Autrefois en péril imminent, ce corps de ferme en Bourgogne a été magistralement rénové par un couple passionné. Mise en valeur du volume originel, réagencement intérieur en loft et respect des proportions historiques signent cette réussite exemplaire.

Heureux propriétaire, il se remémore : «
Je venais jouer dans cette maison avec mes copains quand j’étais gosse. Elle était abandonnée mais encore en bon état ». Édifié vers 1876, ce bâtiment agricole typique se présente comme une authentique ferme « bloc-à-terre » (grange-étable-logis) en granit, caractéristique du centre de la Bourgogne.
- Bâti vers 1876, cette grange, laissée à l’abandon depuis les années 60, était devenue une ruine.
Plan de ce projet
Une maison en mauvais état
Délaissée depuis plus de quarante ans, la charpente s’était en partie effondrée : «
Encore quelque temps, et il ne serait resté que les murs ». Pourtant, les environs, le grand volume du grenier, les possibilités d’aménagement et la proximité avec l’entreprise du propriétaire séduisent le couple. Objectif : rénover la vieille grange dans le style régional tout en y intégrant un confort moderne. «
La passion et l’enthousiasme sont de bons atouts, mais il faut déployer beaucoup d’énergie dans ce genre d’aventure », confient-ils.
Échelonnés sur un an et demi, les travaux débutent par le débroussaillage des abords, suivis de la reconstruction du toit. Des lambris en sous-face sont posés sur les poutres, assurant une isolation continue (sans pont thermique), préservant la charpente apparente, une finition intérieure soignée et servant de support au lattage. Cette solution implique un léger retrait des fermes par rapport à l’encastrement originel pour masquer les modifications sur les façades.
Espace et aménagement loft
Pour structurer le volume de la grange s’élevant jusqu’au faîtage, le couple a érigé deux « cubes » en parpaings dans les angles du pignon ouest : l’un pour une salle de bains, l’autre pour une chambre.
Une passerelle longe le mur de façade nord, traversant toute la grange et reliant le séjour au premier étage de l’ancienne habitation. Large de 2,50 m, elle repose sur deux poutrelles en acier (HEB de 9 m), intégrant des
solives métalliques. Recouverte de panneaux de particules, d’un plancher chauffant et d’un parquet, elle est accessible par un escalier en plaques de métal soudées sur un limon central. Dalles d’ardoise et garde-corps en tôle larmée renforcent l’esprit loft industriel.
Passionnée de décoration et chineuse avertie, la propriétaire a meublé les lieux avec des pièces des années 1930 à 70.
Le plancher chauffant de la maison
- Recouvrant le sol du séjour, les dalles de schiste unifient l’espace.
- Minérales et graphiques, elles structurent les lieux tout en masquant un plancher chauffant basse température, raccordé à une pompe à chaleur géothermique (captage horizontal sur 600 m²).
- Le sol a été décaissé de 20 cm, puis recouvert d’une dalle en béton armé et de plaques de polystyrène extrudé.
- Des tubes en polyéthylène y sont déroulés et noyés dans une chape liquide autonivelante (5 cm), poncée et surmontée des dalles de schiste.
- Mise en place du plancher chauffant avant coulage de la chape liquide.
- Deux poutrelles d’acier de 9 m supporteront la passerelle longeant la façade nord.
- Grâce à une grue télescopique, les deux nouvelles fermes à entrait retroussé en épicéa contrecollé sont posées.
- La distribution d’origine est préservée.
- La façade avant, avec sa porte à arc en pierre de taille, retrouve ses menuiseries.
- La façade arrière est ajourée d’une grande baie vitrée et d’une fenêtre.
- Logée sous la cuisine, la cave accueille les vins de garde.
- L’entrée ouvre sur le grand volume lumineux du séjour, structuré par la passerelle, les deux blocs et l’escalier, et les dalles graphiques.
- Autour d’un comptoir de bistrot de 1923 (étain laqué rouge, motifs floraux dorés), la cuisine années 50 arbore un sol en dalles de calcaire.
- Sculptural et aérien, l’escalier en métal soudé sur limon central (IPE) relie séjour et passerelle.
- Poutrelles et solives en acier, sol en aggloméré/parquet de noyer, garde-corps en tôle.
- Depuis l’escalier : vue du séjour (fauteuils club, meubles 70s) vers la charpente et la cuisine.
- Verrière à isolation renforcée ajoure le comble.
5 pas à pas à découvrir
- Comment diagnostiquer les façades
- Rejointoyer une façade en pierre
- Une toiture en ardoise posée aux crochets
- Choisir un plancher chauffant basse température
- Aménager une terrasse en béton
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