Dans un monde idéal, toutes les personnes que nous côtoyons dans notre vie personnelle ou professionnelle seraient aimables, attentionnées, généreuses et complices de nos blagues. Nous évoluerions dans une atmosphère harmonieuse, sans frustrations ni conflits.
Cependant, la réalité est différente. Certaines personnes nous exaspèrent, et nous en exaspérons sans doute d'autres. Cela peut concerner un client, un éditeur, un collègue ou même un proche. Elles sont souvent inconsidérées, critiques, ou simplement incompatibles avec notre humour.
Est-il possible d'être juste envers quelqu'un qui nous dérange constamment ? Faut-il apprendre à aimer tout le monde ? Selon Robert Sutton, professeur de sciences de gestion à l'Université de Stanford, il n'est ni réaliste ni souhaitable de ne s'entourer que de personnes qu'on inviterait à un barbecue. Les personnes intelligentes savent tirer le meilleur des relations difficiles.
Voici comment elles procèdent :
Nous avons tendance à nous voir comme des personnes bienveillantes, censées apprécier tout un chacun. Pourtant, il est inévitable de croiser des personnalités opposées aux nôtres. Les experts le reconnaissent : les conflits naissent souvent de divergences de valeurs.
Cette personne n'est pas fondamentalement mauvaise. Le désaccord provient de valeurs différentes, ce qui génère un jugement. Accepter que tout le monde ne s'apprécie pas mutuellement libère des émotions inutiles et permet des échanges plus constructifs.
Grincer des dents face à des critiques incessantes ou des blagues fades est normal, mais détester quelqu'un n'est pas dramatique. "Du point de vue des performances, aimer trop ses collaborateurs pose plus de problèmes que de les aimer trop peu", explique Sutton.
"Il faut des voix dissidentes qui osent contester pour éviter les erreurs collectives." Ces personnes challengent nos idées et propulsent l'équipe vers le succès. Souvenez-vous : vous n'êtes pas parfait non plus, et on vous tolère.
Quelle que soit votre opinion, votre attitude influence la leur. La grossièreté appelle la grossièreté. Restez donc impartial, calme et professionnel.
"Adoptez un poker face diplomatique : restez positif et pro", conseille Ben Dattner, psychologue organisationnel et auteur de The Blame Game. Ainsi, vous évitez de descendre à leur niveau.
Nous projetons souvent nos attentes sur les autres, attendant qu'ils réagissent comme nous. C'est irréaliste. "Les traits de personnalité enracinés dictent les réactions", note Alan A. Cavaiola, PhD, professeur de psychologie à l'Université de Monmouth.
Ajustez vos attentes pour anticiper les comportements et éviter les surprises. Les personnes avisées ne sont jamais déstabilisées.
Quand quelqu'un nous irrite, analysez votre réaction. Ce qui nous agace chez l'autre reflète parfois nos propres insécurités. Identifiez vos déclencheurs pour mieux les gérer.
Changer sa perception est plus simple que de transformer autrui.
Certains traits dérangent toujours, comme les retards chroniques ou les blagues douteuses. Préparez-vous mentalement, conseille Kathleen Bartle, consultante en gestion de conflits en Californie.
"Prenez une pause pour calmer votre adrénaline et activer votre raison. Une respiration profonde favorise un dialogue ouvert, sans jugement excessif."
Dites calmement ce qui vous gêne, sans accusation. Utilisez la formule "Quand tu... je me sens...". Par exemple : "Quand vous m'interrompez en réunion, j'ai l'impression que mes idées ne comptent pas", suggère Cavaiola.
Attendez la réponse : l'autre ignore peut-être son impact.
Si rien ne fonctionne, éloignez-vous poliment : changez de pièce ou de place. Avec du recul et de l'empathie, vous pourrez interagir sereinement, sans animosité.
La vie ne permet pas d'éliminer ceux qu'on n'aime pas, mais ces stratégies facilitent la coexistence.
---- Une version de cet article a été initialement publiée sur LifeHack.org.
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