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Quels sont les nouveaux matériaux de construction ?

Dans le domaine de la construction, de nouveaux matériaux ont fait leur apparition pour répondre aux enjeux des bâtiments modernes. La transition énergétique est au cœur des processus et les matériaux contemporains se veulent donc écologiques, durables, respectueux de l’environnement et moins gourmands en énergie. Maçonnerie et isolation sont les deux pôles principaux d’innovation des fabricants.

Quels sont les nouveaux matériaux de construction ?

L'impact des règlementations thermiques

Depuis la réglementation thermique de 2012 (la RT 2012) les constructions neuves doivent répondre à un certain nombre de règles pour respecter les limites fixées en matière de performance énergétique globale du bâtiment. Destinée à être remplacée par la réglementation énergétique de 2018 (la RE 2018), la RT 2012 a néanmoins poussé les fabricants à proposer des matériaux innovants qui permettent de se rapprocher un peu plus d’une maison passive, voire même à énergie positive.

Vers la maison passive

Une maison passive est une maison dont l’isolation et la consommation d’énergie sont à ce point performantes qu’elle peut fonctionner quasiment entièrement grâce aux calories émises par les sources internes (appareils électriques et habitants) ou par des apports en énergie solaire.

Elle produit plus d’énergie (chaleur et électricité) qu'elle n'en a besoin pour son fonctionnement et pour le confort de ses habitants. 

Le marché de la construction neuve a vu apparaître de plus en plus de constructions de ce type, au côté des maisons écologiques et bioclimatiques. Mais dans l’ancien, c’est encore la réduction de la consommation énergétique qui est la plus réaliste, grâce à une meilleure isolation thermique et à un système de chauffage moins énergivore.

Les matériaux ont évolué pour s’adapter et proposer des solutions qui répondent aux enjeux écologiques, tout en prenant en compte la rapidité et la facilité de la pose.

L’isolation, un enjeu majeur

En raison des différentes réglementations et politiques en faveur de la transition énergétique, l’isolation est devenue l’enjeu majeur de ces dernières années en construction et en rénovation. Des nouveautés parfois très innovantes sont donc apparues sur le marché.

Verre recyclé

Les isolants fabriqués à partir de verre recyclé répondent à la fois à une logique de développement durable et à une volonté de construire avec des matériaux naturels. Parfois associés au sable, à la chaux ou à la dolomie, ils sont utilisés principalement pour l’isolation par l’extérieur. Ils présentent l’avantage d’être particulièrement durables (ils s’abîment peu dans le temps) et d’être extrêmement hermétiques. En n’émettant ni composés volatiles, ni gaz nocif, ils répondent parfaitement aux inquiétudes contemporaines quant à la qualité de l’air.

Tissu recyclé

Autre isolant particulièrement remarqué pour ses qualités écologiques, l’isolant en tissu recyclé se distingue par ses excellentes propriétés en matière d’isolation thermique, mais aussi acoustique. Préalablement traité contre les insectes et les moisissures, ce type d’isolant laisse les murs respirer et son empreinte écologique est pratiquement nulle.

Aérogel de silice

Autre nouveauté, l’aérogel de silice a été développé par des ingénieurs en nanotechnologies et il est composé d’air à presque 100% (99,8%). Léger et solide, il se présente sous la forme d’un gel transparent qui contient un gaz à faible conductivité thermique. Il est fois plus efficace que la laine de verre et il est entièrement recyclable.​​​​​

Isolant sous vide

Si l'air et les gaz rares sont de remarquables isolants, le vide est meilleur encore. C'est ce qui a conduit à la mise au point de panneaux isolants sous vide (VIP) aux performances isolantes 6 à 8 fois supérieures à celles de la meilleure des laines minérales. De telles performances permettent de réduire considérablement l'épaisseur de l'isolant (1 cm de VIP correspond à 6 cm de polystyrène expansé et à 9 cm de laine de verre). Le seul inconvénient du produit est qu'il ne peut être percé, ce qui impose certaines contraintes de mise en œuvre.

Des murs écologiques, mais aussi plus rapides à monter

Des parpaings isolants

Une autre stratégie adoptée par les fabricants pour la construction de maison à basse consommation (BBC) est la mise en œuvre de parpaings qui sont à la fois isolants et plus faciles à monter. Ici, l’enjeu n’est pas seulement de diminuer les besoins en isolation par l’intérieur ou en isolation par l’extérieur, mais aussi d’accélérer les chantiers. Le principe est la fabrication de parpaings rectifiés (donc strictement calibrés) permettant un assemblage par joints minces, dont les alvéoles sont remplies d'isolants.

De nouveaux modèles de blocs sont proposés avec des granulats plus légers et plus isolants (par exemple la pierre ponce). Les blocs de béton de chanvre ne sont pas neufs (ils existent depuis les années 1990), mais ils retrouvent un souffle nouveau grâce à des techniques d’usinage et de production locale qui les rendent plus accessibles, plus performants et plus faciles à monter.

Béton banché isolant

Les solutions béton ne sont pas en reste d’innovation.  La technique du BCI (pour Bloc Coffrant Isolant) représente, elle aussi, un important gain de temps : le béton est coulé directement entre deux plaques de polystyrène expansé isolant (PSE).

La brique alvéolaire

Au début des années 2000, la brique de terre cuite multi-alvéolaire (Monomur) est apparue comme la solution idéale pour répondre aux exigences des réglementations thermiques de l'époque, sans nécessité d'isolation rapportée (on parle alors d'isolation répartie). L'augmentation des critères d'exigence de la RT 2012 et des réglementations à venir ne permettent plus à la brique Monomur de répondre à ces impératifs dans des épaisseurs raisonnables (37 cm) sans isolation complémentaire. Comme pour le bloc béton, le remplissage des alvéoles des briques à structure alvéolaire classique avec un isolant (ici, de la laine de roche) permet de résoudre cette difficulté.

Les briques de bois

Déjà très répandue dans les pays du nord de l’Europe et dans les pays anglo-saxons, la brique de bois fait une apparition timide en France. Son principe est simple : des briques de bois creuses sont assemblées sans mortier ni clous, vis ou colle (sur un principe d’emboîtement proche de celui des Lego). Le vide à l’intérieur des briques est ensuite rempli avec des copeaux de bois pour garantir la bonne isolation des murs. Il existe aussi des briques de bois pleines, une solution qui n'est pas vraiment nouvelle et qui peine à s'imposer en raison d'un coût de fabrication assez élevé.

Des solutions mixtes

Les avantages de ces nouveaux matériaux ont un coût et il est parfois intéressant d’envisager des solutions mixtes, qui associent matériaux innovants et matériaux traditionnels, afin de respecter son budget. Pour leur mise en œuvre, il est important de faire appel à un professionnel qualifié, qui maîtrise bien les défis techniques relatifs à leur pose.
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