L'Agence de protection de l'environnement (EPA) des États-Unis a officiellement déclaré que l'imidacloprid, un pesticide de la classe des néonicotinoïdes, est nocif pour les abeilles. Selon l'évaluation de l'EPA, les abeilles sont exposées à des quantités suffisantes de ce produit lors de la pollinisation des cultures de coton et d'agrumes pour subir des effets délétères.
Le rapport intitulé "Preliminary Pollinator Assessment to Support the Registration Review of Imidacloprid" est disponible ici. Les méthodes d'évaluation sont détaillées ici.
Bayer, fabricant de l'imidacloprid, a initialement contesté cette évaluation lors de sa publication, avant de se déclarer prêt à collaborer avec l'EPA une semaine plus tard. L'entreprise souligne que les effets observés concernent les abeilles individuelles et non les colonies entières, et maintient que ce pesticide n'est pas la cause du trouble d'effondrement des colonies (CCD).
En 2014, Bayer a investi 12 millions de dollars – une somme modeste comparée à ses bénéfices de plus de 3,6 milliards – dans des campagnes visant à contrer les allégations liant les pesticides à la mortalité des abeilles, selon Emery P. Dalesio de l'Associated Press. L'objectif était de mettre en avant le rôle du varroa, un parasite, comme principale cause.
D'autres rapports indiquent que les abeilles absorbent des niveaux inférieurs à ceux jugés nocifs lors de la pollinisation du tabac, du maïs et d'autres cultures. Un responsable de l'EPA a précisé que des données supplémentaires sont nécessaires pour évaluer l'impact sur le soja, le raisin et d'autres cultures traitées à l'imidacloprid.
Les abeilles mellifères et autres pollinisateurs jouent un rôle essentiel dans la production alimentaire, à toutes les échelles, et dans l'équilibre environnemental global.
L'EPA prévoit de recueillir les commentaires du public avant d'envisager des restrictions spécifiques sur l'usage de l'imidacloprid. Le site des commentaires était accessible ici (lien désormais inactif). Les contributions des citoyens et experts sont précieuses. L'agence examinera également les effets potentiels sur la santé humaine. (Les commentaires étaient acceptés jusqu'au 14 mars 2016.)
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