Les apiculteurs américains ont enregistré plus de 42 % de pertes de leurs colonies au cours des 12 mois débutant en avril 2014. Cela marque une hausse par rapport aux 23 % de pertes hivernales de cette année-là, inférieures à la moyenne annuelle de 30 % observée depuis 2006.
Ces données proviennent du Bee Informed Partnership, une collaboration entre laboratoires universitaires, le Département de l'Agriculture des États-Unis (USDA) et l'Institut national de l'alimentation et de l'agriculture (NIFA). Ce partenariat étudie la santé des abeilles à grande échelle via la collecte de données réelles, au-delà des expériences en laboratoire.
Les résultats de cette étude sont préliminaires et susceptibles d'évoluer avec l'arrivée de nouvelles données.
Ces mortalités élevées déçoivent après une année 2013 qui laissait espérer une amélioration. Certains fabricants de pesticides, pointant le parasite Varroa comme cause principale du syndrome d'effondrement des colonies (CCD), y voyaient une confirmation.
Le consensus scientifique identifie une combinaison de facteurs : acariens Varroa, perte d'habitats de floraison et pesticides, notamment les néonicotinoïdes. Bien que les producteurs de pesticides mettent l'accent sur le Varroa, les études incriminent souvent les pesticides.
En 2013, la Commission européenne a interdit trois néonicotinoïdes dans l'UE en raison de leur impact sur les abeilles.
Le rapport note une anomalie : les pertes estivales ont atteint 27 %, dépassant les 19,8 % de l'année précédente et les pertes hivernales pour la première fois.
Un tableau détaillé (disponible plus bas dans le rapport) retrace les pertes hivernales, estivales, totales et "acceptables" depuis 2006.
Selon The Washington Post, Dick Rogers, apiculteur en chef chez Bayer, a minimisé ces chiffres : "Pas inhabituel du tout", notant une augmentation nette des colonies (2,74 millions en 2015 contre 2,64 millions en 2014).
Cette hausse s'explique par la production printanière accrue d'abeilles, via division de ruches et création de nouvelles colonies.
Néanmoins, des pertes de 40 % (ou même 30 %) restent préoccupantes pour les apiculteurs. Favoriser les ressources florales pour les pollinisateurs et développer des contrôles non chimiques contre le Varroa sont essentiels.
Ignorer le rôle des néonicotinoïdes, au vu des recherches et risques potentiels pour la santé humaine, serait irresponsable.
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