La collecte, ou recherche d'un bonsaï dans son milieu naturel, incarnait autrefois l'essence philosophique de cet art raffiné et intellectuel. Pour les moines bouddhistes ou les samouraïs, créer un bonsaï comme un simple légume était impensable. Il s'agissait d'un retour aux sources et d'une quête introspective au cœur de la nature.
En japonais, cette pratique s'appelle Yamadori, et le bonsaï ainsi obtenu est un Yamadori Shitate. Elle offre l'avantage de sélectionner un arbre selon la forme désirée, souvent âgé de plusieurs décennies. En revanche, ces spécimens naturels respectent rarement les styles bonsaï classiques.
Corriger des défauts structurels profonds est plus ardu que modeler un jeune plant issu de semis, bouturage ou marcottage. Pourtant, la joie de dénicher un arbre exceptionnel compense largement ces défis.
Avant d'aborder les techniques, examinons les limites essentielles de cette pratique.
La collecte en nature est strictement réglementée. Il est interdit de prélever des végétaux dans les forêts domaniales, avec des sanctions sévères, surtout dans les parcs naturels.
Sans entraves légales, ciblez des sites favorisant un développement bonsaï-like : zones à croissance lente dues à un climat rude (hauteurs), un faible ensoleillement (sous-bois, falaises) ou un sol pauvre (landes, garrigues).
Transplantez en période de repos végétatif : feuillus en automne, conifères début printemps (jusqu'en avril en zones tempérées). Évitez le gel ; idéal après pluie, sol détrempé.
Les racines forment un réseau vital. Déterrez avec soin : creusez autour pour préserver racines, radicelles et motte intacte. Priorité aux feuillus ; conifères tolèrent racines nues. Conservez la terre d'origine pour une reprise optimale.
Maintenez les racines humides : entourez la motte de mousse naturelle humidifiée (ou coton), puis sac plastique ou aluminium. Rehummidifiez si > quelques jours.