Mesurant plus de 10 mètres de long, 3 mètres de large et pesant 3 tonnes, La Galerne est loin d'être une embarcation fragile. Cette toue cabanée de la Loire représente un travail titanesque, mais le résultat est à la hauteur des efforts investis !
Niveau : Professionnel
Coût : Selon approvisionnement
Temps : 1 an
Voir le plan de cette réalisation (en PDF) : Bateau de la Loire, toue cabanée
Habitant près du confluent Loire-Vienne, Yves Fournier (cuisinier) et Alain Helbert (agent EDF) ont succombé à la passion de construire une authentique toue de Loire. Amateurs déterminés, ils ont tout réalisé de A à Z : achat d'arbres sur pied, débitage, tressage de cordes en chanvre avec un appareil artisanal conçu maison.
Axe commercial vital avant le chemin de fer, la Loire était sillonnée de bateaux assurant trafic local et liaisons jusqu'à Nantes via le canal de Briare, y compris le commerce triangulaire.
La descente se faisait au fil du courant, guidée par des perches (« patouilles » ou « bâtons de quartier ») ou un gouvernail (« piautre »). La remontée utilisait la voile si le vent soufflait, ou le halage humain au-delà d'Orléans. Les « sapines » des Monts d'Auvergne étaient démontées à l'arrivée pour vendre le bois.
Principaux types : gabares (30 m, 20 t+), toues (10-15 m, 3 t, pêche et local), futreaux (pêche actuelle).
Fond plat et faible tirant d'eau pour le « fleuve de sable parfois mouillé » (Jules Renard). Construction sur chantier en madriers : planches du fond assemblées, palâtrage (mousse ou coaltar), rables tous les mètres, lest de pierres, cintrage des levées, bordés à clin chevillés, équipement final.
« Galerne » désigne le noroît exploité pour remonter le fleuve (du breton « Gwalarn »). Inspirés par Guy Brémard et Max Panier, Yves et Alain ont bâti cette toue cabanée spacieuse pour le loisir.
Moteur de 33 CV indispensable sans haleurs modernes. Tirant d'eau : 20-25 cm descente, 70 cm remonte (40 cm voile). Piautre articulé. Couverture cabine en shingles asphalte (discrète, durable). Étanchéité : bitume sur moquette, joints zinc/inox, montage à plats joints (moins de bois/poids).
Tout un an de week-ends et congés. Essai préalable : deux futreaux. Sélection/abattage pins maritimes, débitage scierie (30 mm), séchage 6 mois, chantier palettes/bastaings.
Planches fond sélectionnées, découpées sauteuse, imprégnées bitume/carbonil, espacées 1 cm. Joints moquette bitumée + tôle 5 cm, clous galvanisés. Rables chêne tire-fondés. Cintrage levées : arrosage/cric quotidien. Bordés assemblés, tracés, cloués, joints moquette.
Cabine : ossature montants/traverses, clins maison, portes tenons-mortaises. Accessoires sculptés main (poulies, poupées). Cordages chanvre tressés maison (nylon provisoire). Voile lin 36 m² cousue avec épouses. Décoration : atelier François Perrin.
Sélection et abattage pins maritimes en forêt proche.
Débitage scierie aux épaisseurs précises (30 mm coque).
Palettes empilées, bastaings, bâche échafaudage.
Empilées 6 mois (suffisant pour bateau).
Sélection, juxtaposition, découpe sauteuse.
Imprégnation bitume (étanchéité) + carbonil (insecticide/fongicide).
Bâchage structure tubes + chutes planches.
Traverses tire-fondées par-dessous, rondelles moquette.
Joints + traverses simultanés.
Cintrage progressif levées, report courbe.
Clouées, joints moquette, tasseaux espacement.
Doublage épaisseur hauts-bords + plat-bord.
Festons sculptés, plaque nom avant.
Ossature montants/traverses.
Clins, huisseries abattantes, ornements toit.
Comme camping-car : eau, réchaud gaz.
Shingles asphalte, voile lin 36 m².
Double articulation, goupilles clip.
Tube carré basculant, béquille goupille.
Membrures poisson sculptées.
Essai mise à l'eau, remorquage tracteur.
Pilotage cabine, visibilité ok.
Portes tenons-mortaises.
Câbles renvoyés, basculé avant hors service.
Piautre rabattu arrière.
Treuil avant pour mât rabattable (ponts).
La toue (étude 1999-2000, lycée Jean Perrin, Rezé, académie Nantes)
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