choix de variétés résistantes, particulièrement en climats humides et étés chauds. Des fongicides à base de soufre, karathane, dinocap ou diphényl crotonate existent pour traitements curatifs ou préventifs. Un traitement curatif doit être suivi de pulvérisations régulières, car l’oïdium réapparaît vite en conditions favorables. Évitez de mouiller le feuillage lors des arrosages.
La rouille

Causée par un
basidiomycète, Phragmidium subcorticium, la rouille provoque des taches orange-brunâtres puis des pustules sur le revers des feuilles, qui se fripent et tombent. Elle touche surtout les rosiers botaniques et anciens, parfois les variétés modernes, souvent liée à une
carence en potasse. Utilisez des anticryptogamiques efficaces disponibles dans le commerce.
Les taches noires

Ou
black spot (marssonina), dues au champignon
discomycète Diplocarpon rosae, ces taches brun-violet entraînent la chute prématurée des feuilles dès la reprise végétative, culminant en juillet-août. Un rosier gravement atteint peut défolié totalement et refuser de fleurir des années malgré une taille sévère. Ramassez et brûlez les feuilles mortes (évitez le compost), car les spores y persistent. Les variétés modernes sont plus résistantes que les anciennes ou botaniques.
Appliquez un fongicide polyvalent préventivement sur les deux faces des feuilles. Pour le curatif, optez pour du zinèbe ou soufre.
Le pourridié
Le pourridié est provoqué par le
pyénomycète Rosellinia necatrix, qui attaque racines, vignes, fruitiers et herbacées. Sur rosiers, un revêtement cotonneux pourrit les racines, souvent après apport de
fumier frais sur sol humide ou mal drainé.
Irrémédiable, il impose d’arracher, brûler les plants, désinfecter ou changer la terre.
La moisissure grise
Due au
discomycète Botrytis (famille des morilles et truffes en formes sympathiques), elle grise pétales et boutons en conditions chaudes, orageuses et humides, empêchant l’éclosion. Fongicides polyvalents, captane ou thirame sont efficaces. Désinfectez le sol avant plantation et pulvérisez préventivement dès la reprise végétative après infection antérieure.
Le chancre
Maladie à
caractère bactérien due à
Coniothyrium fuckelii, elle brunît l’écorce des tiges de la greffe aux branches, formant des callosités bloquant la sève. Souvent propagée par
sécateur mal désinfecté. Inspectez les plants à réception.
Aucun traitement curatif : arrachez et brûlez les sujets atteints.
Autres maladies
Le rosier peut souffrir de :
– Le mildiou, par
phycomycète Peronospora : taches brunes auréolées sur sépales, altérant la floraison.
Rarement des
virus comme la
mosaïque : éclaircissement des nervures, taches jaunes, rabougrissement des feuilles.
Arrachez et brûlez les plants infectés.
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