En moins d’un siècle, l’électricité est devenue une énergie mise à la disposition de tout le monde, quel que soit pratiquement l’endroit où l’on se trouve. Un produit devenu si banal qu’on n’imagine même pas demander à un bailleur ou à un vendeur si la maison ou l’appartement que l’on envisage de louer ou d’acheter est bien alimenté en électricité. Un simple appel téléphonique ou l'inscription d'une demande sur internet suffisent généralement aujourd’hui pour qu’une habitation soit, en quelques heures, de nouveau alimentée, lorsqu’une installation, conforme aux normes, est prête à être alimentée.
L'électricité que nous consommons est produite par de très grosses génératrices, entraînées par des structures hydrauliques, des centrales nucléaires à gaz ou à fuel, et depuis quelques années, par des éoliennes. Les besoins individuels et industriels ont imposé la mise en service d’énormes centrales hydrauliques (barrage) ou thermiques (charbon, fuel, atome). L'exploitation de petites installations individuelles (chutes d’eau, éolienne, panneaux photovoltaïques) pouvant suffire aux besoins d’un foyer est anecdotique. En France, EDF a longtemps disposé d’un monopole de production et de distribution du courant électrique pour les particuliers comme pour les professionnels, cette production étant assurée pour une très large part de ses grandes unités de production, et pour une part très faible de petites installations individuelles, notamment photovoltaïques, dont le courant est dirigé vers le réseau commun.
Si EDF reste l'opérateur "historique" en matière de fourniture d'électricité (avec plus de 90% de part de marché), de nombreux autres opérateurs (8 au total) proposent aujourd'hui des offres concurrentielles en matière de tarifs de consommation comme d'abonnements. EDF bénéficie de l'approvisionnement privilégié de son parc de centrales nucléaires. Elle reste en charge de la mission de service public de fourniture de courant à un tarif réglementé. Il est aujourd'hui possible de changer de fournisseur, puis de revenir vers l'opérateur historique, si on le souhaite, pour bénéficier du tarif réglementé.
Le courant est mis à disposition aux bornes de sortie d’un disjoncteur de branchement, normalement placé à l’intérieur du local d’habitation. Son acquisition ou sa location sont à la charge de l’abonné, mais son installation ne peut se faire que par un électricien agréé par ERDF. Son réglage est bloqué par un boîtier plombé.
En amont du disjoncteur de branchement se trouve le compteur, normalement accessible aux agents de relève de l’extérieur, sans avoir besoin de pénétrer chez l’abonné. Dans la pratique, beaucoup de compteurs sont encore situés dans les habitations, mais toutes les nouvelles installations se font selon cette règle. Pour palier cette difficulté, ERDF met en place progressivement (depuis 1994) des compteurs électroniques intégrant un relais récepteur de télécommande et un dispositif de téléport permettant le relevé à distance. Le compteur intelligent Linky, fournissant en outre en permanence des informations à l'abonné sur sa consommation devrait remplacer tous les compteurs actuels (soit 35 millions de compteurs) à l'horizon 2020.
Il appartient à l’usager de « commander » l’abonnement qui correspond à ses besoins. La notion la plus importante est celle d’intensité : elle correspond au débit d’électricité que pourra fournir le compteur. Les besoins dépendent des appareils à alimenter. En théorie, il faudrait ajouter les besoins de tous les appareils. Dans la pratique, ils ne fonctionnent jamais tous simultanément ; d’ou la possibilité de demander un ampérage moindre, donc un abonnement moins onéreux.